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Affaire Mamy Ravatomanga

La FCC expose les risques de fuite et d’entrave, la défense contre-attaque

17 août 2026, 19:36

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La FCC expose les risques de fuite et d’entrave, la défense contre-attaque

La bataille autour de la liberté conditionnelle de Mamy Ravatomanga a repris, ce lundi 17 août, devant la Bail and Remand Court (BRC). Détenu à la prison de haute sécurité de Melrose, l’homme d’affaires malgache a suivi l’audience par visioconférence. Pour cette première journée, la Financial Crimes Commission (FCC) a développé les raisons pour lesquelles elle s’oppose à sa remise en liberté.

À la barre, l’Acting Director of Investigations de la FCC, Hans Paramhans Aleear, a été interrogé par Me Trishul Naga, représentant la Commission. L’enquêteur a présenté un dossier aux ramifications internationales, impliquant notamment des soupçons de corruption, de trafic d’influence, de détournement de fonds publics et de blanchiment d’argent.

Selon la FCC, l’enquête porte sur plusieurs activités et transactions liées au groupe Sodiat, dont Ravatomanga serait le «ultimate beneficial owner». Ont notamment été évoquées la vente d’avions à l’Iran, l’exportation de litchis de Madagascar vers l’Europe, l’importation de blé ainsi qu’un projet de construction d’autoroute à Madagascar. Plusieurs structures et comptes bancaires à Maurice font par ailleurs l’objet de Criminal Attachments Orders de la Cour suprême.

L’enquête, toujours en cours, ne se limite pas à Maurice. La FCC travaille avec des autorités étrangères, notamment le FBI, le parquet français et le Pôle anticorruption de Madagascar. Quelque 60 déclarations de témoins auraient déjà été recueillies.

Pour justifier son opposition à la caution, la FCC met principalement en avant trois risques : une fuite, une interférence avec des témoins et une éventuelle manipulation de preuves. Hans Aleear a notamment évoqué les «moyens financiers immenses» dont disposerait Ravatomanga, son passeport diplomatique et les capacités aériennes du groupe Sodiat. France Ocean Airways, présentée comme une société du groupe, disposerait de sept jets, dont celui utilisé par Ravatomanga pour gagner Maurice en octobre 2025.

L’enquêteur a également relaté une rencontre tenue le 14 octobre 2025 à Quatre-Bornes entre Ravatomanga, le commissaire de la FCC Junaid Fakim et David Thomas. Pour la Commission, cette réunion soulève des interrogations quant à une éventuelle tentative d’obtenir des informations confidentielles sur l’enquête.

Autre élément avancé : des informations transmises récemment par les autorités malgaches concernant des menaces qui auraient été proférées contre un ancien employé de Sodiat par le beau-fils de Ravatomanga. La FCC affirme également disposer d’éléments laissant penser que Ravatomanga aurait demandé à son épouse d’effacer certains messages de son téléphone. Des appels effectués depuis Melrose vers Madagascar sont aussi examinés par les enquêteurs.

À un moment de l’audience, Ravatomanga, qui suivait les débats à distance, a interrompu les échanges pour contester vivement les accusations, estimant qu’il y avait «trop de mensonges». Son avocat, Me Khushal Lobine, lui a toutefois demandé de patienter, la défense devant disposer de son tour pour répondre aux éléments avancés.

Ravatomanga fait actuellement face à deux accusations provisoires de blanchiment d’argent et à une accusation provisoire d’entente délictueuse liée à un délit de trafic d’influence.

Les débats reprendront le 18 août avec le contre-interrogatoire de Hans Aleear par Me Lobine. Cette nouvelle demande intervient après le jugement de la Cour suprême rendu en mai, qui avait confirmé le refus de la remise en liberté prononcé par la BRC le 30 décembre 2025. La défense entend cette fois revenir sur les éléments et observations formulés par les juges en appel.

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