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Trafic de drogue

155,7 kg de cannabis : la police affirme avoir des preuves contre Gulshan Govind

19 août 2026, 18:55

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155,7 kg de cannabis : la police affirme avoir des preuves contre Gulshan Govind

Au tribunal de Bambous, ce mercredi 19 août, l’enquête sur la cargaison de 155,7 kilos de cannabis saisie à La Réunion, estimée à quelque Rs 234 millions, a pris une nouvelle tournure. Appelé à justifier l’opposition de la police à la remise en liberté de Gulshan Govind, le sergent Jeenarain, affecté à l'Anti Drug and Smuggling Unit (ADSU) de Rose-Hill et enquêteur dans le dossier, a affirmé que les autorités disposent d’éléments établissant, selon elles, son implication dans le projet présumé d’importation de cette cargaison à Maurice.

Mais le policier est resté prudent sur le contenu de ces éléments. Leur divulgation, a-t-il expliqué devant la magistrate Bibi Fatimah Sharfa Paurobally, pourrait être «hautement préjudiciable» à l’enquête, toujours considérée comme étant à un stade préliminaire. Des suspects seraient encore recherchés à Maurice et à La Réunion.

La police maintient ainsi son opposition à la caution en invoquant trois risques : celui que Gulshan Govind prenne la fuite, qu’il récidive ou qu’il tente d’interférer avec des témoins.

Le silence face aux questions clés

Interrogé par Me Rouben Mooroongapillay, le sergent Jeenarain a également déclaré que le prévenu avait choisi de garder le silence face à certaines questions considérées comme importantes lors de son interrogatoire.

Cette attitude contraste avec les déclarations qu’il aurait faites concernant le second volet de l’enquête, celui portant sur les quatre plants de cannabis et la méthadone retrouvés à son domicile de Chamarel.

Sur ce point, l’enquêteur a indiqué que Gulshan Govind aurait reconnu consommer de la méthadone afin de traiter son addiction. Il aurait également admis que les plants découverts sur le toit de sa maison lui appartenaient, tout en niant avoir voulu les vendre.

Du banc des accusés, Gulshan Govind a lui-même apporté une précision sur l’origine de ces plants. Il a expliqué à la cour : «Mo ti aste enn pouliah gandia pou fime, ti ena lagrin, mo ti zet zot me sa inn pousse.» Autrement dit, il affirme avoir acheté un petit paquet de cannabis destiné à être fumé, avoir jeté les graines qui s’y trouvaient et que celles-ci auraient ensuite germé.

Cette explication concerne le dossier des plants et ne constitue pas, en elle-même, une réponse aux soupçons portant sur la cargaison de La Réunion.

Alors que les arguments de la défense n’étaient pas encore entièrement développés, Gulshan Govind a également tenu à faire savoir à la cour qu’il était disposé à respecter les conditions qui pourraient lui être imposées s’il obtenait sa liberté.

«Mo pou respekte tou kondision Lakour», a-t-il déclaré.

À sa sortie de cour, Me Rouben Mooroongapillay a soutenu que l’interrogatoire du 18 août n’avait pas permis à la police d’établir le reasonable suspicion ayant motivé l’arrestation de son client dans le volet du complot présumé d’importation de drogue depuis La Réunion.

Selon lui, «on n’a pas eu de réponses de la police» sur ce point, ce qui laisse la défense contester le bien-fondé de cette accusation.

Govind était également représenté par Mes Jalani Ramen et Aravna Munoruth. La poursuite, elle, était représentée par Me Dzedhaan Bhatoo, Principal State Counsel du Bureau du Directeur des poursuites publiques.

Les débats sur la caution reprendront lundi 24 août, date à laquelle la défense et la poursuite présenteront leurs arguments.

D’ici là, Gulshan Govind reste en détention. La police, elle, poursuit une enquête qui dépasse désormais largement la seule découverte des quatre plants de cannabis à Chamarel : elle cherche à établir les liens éventuels entre Govind, Ravindra, alias Kris, Chimajee et les autres protagonistes d’une opération présumée dont la cargaison, saisie à La Réunion, devait selon la thèse policière parvenir au marché mauricien.

À ce stade, l’implication alléguée de Gulshan Govind dans ce volet demeure contestée et aucune condamnation n’a été prononcée.

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