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Cinéma aux Seychelles
Arthur Turcotte : «Nous sommes en train de bâtir une industrie du cinéma aux Seychelles»
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Cinéma aux Seychelles
Arthur Turcotte : «Nous sommes en train de bâtir une industrie du cinéma aux Seychelles»
À seulement 20 ans, Arthur Turcotte fait déjà figure de pionnier du cinéma aux Seychelles. Réalisateur et producteur, il s’est donné pour mission de contribuer à l’émergence d’une véritable industrie cinématographique dans cet archipel de l’océan Indien, où le septième art demeure encore peu développé. Avec son équipe, il a produit certains des premiers films d’action d’envergure réalisés dans le pays et a récemment dévoilé un documentaire retraçant son parcours ainsi que la naissance d’un mouvement cinématographique porté par une nouvelle génération de jeunes Seychellois.
Arthur Turcotte revient sur les défis auxquels sont confrontés les cinéastes locaux, les opportunités qui s’offrent aujourd’hui aux Seychelles et sa vision ambitieuse pour l’avenir du cinéma dans la région. La passion du cinéma remonte à son enfance. «J’ai grandi entouré de films. Mon père est fixer dans l’océan Indien et j’ai eu la chance de découvrir très jeune les coulisses de nombreuses productions internationales, aussi bien aux Seychelles que dans d’autres pays de la région. C’est cette immersion qui a véritablement éveillé ma passion pour le cinéma», confie-t-il.
Expérience précoce
Cette expérience précoce lui a permis de découvrir un univers qui n’existait pratiquement pas dans son pays. «Ce qui me motive aujourd’hui, c’est la curiosité de voir ce que pourraient devenir les Seychelles si cette industrie était prise beaucoup plus au sérieux. J’aimerais que les jeunes puissent envisager le cinéma comme une véritable carrière, ce qui reste encore très limité chez nous», souligne le réalisateur.
Avec son équipe, Arthur Turcotte s’est lancé dans la réalisation de certains des premiers films d’action produits aux Seychelles. Une aventure aussi passionnante que complexe. «Le principal défi reste le manque de ressources. L’industrie cinématographique est encore en pleine construction. Trouver les bonnes personnes, le matériel adéquat et les compétences nécessaires demande énormément de temps, de patience et parfois beaucoup d’erreurs. Mais c’est aussi ainsi que l’on apprend», explique-t-il.
Selon lui, chaque production contribue à faire évoluer le secteur. «Nous essayons de rendre cette industrie plus accessible et d’ouvrir davantage de portes pour ceux qui souhaitent se lancer dans le cinéma», affirme-t-il.
Son dernier documentaire retrace dix années d’efforts, depuis les petits films réalisés avec ses amis durant sa scolarité jusqu’aux productions plus ambitieuses d’aujourd’hui. «Ce documentaire raconte une aventure qui a commencé il y a une dizaine d’années. Nous voulions montrer qu’il existe un véritable mouvement porté par les jeunes aux Seychelles et sensibiliser le public à ce que nous construisons», explique Arthur Turcotte.

Au-delà de son propre parcours, le réalisateur souhaitait mettre en lumière le potentiel du pays. «Notre objectif était de montrer que les Seychelles peuvent développer une industrie du cinéma capable de produire des œuvres locales, mais aussi d’attirer des opportunités internationales qui bénéficieront à l’ensemble du pays», précise-t-il.
Bel accueil
Le documentaire a rencontré un accueil très favorable, aussi bien auprès du public seychellois qu’à l’international. Pour Arthur Turcotte, cette réussite s’explique par l’authenticité du projet. «Les gens sont heureux de voir un groupe de jeunes entreprendre quelque chose de différent et construire ensemble un projet ambitieux. Je suis peut-être à l’origine de cette aventure, mais sans mon équipe, rien de tout cela ne serait possible», insiste-t-il.
Le documentaire permet également au public de découvrir les réalités du métier. «Il offre aux personnes qui ne connaissaient pas notre travail la possibilité de vivre notre parcours avec nous et de comprendre les difficultés que nous traversons pour réaliser ces films. Beaucoup souhaitent aujourd’hui soutenir cette initiative et cela nous encourage énormément», ajoute-t-il.
Malgré cet enthousiasme grandissant, les défis restent nombreux. Arthur Turcotte ne les minimise pas. «Le financement, les compétences techniques, les infrastructures, les équipements et le développement du public constituent nos principaux obstacles. Nous sommes un petit pays et cette industrie est encore très récente», rappelle-t-il.
Toutefois, il observe une évolution encourageante. «Nous travaillons constamment avec différents partenaires afin de créer des possibilités de financement plus solides, non seulement pour notre équipe, mais aussi pour les autres jeunes Seychellois qui souhaitent produire leurs propres films. Les défis sont permanents, mais nous constatons que les portes commencent à s’ouvrir», affirme le jeune réalisateur.
Arthur Turcotte estime que les Seychelles disposent de nombreux atouts pour devenir une destination cinématographique reconnue dans l’océan Indien. «Je constate un intérêt croissant de la population pour le cinéma. Nous développons progressivement les connaissances nécessaires au fonctionnement de cette industrie et je pense que nous contribuons à faire connaître les Seychelles comme un véritable lieu de tournage à l’échelle internationale», explique-t-il.
Outil de transmission culturelle
Il estime que le cinéma représente également un formidable outil de transmission culturelle. «Raconter des histoires locales est essentiel. Le cinéma est une manière immersive de raconter un récit grâce aux images et au son. Il joue un rôle fondamental dans la préservation de notre culture, de notre histoire et de notre identité, qui sont extrêmement riches aux Seychelles», souligne-t-il.
Le jeune réalisateur croit également au potentiel de la coopération régionale. Selon lui, les collaborations avec Maurice, La Réunion, Madagascar et les autres îles de l’océan Indien constituent une étape incontournable dans le développement du secteur. «L’industrie du cinéma est très compétitive, mais je suis convaincu que la collaboration est la meilleure voie. En travaillant ensemble, nous pourrons produire des projets plus ambitieux et plus professionnels, qui profiteront à tous», affirme Arthur Turcotte. Cette coopération est déjà une réalité. «Notre dernier film d’action a été tourné en partie à Maurice. Nous avons constaté un véritable intérêt du public mauricien, qui souhaite découvrir nos productions. Nous voulons développer davantage de collaborations régionales pour nos prochains films», révèle-t-il.
Arthur Turcotte garde toutefois les pieds sur terre. «Le moment le plus gratifiant de ma carrière reste d’avoir participé à la réalisation des premiers films d’action des Seychelles. Je suis extrêmement reconnaissant de pouvoir exercer cette passion avec des personnes qui la partagent sincèrement», confie-t-il.
Il reconnaît également que cette aventure lui a apporté de précieuses leçons. «J’ai appris que la patience est essentielle et qu’il ne faut jamais oublier les personnes qui vous ont aidé. Il est important de rester humble et de ne jamais oublier d’où l’on vient. La vie est faite de hauts et de bas, mais ce sont justement ces difficultés qui donnent encore plus de valeur aux réussites», dit-il avec philosophie.
L’avenir, selon lui, est prometteur. De nombreux projets sont déjà en préparation et l’objectif reste inchangé : continuer à faire grandir le cinéma seychellois. Sa vision à long terme est claire. «Je souhaite que l’industrie du cinéma aux Seychelles continue de se développer et devienne beaucoup plus accessible, en particulier pour les jeunes générations. Il reste énormément à apprendre, mais je veux contribuer à bâtir quelque chose de durable», explique-t-il.
Enfin, Arthur Turcotte adresse un message d’encouragement aux jeunes Seychellois qui rêvent de suivre ses pas. «Je leur dirais d’être patients. Faire du cinéma demande énormément de temps, de concentration et de persévérance. Il faut accepter de réaliser quelques mauvais films avant d’en faire un excellent. Le plus important est de ne jamais abandonner. Avec de la patience et de la passion, tout devient possible», conclut le réalisateur, convaincu que le cinéma seychellois ne fait que commencer son histoire.
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