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Vision 2050

Le grand pari d’une nouvelle trajectoire pour Maurice

12 août 2026, 14:30

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Le grand pari d’une nouvelle trajectoire pour Maurice

Jyoti Jeetun, introduisant la présentation Vision 2050 aux parlementaires au Sir Harilal Vaghjee Hall, à Port-Louis, hier matin.

Présenté hier matin aux parlementaires par Vikash Thakoor, Chief Economist au ministère des Services financiers et de la Planification économique, le projet Vision 2050, selon la ministre de tutelle, Jyoti Jeetun, entend poser les bases d’un nouveau modèle de développement pour Maurice pour les 25 prochaines années. La démarche part d’un constat simple mais lourd de conséquences : le modèle qui a porté la transformation économique du pays ne pourra pas, à lui seul, assurer la prospérité des prochaines décennies. Le ralentissement de la croissance, le vieillissement de la population, la contraction de la maind’œuvre, les contraintes d’énergie et d’eau, le changement climatique et une concurrence internationale accrue imposent désormais de nouveaux choix.

L’ambition affichée est à la hauteur du défi : faire de Maurice une économie de USD 50 milliards à l’horizon 2050, soit potentiellement trois fois son poids actuel, tout en construisant une société plus prospère, inclusive, durable et résiliente. Mais derrière cet objectif de PIB se trouve une équation autrement plus complexe : comment accélérer la création de richesse alors que la population active est appelée à diminuer ?

La réponse passe d’abord par un changement de modèle. Vision 2050 mise sur une économie davantage fondée sur la productivité, la connaissance, l’innovation et la technologie. Huit secteurs sont identifiés comme moteurs de croissance : les services financiers, les technologies de l’information et de la communication, la logistique, le tourisme, le manufacturing, l’agriculture à haute valeur ajoutée, l’économie océanique et les sciences de la vie. L’enjeu ne sera toutefois pas de multiplier les secteurs prioritaires, mais de déterminer dans lesquels Maurice peut réellement construire des avantages compétitifs durables.

Le facteur humain sera déterminant. Le document estime que le pays devra mobiliser entre 390 000 et 500 000 travailleurs supplémentaires d’ici 2050, à travers une plus grande participation au marché du travail, une immigration ciblée et le retour de membres de la diaspora. C’est un choix stratégique majeur qui soulève déjà d’autres questions : logement, infrastructures, intégration, services publics et cohésion sociale.

Vision 2050 reconnaît parallèlement que certaines contraintes pourraient devenir des obstacles directs à la croissance. L’accès aux talents, l’énergie, l’eau, les infrastructures numériques et la résilience climatique devront être traités non comme des enjeux secondaires, mais comme des conditions préalables au développement. Trois fois plus riche ne pourra signifier trois fois plus consommateur de ressources. La croissance devra donc être accompagnée d’une transition énergétique, d’une gestion plus efficace de l’eau, d’infrastructures résilientes et d’une meilleure protection de l’environnement.

La Vision élargit aussi la définition de la réussite. Elle ambitionne une meilleure qualité de vie, des soins préventifs, un logement abordable, des communautés connectées, un environnement protégé et des institutions efficaces et dignes de confiance. Elle veut surtout donner aux jeunes Mauriciens suffisamment de perspectives pour qu’ils puissent envisager leur avenir dans le pays. Le document présenté au parlementaires est encore un projet, soumis à consultation publique. La prochaine étape sera précisément de recueillir les commentaires et propositions des citoyens, du secteur privé, des organisations professionnelles, des experts et des autres parties prenantes. Ces contributions devront permettre d’affiner les priorités, les objectifs et les mécanismes de mise en œuvre avant la finalisation de la Vision.

Une fois adoptée, celle-ci devra être traduite en un National Development Plan, puis en stratégies sectorielles et en mesures concrètes intégrées aux budgets annuels. Le document prévoit également des indicateurs de performance, un suivi public et une révision périodique tous les cinq ans.

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