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Deepak balgobin au CCID

Il collabore comme «témoin» mais s’interroge sur le timing de sa convocation

25 juillet 2026, 07:00

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Il collabore comme «témoin» mais s’interroge sur le timing de sa convocation

Deepak Balgobin entouré de ses hommes de loi, Mᵉ Soodesh Callichurn (à g.) et Ravi Yerrigadoo, hier, au Central Crime Investigation Department (CCID), à Port-Louis. © Tony Fine

Convoqué hier au Central Crime Investigation Department (CCID), l’ancien ministre des Technologies, de la Communication et de l’Innovation, Deepak Balgobin, arrivé au CCID accompagné de ses hommes de loi, a déclaré après son audition : «Je tiens à préciser qu’à aucun moment je n’ai été convoqué under warning. Je suis ici en tant que témoin pour fournir des informations dans le cadre d’une enquête sur une loi qui a été introduite au Parlement.»

Sans dévoiler les questions posées par les enquêteurs, il a expliqué que cette affaire concernait une législation votée lorsqu’il était à la tête du ministère des Technologies, de la Communication et de l’Innovation. Son avocat, Mᵉ Ravi Yerrigadoo, a indiqué qu’«il a été convoqué à titre d’information et non under warning. Nous n’allons pas commenter davantage afin de préserver l’intégrité de l’enquête.»

La loi en question La loi évoquée est la Cybersecurity and Cybercrime Act 2021, adoptée le 19 novembre 2021 sous l’ancien régime. Cette législation avait remplacé la Computer Misuse and Cybercrime Act 2003 afin de renforcer l’arsenal juridique contre les infractions liées au numérique. Le texte prévoit notamment la création du National Cybersecurity Committee (NCC) ainsi que de la Computer Emergency Response Team of Mauritius (CERTMU), chargé de coordonner les réponses nationales face aux menaces informatiques.

La loi couvre un large éventail d’infractions, notamment l’accès non autorisé à des systèmes informatiques, l’interception illégale de données, la fraude électronique, la falsification informatique, la cyberextorsion ou encore certaines violations liées aux droits d’auteur sur internet.

Elle accorde également aux autorités d’enquête des pouvoirs élargis, notamment la possibilité de demander des ordonnances judiciaires pour obtenir des données informatiques, procéder à des perquisitions numériques ou intercepter certaines communications dans le cadre d’une enquête criminelle.

Cette législation avait toutefois été au cœur d’une controverse en novembre 2024, après la décision de l’Information and Communication Technologies Authority (ICTA) de demander aux opérateurs télécoms de suspendre temporairement l’accès aux réseaux sociaux, invoquant des publications représentant «une menace sérieuse pour la sécurité nationale et la sécurité publique».

Une décision qui avait provoqué de vives réactions. Le président du NCC, Didier Sam-Fat, avait alors démissionné, dénonçant son indignation face à la situation.

«Une drôle de coïncidence»

Au sortir de son audition du CCID, Deepak Balgobin n’a pas manqué de relever le contexte politique entourant sa convocation. L’ancien ministre a expliqué qu’il travaillait actuellement, avec d’autres membres du MSM, à l’organisation du meeting prévu mercredi prochain à Flacq.

«Je trouve que c’est une drôle de coïncidence. Dans quelques jours, nous avons un grand meeting à Flacq et je m’occupe de son organisation avec d’autres camarades. Soudainement, je reçois une convocation», a-t-il déclaré. Sans accuser directement les enquêteurs, il a invité la population à «tirer ses propres conclusions».

Cette sortie intervient alors que le MSM a déjà exprimé ses inquiétudes concernant certaines enquêtes de la Financial Crimes Commission (FCC), estimant que certaines informations liées à des convocations politiques auraient filtré dans la presse avant même les auditions.

Le parti s’interroge notamment sur le timing de certaines communications publiques et se demande si certaines démarches relèvent uniquement d’investigations judiciaires ou si elles peuvent être perçues comme des opérations influençant l’opinion publique.

La FCC a toujours rejeté toute accusation d’ingérence politique, affirmant agir de manière indépendante, sans tenir compte du calendrier politique.

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