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Transfert de fonds informels
Le «hawala» au cœur d’un vaste système de blanchiment
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Transfert de fonds informels
Le «hawala» au cœur d’un vaste système de blanchiment
Une affaire tentaculaire – mêlant cambistes marrons, policiers soupçonnés de malversations et un présumé trafic de stupéfiants – continue de secouer les couloirs de la Financial Crimes Commission (FCC). Au centre de l’enquête : un réseau de transfert de fonds informel, le hawala, soupçonné d’avoir servi de rouage discret pour blanchir des sommes importantes.
Tout commence le 30 mars 2024, lors d’une descente de la Special Intelligence Cell (SIC) de la Special Support Unit (SSU) au domicile d’un entrepreneur de 32 ans à Valléedes-Prêtres. Les policiers y saisissent Rs 30 millions, dont des devises étrangères. Mais lors du comptage aux Casernes centrales, un rebondissement inattendu survient : Rs 7 millions manquent. Le propriétaire affirme que la somme saisie était bien de Rs 30 millions, poussant les enquêteurs à examiner le comportement des policiers présents.
L’enquête de la FCC mène à l’arrestation de plusieurs membres des forces de l’ordre, anciens ou en exercice. Parmi eux : Rajcoomar Seewoo, ex-assistant surintendant de police, Ranjeet Deoojee, inspecteur, Ramkrishsingh Nandrame, sergent, Rishi Gounowry, constable. Deux nouvelles arrestations suivent en août 2026 : Michael Argendra, ancien sergent, Viduth Jeewon, sergent en exercice. Les enquêteurs cherchent à établir si ces policiers, alors affectés à la SIC, auraient profité de leurs fonctions pour s’approprier une partie des fonds saisis, ce qui constituerait une gratification illicite.
Cambiste marron et trafiquant présumé
L’affaire conduit également à l’arrestation de Neetish Seebaruth, 42 ans et ancien directeur de BA Exchange, soupçonné d’être un cambiste marron. Cet habitant de Goodlands aurait servi d’intermédiaire pour convertir de l’argent liquide issu d’activités criminelles en devises étrangères, un procédé typique du hawala.
Le nom de Muzaffar Ali Lallmamode, habitant de Valléedes-Prêtres, apparaît aussi. Interpellé par l’ADSU, il est soupçonné de trafic de drogue et pourrait être impliqué dans la disparition d’une partie des fonds saisis. Les enquêteurs tentent de déterminer si l’argent manquant a transité par ses activités présumées. Autre volet : l’arrestation de Bibi Naziah Meer-Hossen, maquilleuse professionnelle de 36 ans. Elle est inculpée pour blanchiment d’argent après avoir été trouvée en possession de Rs 1,7 million en mai 2024, à Port-Louis. Selon la FCC, cette somme devait servir à l’achat de devises via un circuit informel impliquant des cambistes marrons.
L’enquête se poursuit pour reconstituer le déroulement de la perquisition et déterminer les responsabilités éventuelles de chacun. La FCC entend faire toute la lumière sur ce système qu’elle qualifie de bien rodé, dans une affaire qui continue de s’étendre à mesure que les investigations progressent. D’autres développements sont attendus dans les prochains jours, alors que les enquêteurs s’efforcent de retracer l’intégralité du parcours de l’argent, entre cambistes marrons, réseaux informels de transfert de fonds et complicités présumées au sein même des forces de l’ordre.
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Le mécanisme du hawala décrypté
Le hawala, terme arabe signifiant «confiance» ou «transfert», repose sur un réseau de courtiers appelés «hawaladars», sans mouvement physique d’argent à travers les frontières. Le procédé repose sur trois étapes : le dépôt auprès d’un «hawaladar», avec remise d’un code secret ; la transmission de l’ordre à un homologue à l’étranger ; et enfin le retrait par le bénéficiaire grâce au code. L’argent est ainsi déconnecté de son origine criminelle et il est réinjecté dans l’économie légale. Pour équilibrer leurs comptes, les «hawaladars» utilisent la facturation commerciale frauduleuse : achetant des marchandises réelles (or, téléphones, vêtements) dont les factures sont falsifiées, puis expédiées d’un pays à l’autre pour solder leurs dettes réciproques.
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