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Rodrigues

Franceau Grandcourt appelle à une nouvelle alliance pour les élections régionales 2027

29 août 2026, 14:00

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Franceau Grandcourt appelle à une nouvelle alliance pour les élections régionales 2027

(De g. à dr.) Alain Wong So, Ludmie Allas, Nicolas Volbert, Franceau Grandcourt, Carine Perrine, et Varock Ravina.

À quelques mois des prochaines échéances politiques à Rodrigues, la configuration de 2027 se dessine déjà. Lors d’une conférence de presse tenue hier, le leader de l’Union pour le peuple de Rodrigues (UPR) et chef commissaire, Franceau Grandcourt, a ouvert la porte à une nouvelle alliance politique, tout en réaffirmant son intention d’aller au bout de son mandat. Le message est sans ambiguïté : l’actuelle Alliance libération pourrait changer de visage, de symbole et même d’appellation.

Autour de la table figuraient plusieurs membres de l’exécutif rodriguais, venus dresser le bilan du gouvernement depuis 2022 : Alain Wong So, membre de l’UPR et commissaire du tourisme ; Ludmie Allas, représentante du PMSD à Rodrigues ; Nicolas Volbert, membre de l’UPR et commissaire de la santé ; Franceau Grandcourt, leader de l’UPR, chef commissaire et commissaire de l’environnement ; Carine Perrine, du Front patriotique rodriguais (FPR) ; ainsi que Varock Ravina, commissaire de la jeunesse et des sports. L’attention s’est vite portée sur l’avenir politique de Rodrigues.

«Nou bizin fer enn lot lalians»

Franceau Grandcourt a été particulièrement explicite sur l’avenir de l’Alliance libération. Il entend respecter son mandat jusqu’au 5 mars 2027, mais laisse entendre que la prochaine bataille électorale pourrait se faire sous une nouvelle bannière. Il a déclaré : «Nou pa pou kapav anpes dimounn kite ale. Nou krwar nou bizin al dan enn lalians. Me nou bizin fer enn lot lalians».

Le chef commissaire affirme que les personnes présentes l’étaient aussi lors de la dernière session parlementaire et demeurent unies – un point qu’il juge important.

Dans le viseur

Il a expliqué : «Alliance libération en 2027 peut être une autre type d’alliance avec un autre symbole par exemple.»

Il rappelle avoir déjà lancé un appel, en direct, pour que ceux qui souhaitent rejoindre leur mouvement se manifestent.

Son discours sur le fonctionnement d’une future alliance a donné le ton le plus politique à son intervention. Franceau Grandcourt veut rompre avec une concentration des décisions entre les mains d’un petit groupe. Il a lancé : «Nou bizin al dan eleksion avek enn lot stil lalians kot pa pou ena One Man Show, pa enn group dimounn ki desid tou bann zafer san konsilte lezot dimounn. Pa koumsa sa.» Pour lui, l’alliance de demain devra être différente autant dans son fonctionnement que dans son identité politique.

Il n’exclut pas une nouvelle appellation. Il a déclaré : «Li pou inportan parski nou’nn fini liber Rodrigues de seki bizin libere», évoquant des noms possibles tels qu’«Alliance avancement» ou «Alliance de l’unité».

Rien n’est arrêté quant aux partenaires: certains membres actuels de l’Alliance libération pourraient être absents d’un prochain rassemblement.

Derrière cette réflexion se dessine aussi une volonté de barrer la route à un éventuel retour de l’Organisation du peuple de Rodrigues (OPR) au pouvoir – une perspective que ses mandants, selon lui, ne souhaitent pas. L’UPR semble vouloir se positionner au centre de cette recomposition, avec l’objectif de bâtir une plateforme plus collective.

Budget de Rodrigues

Le chef commissaire est aussi revenu sur le financement de Rodrigues, sans cacher son insatisfaction face au budget alloué à l’île.

Il a déclaré : «J’ai eu une réunion à Maurice il y a deux semaines. L’année financière est terminée et on a une dette de Rs 99 millions en termes de capital qu’on utilise pour faire des développements».

Il invoque le cadre légal de l’autonomie rodriguaise. Il a insisté : «Bizin respekte lotonomi Rodrigues, Rodrigues Regional Assembly Act (RRA) secksion 49 dir ki kan nou bizin larzan, bizin donn nou».

Selon lui, la RRA Act donne aux autorités régionales les pouvoirs nécessaires pour décider du développement de l’île. Il compte aborder cette question lors de la venue du Premier ministre Navin Ramgoolam, le 12 octobre à Rodrigues, pour la Journée de l’autonomie.

Autre dossier évoqué : les repas distribués aux enfants dans les écoles. Franceau Grandcourt défend une alimentation davantage basée sur les produits locaux, notamment le manioc et la patate. Il a soutenu : «Bizin aprann zot manz healthy dan plas al manz Mc Donalds ou Kentucky. Li kapav ogmant risk gagn maladi kardiak».

La réplique de l’Alliance libération n’a pas tardé. Dans un communiqué publié sur Facebook, l’Alliance précise qu’elle n’a pas convoqué de conférence de presse, rappelant que seuls son président et son secrétaire, après consultation des partis membres, sont habilités à le faire. Elle affirme que plusieurs groupes ayant choisi de ne pas participer à ses délibérations se sont «de facto auto mis à l’écart». L’Alliance rappelle aussi la tenue d’une Assemblée des délégués, le dimanche 30 août à 14 heures, à l’Hôtel Les Cocotiers, à Anse-aux-Anglais, avec à l’ordre du jour la présentation de sa Constitution en vue des élections régionales de 2027.

À Rodrigues, la campagne de 2027 semble déjà commencer dans les coulisses.


Affaire de Baie-du-Nord : Deux versions s’affrontent

L’affaire des travaux d’excavation et de dragage présumés illégaux à Baie-du-Nord demeure au centre des interrogations à Rodrigues. Une enquête policière est en cours et implique le chef commissaire adjoint Johnson Roussety. Selon le dossier, une excavation d’environ 20 m sur 16 m, atteignant jusqu’à 0,7 m de profondeur, aurait entraîné le déplacement d’environ 224 m³ de substrat côtier. Le dossier s’appuie notamment sur des constats effectués à marée basse, une analyse spatiale, un rapport technique de la National Coast Guard et une déposition faisant état d’instructions qu’aurait données Johnson Roussety. De possibles infractions à l’Environment Act 2024 et à la Fisheries and Marine Resources Act sont examinées. Le «prima facie case» évoqué par la police ne constitue toutefois pas une conclusion de culpabilité.

Franceau Grandcourt assure que le dossier sera traité sans intervention politique et «ki pa pou ena cover up». Réagissant hier sur Facebook, Johnson Roussety conteste catégoriquement la version de l’enquête. Il affirme qu’«il n’y a point eu de dragage» et soutient que sa version n’a jamais été sollicitée par les enquêteurs. Selon lui, les travaux concernaient le nettoyage et la préparation d’un terrain agricole qu’il occupe avec permis depuis 2006. Il affirme que de la terre et des pierres avaient dévalé vers la côte et qu’il avait demandé leur enlèvement. Le chef commissaire adjoint remet également en question le volume de 224 m³ évoqué dans le dossier et accuse certains officiers de la commission de l’environnement et de la police de l’environnement de «fabriquer des preuves». Il estime enfin que cette affaire intervient dans un contexte politique, à l’approche des élections régionales.

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