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Déficit hydrique

Les prochaines plantations en question

15 août 2026, 19:00

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Les prochaines plantations en question

■ Les craintes se portent sur les mois à venir, alors que l’incertitude sur la disponibilité en eau pourrait pousser certains planteurs à revoir ou à reporter leurs projets de plantation.

La situation hydrique demeure difficile, dans un contexte de déficit pluviométrique qui exerce une pression croissante sur les ressources disponibles. Une situation qui concerne directement le secteur agricole, dont la production dépend de l’accès à l’eau.

Face à la baisse des ressources, le Conseil des ministres a approuvé, le 7 août, la promulgation des Central Water Authority (Dry Season) Regulations 2026. Entrées en vigueur le 10 août et valables jusqu’au 30 novembre, ces dispositions visent à assurer une gestion durable des ressources en eau et prévoient des restrictions sur certains usages, dont l’irrigation de la canne à sucre. Certaines exceptions sont toutefois prévues. Une personne disposant légalement d’un droit d’utiliser précieux liquide d’un cours d’eau peut continuer à s’en servir pour l’irrigation lorsque cette eau risquerait autrement de se déverser dans la mer. L’irrigation des légumes se poursuit également sans restriction.

Dans un communiqué du 7 août, l’Irrigation Authority a annoncé une réduction temporaire des volumes d’eau destinés à l’irrigation dans les Plaines du Nord, en raison de la baisse significative du niveau du réservoir de La Nicolière. Depuis le 10 août, les jours et horaires de distribution ont ainsi été réduits dans plusieurs régions, telles que Triolet, Morcellement St André, Fond-du-Sac, The Vale, Plaine-des-Papayes, Solitude, Pointe-aux-Piments, Cottage, Forbach et L’Espérance-Trébuchet. L’Irrigation Authority a également invité les agriculteurs à reporter leurs projets de replantation, les prévisions météorologiques demeurant peu favorables.

Pour l’heure, les petits planteurs ne constatent toutefois pas de problème d’approvisionnement en légumes. Kailash Ramdharry, membre du Mouvement des Petits Planteurs, estime que la production a jusqu’à présent été relativement épargnée. «On a eu de la chance avec l’oignon et la pomme de terre, il n’y a pas eu de problème. Quand on considère la pomme d’amour et les autres légumes, les produits sont disponibles. Il n’y a pas de manque. Jusqu’à présent, durant la période hivernale, il n’y a pas eu de problème au niveau de la production», déclare-t-il.

De son côté, Kreepalloo Sunghoon, président de la Small Planters Association, note que la récolte reste pour l’heure satisfaisante. «Pour le moment, la récolte est assez bonne. On peut aller jusqu’à la fin août, voire septembre. Mais s’il y a éventuellement des coupures d’eau, au bout de 15 à 20 jours, cela pourrait avoir un effet sur le marché si la production commence à baisser», explique t-il. Selon lui, une situation hydrique plus favorable aurait permis une meilleure production, qui aurait normalement pu se poursuivre jusqu’à la fin d’octobre.

Une baisse de la disponibilité en eau pourrait influencer les décisions à venir des planteurs. «Dans cette éventualité, les planteurs pourraient hésiter à lancer de nouvelles plantations. Tout dépendra de la situation», souligne-t-il, citant les cultures qui nécessitent un apport important en eau. «Si on entre dans une période sèche, avec la chaleur qui va éventuellement s’installer avec l’été, c’est là que nous avons des craintes pour les mois à venir», affirme Kreepalloo Sunghoon.

Au-delà des conditions de production, l’enjeu est également économique pour les planteurs. «Investir et ensuite voir sa production baisser, c’est une perte pour le planteur», fait-il valoir. Les décisions de plantation dans les prochains mois dépendront ainsi largement de l’évolution de la situation hydrique et des conditions météorologiques.

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