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Arrêté pour trafic de cannabis

Gulshan Govind reste en cellule, le passé de Ravindra Chimajee ressurgit

4 août 2026, 10:30

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Gulshan Govind reste en cellule, le passé de Ravindra Chimajee ressurgit

L’enquête sur le présumé réseau d’importation de cannabis entre La Réunion et Maurice continue de prendre de l’ampleur. Hier, Gulshan Govind (photo), époux de la junior minister Véronique Leu-Govind, a comparu devant le tribunal de Bambous sous une accusation provisoire de «conspiracy to import dangerous drugs», en d’autres termes pour le trafic de cannabis. La police ayant objecté à sa libération sous caution, il a été reconduit en cellule policière jusqu’au 10 août.

À l’audience, l’inspecteur Gungaram de l’Anti-Drug and Smuggling Unit a livré plusieurs détails sur la perquisition menée au domicile du suspect, le jour de son arrestation. Les enquêteurs y ont découvert quatre plants de cannabis. Interrogé sur cette culture, Gulshan Govind aurait reconnu que les plants lui appartenaient et étaient destinés à son usage personnel. Une fiole contenant de la méthadone a également été saisie. Selon le policier, le quadragénaire a expliqué aux enquêteurs qu’il a acheté cette substance dans le but de mettre fin à sa dépendance. «Mo’nn aste sa pou mo bwar pou mo sorti dan ladrog.» Son téléphone portable et son véhicule ont aussi été saisis pour les besoins de l’enquête.

Le véhicule saisi dans le cadre de l'enquête visant Gulshan Govind a livré de nouveaux éléments lors d'un examen scientifique. Des feuilles sèches et une semence soupçonnée d'être une graine de cannabis y ont été découvertes avant d'être transmises au Forensic Science Laboratory pour analyses. Ce tout-terrain figure également dans la déclaration d'actifs de Véronique Leu-Govind.

Les investigations portent toutefois principalement sur une tentative présumée d’importation de près de 100 kilos de cannabis depuis La Réunion. Après la saisie de la cargaison à l’embouchure de la Rivière du Mât, le horsbord soupçonné d’avoir participé à l’opération a réussi à prendre la fuite avant d’être retrouvé abandonné dans le lagon du Morne. Les enquêteurs exploitent notamment les images du réseau Safe City, les données téléphoniques et font appel aux expertises scientifiques afin de retracer les déplacements des suspects avant et après cette traversée présumée.

Mais à La Réunion, c’est surtout le nom de Ravindra Chimajee, alias Kris, qui retient l’attention. Soupçonné d’avoir piloté le horsbord, il est loin d’être inconnu des autorités. En 2008, avec son frère Yanesh et Thierry Vivian Aza, il avait été arrêté à Roche-Plate après une fuite par voie maritime. Les trois hommes, retrouvés avec près de 21 000 euros en espèces, avaient expliqué avoir tenté de rejoindre les côtes africaines, puis Madagascar, avant d’être contraints d’accoster à La Réunion.

À Maurice, les frères Chimajee étaient alors recherchés pour plusieurs braquages visant des établissements hôteliers de la côte Ouest. Bénéficiant d’une liberté conditionnelle après une première arrestation en 2006, ils avaient également été mis en cause dans le braquage du bureau de poste de Case-Noyale. Leur cavale s’était achevée à La Réunion, avant leur rapatriement vers Maurice, après le rejet de leur demande d’asile. Dix-huit ans plus tard, Ravindra Chimajee réapparaît dans une nouvelle affaire aux ramifications mauriciennes et réunionnaises.

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