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Affaire des 155,7 kilos de cannabis
Les vérifications du téléphone cloné de Véronique Leu-Govind se poursuivent
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Affaire des 155,7 kilos de cannabis
Les vérifications du téléphone cloné de Véronique Leu-Govind se poursuivent
© Vashish Kiranchand Sookrah.
Hier après-midi, Véronique Leu-Govind, députée de la circonscription de Savanne-Rivière-Noire (n°14) et ancienne junior minister, a quitté l’IT Unit de la police aux Casernes centrales (photo), après l’examen de son téléphone portable par les enquêteurs de l’Anti-Drug & Smuggling Unit (ADSU) de la Western Division. L’appareil qu’elle leur a remis, le 6 août dernier, a été cloné puis soumis à une première analyse technique. Selon les informations recueillies, cet examen initial n’aurait révélé aucun élément troublant. La police doit toutefois poursuivre les vérifications sur l’ensemble des données avant de statuer sur la suite à donner à l’enquête.
Répondant aux questions des journalistes à sa sortie du quartier général de la police, Véronique Leu-Govind a indiqué que l’exercice s’était bien déroulé et qu’elle coopérait pleinement avec les enquêteurs. Interrogée sur les appels à la démission formulés par ses détracteurs, elle a répondu sobrement. «C’est leur avis.» Quant à savoir si elle avait pu s’entretenir avec son époux depuis son arrestation, elle est restée évasive, invoquant le secret de l’enquête en cours. «Ena enn lanket, mo pa pou kapav dir zot bann zafer lanket.»
La députée était accompagnée de son avocat, Mᵉ Shaffick Chuttur, qui a précisé que sa cliente restait entièrement à la disposition des enquêteurs. Il a néanmoins ajouté que la défense elle-même ignorait encore précisément l’objet exact des recherches policières. «Ziska ler, nou mem nou pa ankor kone ki pe rode.»
Véronique Leu-Govind avait été entendue une première fois le 6 août par les enquêteurs de l’ADSU, dans le cadre d’une enquête portant sur une tentative d’importation de 155,7 kilos de cannabis en provenance de La Réunion, une cargaison à la valeur estimée à Rs 234 millions. Son époux, Gulshan Govind, considéré par les enquêteurs comme un possible maillon dans ce trafic présumé, est en détention depuis son arrestation le 31 juillet dernier. La députée nie par ailleurs avoir eu connaissance de la culture de quatre plants de cannabis découverts au domicile familial de Chamarel, précisant qu’elle ne réside plus dans cette maison.
Mithun activement recherché par l’ADSU
L’enquête s’est élargie hier avec la diffusion d’un avis de recherche visant un quatrième suspect. En effet, la brigade antidrogue recherche activement Shaan Kumar Choolun, 43 ans, également connu sous le nom de Mithun, dans le cadre de cette même affaire d’importation présumée de 155,7 kg de cannabis. Travailleur indépendant domicilié à Royal Road au Morne, et ancien président de l’Eco Deer Park Association, il est visé pour entente délictueuse en vue de commettre un délit lié à l’importation de cannabis, avec circonstance aggravante de trafic.
Trois autres suspects ont déjà été arrêtés et placés en détention dans ce dossier : Gulshan Govind, le skipper Ravindra Chimajee et Daniel José Auguste. Ce dernier, entendu en compagnie de son avocat Mᵉ Nabiil Kaufid, a affirmé n’avoir rien à se reprocher, à l’issue d’une perquisition menée à son domicile par l’ADSU de la Western Division.
La police invite toute personne disposant d’informations sur la localisation de Shaan Kumar Choolun à contacter les numéros 203 1509, 203 1242, 454 1871 ou 454 7170, rappelant que le fait d’héberger une personne recherchée expose à des poursuites en vertu de l’article 172 du code pénal.
Le nom de Shaan Kumar Choolun n’est pas inconnu de la justice. Il avait déjà été arrêté en 2023 dans le cadre de l’affaire dite «Franklin», une enquête de la Financial Crimes Commission (FCC) portant sur un terrain proche de Grand-Bassin, où un prête-nom présumé de Jean Hubert Celerine, alias Franklin, aurait géré des activités illicites. Gérant du domaine, il avait alors comparu devant la magistrate Vidya Mungroo-Jugurnath, en cour de Bambous, sous une charge provisoire de blanchiment d’argent, après une perquisition menée le 3 mars par les limiers de la FCC, appuyés par le commando du Groupe d’intervention de la police mauricienne et des policiers de la Special Mobile Force.
Cette résurgence du nom de Choolun dans un nouveau dossier de trafic de drogue relance les interrogations sur d’éventuelles ramifications entre l’affaire Franklin et ce réseau présumé d’importation de cannabis entre La Réunion et Maurice.
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