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Ambiance au Parlement
Ni questions ni réponses
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Ambiance au Parlement
Ni questions ni réponses
Il était 11 h 38 quand le Premier ministre, Navin Ramgoolam, fait son entrée dans un Hémicycle plus garni que d’habitude. Dans les tribunes, des visages jeunes : les futurs élus du National Youth Parliament, venus prendre la mesure des lieux avant d’en emprunter, le temps d’une session, les bancs.
C’est Veda Baloomoody, Deputy Speaker, qui prend les rênes de cette première séance du mois de juillet. Le ton de l’après-midi, lui, est donné par une Private Notice Question (PNQ) adressée par le leader de l’opposition, Joe Lesjongard, au ministre du Commerce et de la protection des consommateurs, Michael Sik Yuen. Au menu : le Price Stabilisation Fund. Une question en trois volets, posée à 11 h 41, avec une réponse de 15 minutes.
Et puis, rien. Ou plutôt, tout, sauf ce qui est demandé pour les questions supplémentaires. À plusieurs reprises, le ministre du Commerce réplique : «We need to protect the environment.» Avant de revenir sur les travers de l’ancien régime. Un même refrain, qui pousse Lesjongard à lâcher «Again he is not replying to my question», dépité, avant de rediriger le tir vers un sujet qui parle à tout le monde : le prix du dilo koko. Une question supplémentaire plus tard, le diabète et l’obésité s’invitent dans le débat. Mais le ministre du Commerce reste sur sa ligne, vague et parfois franchement à côté de la question posée. «I’m asking the question to the Minister of Commerce or the Minister of Health», finit par demander Lesjongard lui-même, un brin ironique. De l’autre côté de l’Hémicycle, Shakeel Mohamed, en renfort de son camarade de parti, ne se prive pas d’ajouter une couche : «To pa ti kone, linn dir twa.»
Sur une autre question, le ministre du Commerce tente une autre approche. «You need to listen», lance-t-il à l’opposition, sûr de son effet. Quelques minutes plus tard, c’est pourtant Sik Yuen qui demande : «Can you repeat the question?» La députée de l’opposition, Joanna Berenger, ne se fait pas prier pour renvoyer la balle : «You must listen.» L’échange arrache quelques «ouh», des «ah» et un «li defann»… Vient ensuite la question du parallel import, à laquelle le ministre répond, presque désarmant de simplicité : «People are happy outside.» De quoi faire sourire, dans le fond, l’ex-Premier ministre adjoint, Paul Berenger. Depuis qu’il a changé de banc, aucune question, ni parlementaire ni supplémentaire, n’aura été la sienne.
À 12 h 11, la PNQ s’achève sur un «T’as mal renseigné» lancé par la chief whip du gouvernement, Stéphanie Anquetil. La Prime Minister’s Question Time s’achève avec elle, laissant place aux Parliamentary Questions. Et le mal, visiblement, est contagieux : le ministre des Sports, Deven Nagalingum, semble lui aussi pris de court, à en juger par le nombre de questions supplémentaires auxquelles il aura droit avant de trouver, tant bien que mal, une réponse. Questions mal renseignées, réponses mal construites, parfois absentes : sous les yeux des futurs parlementaires du National Youth Parliament (la séance aura surtout donné une leçon sur l’art d’esquiver)…
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