Publicité
Affaire Ravatomanga
La bataille de la caution se poursuit
Par
Partager cet article
Affaire Ravatomanga
La bataille de la caution se poursuit
Plus de 300 jours derrière les barreaux, une enquête toujours en cours et de nouveaux éléments apparus à la veille de l’audience… Ce sont les contradictions et les zones grises du dossier que Me Khushal Lobine a choisi de mettre sous la loupe hier devant la Bail and Remand Court. Face à lui, l’enquêteur Paramhans Aleear a maintenu la ligne de la Financial Crimes Commission (FCC) : les risques de fuite et d’entrave demeurent élevés et les preuves sont, selon lui, «strong».
Le contre-interrogatoire de l’avocat de Mamy Ravatomanga s’est d’abord attaqué au risque d’absconding. Me Lobine a rappelé que le passeport de son client se trouve au Passport and Immigration Office et qu’il est interdit de quitter le territoire. Il a aussi insisté sur ses attaches économiques à Maurice depuis plus de 30 ans.
Un parallèle a surtout été dressé avec David Thomas, coaccusé dans le même dossier. Thomas, qui fait face à des accusations liées à des montants considérables, a obtenu la libération sous caution depuis décembre 2025, sans opposition de la FCC. Pourquoi, dès lors, Ravatomanga représenterait-il un risque de fuite supérieur ? La question, posée à l’enquêteur, n’a pas trouvé de réponse susceptible de convaincre la défense.
Me Lobine s’est ensuite attaqué aux informations récemment obtenues par la FCC sur les prétendus moyens de fuite de son client. Aleear a confirmé que trois bateaux seraient enregistrés au nom de sociétés liées à Sodiat à Madagascar. Mais le document des autorités portuaires malgaches n’aurait été obtenu que le 25 août, soit deux jours avant l’audience, et n’avait toujours pas été soumis à Ravatomanga.
Même constat concernant ses supposés importants moyens financiers à l’étranger. L’enquêteur a reconnu que cet élément n’avait pas encore été spécifiquement mis à la connaissance de l’accusé. La défense a également ciblé le dossier japonais, vieux d’une dizaine d’années. Aleear a confirmé qu’aucune déclaration de Ravatomanga n’avait encore été recueillie sur ce volet et que l’enquête n’en était qu’à ses débuts. Pour Me Lobine, difficile d’utiliser une ancienne affaire comme indicateur concret d’un risque actuel de fuite.
Sur l’interférence avec les témoins, l’avocat a rappelé que Thomas est libre sous caution depuis des mois. Quant aux communications prétendument effectuées depuis Melrose, Aleear n’a pas détaillé la nature des informations obtenues par la FCC, invoquant la confidentialité de l’enquête. Khushal Lobine a enfin attaqué le risque de manipulation des preuves.
Documents, téléphones et ordinateurs ont été saisis. Un seul téléphone, supposément enregistré à Madagascar, resterait introuvable. L’enquêteur soutient toutefois que Ravatomanga aurait déjà supprimé certains messages et qu’il existe donc toujours un risque de tampering.
Après le réexamen, les débats ont été renvoyés aux 9 et 10 septembre. En attendant, Ravatomanga reste à Melrose. Au fil du contre-interrogatoire, une question s’est imposée : lorsque l’enquête repose encore sur des éléments qui continuent d’être découverts, jusqu’où peuton prolonger la détention provisoire au nom du risque ?
Publicité