Publicité

Transversale

Gardez votre soccer, rendez-nous le football !

9 juillet 2026, 09:53

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Et ça continue encore et encore... Étonnamment absent des premiers rôles de cette Coupe du monde 2026, rev’là Donald Trump alive and kicking. On se disait aussi que ce calme apparent de la bête qui sommeille, tapie dans l’ombre, cachait sûrement quelque chose de pas net ! Mais là, c’est bon, on a été servis. Et très bien même. Annuler un carton rouge en pleine compétition, aucun dirigeant n’avait osé ne serait-ce que penser à un truc aussi tordu. Lui, il l’a fait et en est même tout fier !

On se croirait à Maurice lorsqu’un gars puissant - un monsieur «j’ai tous les contacts, tinkiete j’ai fini le game» - décide de prendre son téléphone pour faire transférer un subalterne d’un bureau X ou Y. Le président des ÉtatsUnis a avoué lui-même qu’il ne savait pas ce qu’était un carton rouge avant, mais quand il a compris que ça priverait l’équipe américaine de son meilleur joueur, ce n’était tout simplement pas acceptable.

Et voilà qu’il décroche son auguste téléphone «from the White House» pour déclencher une bombe atomique... footballistique. Quoique c’était plutôt une arme de destruction massive en termes de déclenchement de l’hilarité générale. Le président américain appelle donc son homologue de la FIFA et intervient personnellement pour influer sur le cours d’une compétition sportive. On croit rêver, mais non. La Coupe du monde, qui a débuté en 1930, devient la cour des miracles en 2026.

«Tout ce que j’ai fait, c’est demander un réexamen, car je ne pensais pas qu’il y avait faute», a déclaré Donald Trump en conférence de presse aux journalistes. «J’ai vu l’action. Ce n’était pas une faute. Ce n’était même pas une infraction. C’étaient deux gars qui couraient à toute vitesse et qui sont entrés en collision par hasard.» Le président américain a qualifié de «décision vraiment brillante» la levée du carton rouge par la FIFA. «Je trouve que la décision de l’arbitre était horrible», a-t-il ajouté.

Et voilà comment Folarin Balogun, attaquant monégasque inconnu du grand public, est subitement devenu un joueur dont tout le monde parlera dans les conversations mondaines d’ici et d’ailleurs... Il fera aussi jurispru- dence, puisque tout le monde pourra donc - logiquement - contester tous les cartons rouges de la terre basé sur ce qui vient de se passer ! La FIFA n’est pas sortie de l’auberge…

Ceci dit, la présence de Balogun n’a pas empêché la Belgique d’écraser la Team USA, 4-1, ayant bénéficié au passage d’un soutien populaire massif de toute la planète, comme les Diables Rouges n’en ont sans doute jamais eu. Il y aurait donc une morale, au final, dans cette his- toire ? Toujours est-il que dans cette Coupe du monde où beaucoup de petits nouveaux David ont parfois paru plus forts que les Goliath, les Américains auront aussi découvert que le football est un sport collectif bien plus incertain que tous les autres. Par exemple, ce n’est pas en annulant un carton rouge que ton pays sera champion du monde derrière…

«Le football est à nous, pas à eux», avait commenté le solaire Jürgen Klopp, qui va prendre les rênes de l’équipe d’Allemagne (éliminée dès les 16es de finale par le Paraguay). «C’était un carton rouge et il n’y a pas à discuter. Nous sommes désolés pour Balogun, car il n’a pas fait exprès. Mais c’est ce que dit le règlement. Si la MaisonBlanche est vraiment intervenue, alors c’est insensé.»

«Ces deux personnes, qui ne connaissent rien au foot, ne devraient pas s’en mêler», s’était emporté l’entraîneur allemand concernant l’affaire Balogun, visant Trump et Gianni Infantino. On aimerait ajouter une phrase de circonstance : «Gardez votre soccer, rendez-nous le football !»

Publicité