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Chikungunya
Distinguer les séquelles du virus d’une arthrite inflammatoire
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Chikungunya
Distinguer les séquelles du virus d’une arthrite inflammatoire
La Dr Noora Soobraty, rhumatologue chez C-Care Darné, appelle à la vigilance.
Alors que le chikungunya continue de circuler activement dans l’île, une question revient fréquemment chez les patients : les douleurs articulaires ressenties après l’infection sont-elles simplement temporaires ou annoncentelles une arthrite ? Face à cette inquiétude, la Dr Noora Soobraty, rhumatologue à C-Care Darné, appelle à la vigilance, tout en rappelant que dans la majorité des cas, ces douleurs finissent par disparaître.
Depuis le début de l’année, les autorités sanitaires ont recensé au moins 3 300 cas de chikungunya. Transmis par la piqûre de moustiques infectés, le virus provoque généralement une forte fièvre, des douleurs musculaires et articulaires, des maux de tête, une fatigue importante, voire une éruption cutanée. Mais chez certains patients, les douleurs articulaires persistent bien au-delà de la phase aiguë de la maladie. «Dans la majorité des cas, les douleurs articulaires liées au chikungunya s’atténuent progressivement avec le temps. Toutefois, certains signes doivent alerter les patients, car plus de 40 % d’entre eux présentent encore des douleurs articulaires et développent des manifestations arthritiques plus de trois mois après l’infection aiguë», explique la Dr Soobraty.
Ces manifestations prennent souvent la forme d’une polyarthrite symétrique touchant les mains et les pieds, rappelant une polyarthrite rhumatoïde. Lorsque les symptômes persistent audelà de trois mois, les spécialistes parlent alors d’arthrite chronique post-chikungunya. «Il est particulièrement important, à ce stade, de consulter un rhumatologue, surtout lorsque les symptômes deviennent chroniques, s’aggravent avec le temps ou touchent plusieurs articulations de manière symétrique», insiste la spécialiste.
Une consultation spécialisée permet non seulement de déterminer si les douleurs sont effectivement une conséquence du chikungunya, mais aussi d’écarter ou de confirmer une autre maladie inflammatoire comme la polyarthrite rhumatoïde. Cette dernière nécessite une prise en charge spécifique et précoce afin d’éviter des dommages articulaires irréversibles.
Quelques indices permettent toutefois de distinguer les deux situations. Les douleurs sont davantage évocatrices de chikungunya lorsqu’elles apparaissent pendant ou immédiatement après l’infection et s’accompagnent de fièvre, de douleurs musculaires, de vomissements, d’une fatigue marquée ou d’une éruption cutanée. Même si la récupération peut prendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois, les symptômes ont généralement tendance à s’atténuer progressivement.
En revanche, une douleur qui apparaît en dehors de tout épisode infectieux, qui s’accompagne d’un gonflement durable des articulations, d’une sensation de chaleur, d’une raideur matinale prolongée ou qui s’aggrave au fil des mois doit inciter à consulter rapidement. Des symptômes qui reviennent régulièrement ou évoluent progressivement sans amélioration peuvent révéler une arthrite inflammatoire indépendante du virus.
Dans un contexte où le nombre de cas de chikungunya demeure élevé à Maurice, le message des spécialistes est clair : si les douleurs articulaires persistent ou s’intensifient après l’infection, il ne faut pas les banaliser. Une prise en charge précoce peut faire toute la différence pour préserver durablement la mobilité et la qualité de vie des patients.
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