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Crise sanitaire au Foyer Trochetia

Quatre mois de travaux pour éradiquer les punaises de lit

9 juillet 2026, 18:00

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Quatre mois de travaux pour éradiquer les punaises de lit

■ Le Foyer Trochetia fait l’objet d’un vaste plan d’intervention après la découverte d’une infestation de punaises de lit.

Pendant plusieurs mois, l’inquiétude a grandi au Foyer Trochetia, à Pointe-aux-Sables. Derrière les murs de cet établissement public qui accueille des personnes âgées et des adultes en situation de handicap, une réalité difficile a été mise en lumière : celle de résidents confrontés à une infestation importante de punaises de lit, affectant leur quotidien et leur bien-être.

La situation avait été signalée dès décembre dernier, après la visite d’une proche d’un résident. Selon des témoignages, les punaises étaient présentes sur les matelas et dans les espaces communs. Des traces visibles sur les murs et les lits témoignaient de l’importance de l’infestation.

Le foyer, géré par le ministère de la Sécurité sociale en collaboration avec l’Arya Sabha, accueille aujourd’hui 57 personnes âgées et personnes en situation de handicap. Pour ces résidents particulièrement fragiles, cette situation a affecté leur sécurité et leur dignité.

Intervenant sur une radio privée, le ministre de l’Intégration sociale, Ashok Subron, a reconnu l’ampleur de la situation et expliqué les mesures engagées par les autorités. «Nous avons eu l’aide du National Solidarity Fund et nous avons acheté du matériel», a-t-il déclaré. Selon lui, les résidents vivent une période éprouvante. «Ils vivent un véritable traumatisme, surtout la nuit, lorsque les punaises sortent», a-t-il expliqué.

La stratégie adoptée repose sur une intervention progressive. L’aile 2, considérée comme la plus touchée par l’infestation, sera entièrement désinsectisée. Les résidents ont été transférés vers l’aile 5, préalablement désinsectisée et équipée grâce au National Solidarity Fund.

Les opérations seront menées par le ministère de la Santé sur une période de 12 jours. «Si les officiers retrouvent une seule punaise, il faudra recommencer le traitement pendant 12 jours, car il faudra remettre la zone en quarantaine», précise le ministre.

Une fois l’aile 2 traitée, les résidents seront déplacés progressivement vers les autres ailes afin de permettre leur désinsectisation complète. Une opération qui pourrait prendre «au moins quatre mois», selon Ashok Subron.

Plan de rénovation plus large

Face à la difficulté de déplacer l’ensemble des résidents, plusieurs options avaient été envisagées, notamment un accueil temporaire à l’hôpital Bruno Cheong, à Flacq. Les autorités avaient aussi sollicité les familles pour accueillir leurs proches durant les travaux. Des possibilités qui n’ont finalement pas pu aboutir.

«Nous avons donc dû procéder étape par étape», explique le ministre, qui évoque également des difficultés logistiques liées à l’acquisition de certains équipements, notamment les lits médicalisés. Un premier lot a néanmoins pu être obtenu.

Au-delà de la gestion immédiate de l’infestation, le gouvernement annonce un programme de rénovation plus vaste. Après une première enveloppe de Rs 5,5 millions, Rs 10 millions supplémentaires sont mobilisés pour rénover le foyer.

L’ambition affichée est de faire du Foyer Trochetia un modèle national pour l’accueil des personnes âgées et des personnes en situation de handicap. Le ministre a également évoqué la possibilité de développer des établissements similaires à Flic-en-Flac et à Palmar.

Pour Ali Jookhun, défenseur des personnes en situation de handicap, les éléments révélés dans cette affaire ont permis de mettre en lumière les conditions dans lesquelles vivaient certaines personnes vulnérables et d’interpeller les autorités sur l’urgence d’agir.

Selon lui, les constats démontraient la nécessité d’une intervention rapide. Il estime que leur protection doit primer sur les procédures administratives.

Il cite notamment les principes de la Convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées, qui impose aux États de garantir leur protection dans les situations de risque, de prévenir toute forme de négligence, d’assurer l’accès aux soins et de leur permettre de vivre dans des conditions dignes.

Aujourd’hui, au-delà de l’urgence sanitaire, c’est toute la question de la prise en charge des personnes les plus fragiles qui revient au centre du débat. Car derrière les murs du foyer, ce sont des vies humaines qui attendent une réponse durable, faite de soins, de respect et de dignité.

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