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Maisons sociales
Entre soulagement après des années d’attente et inquiétudes sur le terrain
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Maisons sociales
Entre soulagement après des années d’attente et inquiétudes sur le terrain
■ Après plusieurs décennies d’attente pour certaines, des familles ont enfin reçu les clés de leur maison sociale.
Après des années d’attente, certains bénéficiaires de maisons sociales peuvent enfin tourner une page importante de leur vie. Pour eux, ces clés représentent bien plus qu’un simple logement : elles symbolisent la fin d’une longue période d’incertitude et l’espoir d’un avenir plus stable.
À Olivia, Raj (*) savoure aujourd’hui ce moment. Pendant 22 ans, il a attendu de pouvoir quitter la location et avoir un foyer à lui. «L’attente a été très longue, mais la récompense est belle aujourd’hui. Je tiens à remercier tous ceux qui ont fait le suivi de mon dossier pour que je puisse enlever le poids de la location de ma tête», confie-t-il. Même sentiment chez Ali (*), qui après 30 ans d’attente, a enfin pu s’installer dans sa maison à Henrietta. Pour ces familles, cette livraison représente l’aboutissement d’un long parcours marqué par la patience et les sacrifices.
Mais pour certains bénéficiaires, la joie est accompagnée d’inquiétudes. Car obtenir une maison ne signifie pas forcément que toutes les préoccupations disparaissent. Marie (*) fait partie de ces bénéficiaires qui attendent encore avant de poser définitivement leurs valises. Après environ 20 ans d’attente, cette mère de deux enfants a obtenu une maison sociale à Malherbes. Pourtant, elle s’inquiète aujourd’hui de l’environnement dans lequel sa famille devra évoluer.
«Nous avons obtenu une maison à Malherbes. Mais nous avons peur quand nous voyons le nombre de toxicomanes qui marchent dans les environs à certaines heures», explique-t-elle. Elle affirme que les clôtures installées autour des maisons sont aujourd’hui endommagées. «On a déboulonné la clôture. C’est dangereux. Toutes les plantations que j’ai faites ont été piétinées», déplore-t-elle. Pour le moment, Marie préfère attendre avant d’y habiter. Elle souhaite d’abord aménager son logement afin d’offrir le meilleur cadre possible à ses enfants. «Nous avons attendu autant de temps, donc nous voulons meubler notre maison le mieux possible avant d’y venir habiter. On veut le meilleur surtout pour les enfants», dit-elle.
Elle ajoute que son époux préfère qu’elle ne se rende pas seule sur place pour les travaux. «Il ne veut pas que j’y aille seule pour la rénovation.» La bénéficiaire souligne également certaines failles concernant la sécurité des maisons. « Les fenêtres sont très basses, et l’on peut les enjamber pour pénétrer dans la maison», avance-t-elle.
Souffrant d’une maladie auto-immune chronique, Marie explique qu’elle passe beaucoup de temps à domicile et souhaite que des solutions supplémentaires soient trouvées. Elle demande notamment que des mesures soient prises pour mieux protéger les résidents.
Les connexions d’eau, le principal défi
Le ministre du Logement, Shakeel Mohamed, a expliqué récemment que le principal obstacle actuel n’est pas la construction des maisons, mais leur raccordement aux services essentiels, notamment l’eau potable et l’évacuation des eaux usées. Selon lui, sur les 8 000 maisons sociales qui auraient dû être construites, seulement 40 avaient été livrées avant son arrivée. «À ce jour, sous mon mandat, plus de 5 000 maisons ont déjà été complétées. Plus de Rs 5 milliards ont été dépensées pour compléter ces maisons. Et la question que tous se posent, c’est pourquoi ces maisons n’ont pas encore été livrées ?», a-t-il déclaré.
Le ministre affirme que la difficulté se situe principalement au niveau des infrastructures. Il explique que la New Social Living Development Ltd avait avancé plus de Rs 200 millions à la Central Water Authority pour permettre les connexions d’eau et d’eau usée. Selon Shakeel Mohamed, cette somme aurait été utilisée par l’ancien régime pour d’autres travaux, alors qu’elle devait être consacrée aux raccordements des logements sociaux.
Il dit comprendre la frustration des bénéficiaires, mais estime que les maisons ne peuvent être livrées sans les services nécessaires. «On doit placer des agents de sécurité sur ces sites pour les protéger, et cela coûte de l’argent. Il y a des personnes qui ont volé les fils et câbles et l’on doit à nouveau en remettre», explique-t-il. Cette situation implique plusieurs organismes, notamment le Central Electricity Board et Mauritius Telecom, souligne le ministre.
Shakeel Mohamed met également en avant le programme Rent-to-Own, qui permet aux familles n’ayant pas accès à un prêt bancaire de devenir propriétaires progressivement. Le principe : louer une maison à partir de Rs 4 000 par mois pendant cinq ans avant d’en devenir propriétaire. Pour qu’un foyer y soit éligible, le revenu mensuel ne doit pas dépasser Rs 48 000 et les candidats ne doivent pas déjà posséder un bien immobilier. Entre le soulagement des familles qui ont enfin obtenu leur maison et les préoccupations de celles qui attendent encore de pouvoir y vivre sereinement, le logement social reste un défi à la fois humain et administratif.
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