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Réforme de la pension

Les travailleurs indépendants veulent être entendus avant les grandes décisions

9 juillet 2026, 16:00

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Les travailleurs indépendants veulent être entendus avant les grandes décisions

■ Artisans, entrepreneurs individuels et autres travailleurs indépendants s’interrogent sur l’impact de la réforme de la pension sur leurs revenus, leurs cotisations et leur avenir financier. Photo: AFP.

La réforme de la pension continue de susciter interrogations et inquiétudes. Alors que le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a tenu hier une première réunion de travail consacrée aux derniers arbitrages avant la présentation du Finance Bill — dans lequel la réforme de la pension occupera une place importante — les travailleurs indépendants tentent, eux, d’évaluer concrètement les conséquences des changements annoncés sur leur quotidien.

Parmi eux, Stéphane Maurymoothoo, membre du Regrupman Artizan Morisien, a entrepris un exercice de projection afin de mieux comprendre l’impact financier d’une éventuelle hausse des contributions à la pension. Il a ainsi élaboré une fiche de calcul basée sur le taux de 9 % évoqué dans le cadre de la réforme.

Selon lui, ce passage de 4,5 % à 9 % pourrait concerner une augmentation du taux de cotisation au Fonds de pension, notamment dans le cadre du Portable Retirement Gratuity Fund, ou encore une éventuelle majoration ou décote liée aux conditions de départ à la retraite.

Pour illustrer son analyse, il prend l’exemple d’un salarié percevant un salaire mensuel de Rs 50 000. «Aujourd’hui, cette personne contribue environ Rs 2 500 par mois. Mais à partir de 2027, si la contribution passe à 9 %, elle devra débourser Rs 4 500 mensuellement», explique-t-il.

En appliquant cette logique à sa propre situation, il estime que sur une période de 15 ans, jusqu’en 2042, sa contribution pourrait atteindre environ Rs 810 000. Une somme conséquente, dit-il, qui pousse à s’interroger sur le retour réel de cet investissement pour les travailleurs indépendants.

«Si l’on se projette encore plus loin, avec une espérance de vie jusqu’à 75 ans et une pension qui pourrait atteindre Rs 19 000 entre 65 et 75 ans, cela représenterait environ Rs 2,47 millions perçus sur dix ans. Mais durant toute cette période, j’aurai contribué Rs 810 000. La question est de savoir quelle est la reconnaissance réelle du travail fourni et des efforts consentis», avance-t-il.

Un dialogue franc et constructif

Pour Stéphane Maurymoothoo, la problématique réside dans la manière dont les travailleurs indépendants sont intégrés dans cette réflexion nationale. «Quand on parle de pension universelle, une personne qui contribue est censée obtenir un bénéfice supplémentaire. Certains peuvent espérer davantage. Mais les travailleurs indépendants, eux, risquent de ne percevoir que la base», soutient-il.

Il estime que cette catégorie de travailleurs doit également composer avec d’autres dépenses qui réduisent leur capacité financière. «En parallèle, il y a l’assurance vie, l’assurance maladie, le transport qui connaît aussi une hausse. Toutes ces augmentations diminuent notre marge de manœuvre. Une marge qui nous permettait parfois de prendre en charge nos besoins de santé ou d’autres imprévus», souligne-t-il.

Au-delà des chiffres, c’est la reconnaissance du statut et des réalités des travailleurs indépendants qui est au cœur de ses préoccupations. «Qu’est-ce que l’on reconnaît finalement dans notre existence de travailleurs ? Nous avons contribué à l’économie du pays pendant des années, mais notre réalité n’est pas toujours la même que celle des employés avec un salaire fixe», affirme-t-il. Alors que le gouvernement finalise les contours du Finance Bill, il lance un appel au dialogue. «Nous espérons que le Premier ministre prendra le temps d’écouter tous lesstakeholders, et les travailleurs indépendants en font partie. Il faut pouvoir discuter, expliquer ce que nous attendons, mais aussi comprendre ce que le gouvernement attend de nous», dit-il.

Selon lui, les discussions ne doivent pas être confiées uniquement à des instances éloignées des réalités du terrain. «Il ne faut pas simplement mettre en place des comités avec des personnes qui ne comprennent pas forcément la vie quotidienne des travailleurs indépendants. Nous ne demandons pas de cadeaux, seulement un dialogue franc et constructif», insiste-t-il.

Pour Stéphane Maurymoothoo, l’avenir de la réforme dépendra de la capacité des différents acteurs à travailler ensemble. «Pour faire avancer le pays, il faut que le collectif prime. Les décisions importantes doivent se prendre avec ceux qui seront directement concernés», conclut-il.

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