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Divisional Crime Intelligence Unit du Port
Trafic de cannabis à Rs 94 millions : La chute d’un «fin limier»
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Divisional Crime Intelligence Unit du Port
Trafic de cannabis à Rs 94 millions : La chute d’un «fin limier»
Le sergent Jayesh Gungadin, affecté à la Divisional Crime Intelligence Unit (DCIU) du port, est cité dans une enquête portant sur un réseau de trafic de drogue présumé.
26 ans de service, une réputation de policier increvable en mer, et pourtant un sergent réputé infaillible se retrouve aujourd’hui au cœur d’une enquête qui pourrait bien mettre un terme à sa carrière. Retour sur les zones d’ombre entourant Jayesh Gungadin.
Le sergent Jayesh Gungadin, surnommé «Gung» par ses pairs, affecté à la Divisional Crime Intelligence Unit (DCIU) du Port Harbour, fait l’objet d’une enquête après avoir été identifié comme ayant été en contact avec Sattya Mitra Anand Gajudhur, suspect recherché dans une affaire de trafic de cannabis évaluée à plus de Rs 94 millions.
L’affaire trouve son origine dans l’interpellation, le 4 juin dernier, d’Arvind Padarath à l’aéroport de Plaisance, à son retour d’un séjour en Angleterre. Le jeune homme aurait été intercepté en possession de plusieurs kilos de cannabis dissimulés dans ses bagages, une découverte qui a permis aux enquêteurs de l’Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU) de remonter jusqu’à un réseau plus vaste, impliquant notamment Dharmadeo Vishal Chotoree et Mandish Cowlessur, tous deux également recherchés dans cette affaire avant d’être finalement arrêtés.
C’est en épluchant les échanges téléphoniques de Gajudhur que le nom du sergent Gungadin aurait émergé. L’officier aurait entretenu des contacts réguliers avec le suspect en fuite, une proximité que les enquêteurs peinent encore à qualifier. S’agissait-il d’un lien informel, né d’une passion commune pour les courses hippiques, Gajudhur étant propriétaire de deux chevaux ? Ou le policier jouait-il un rôle plus actif, allant jusqu’à transmettre des informations sensibles contre rémunération ?
Un épisode en particulier retient l’attention des enquêteurs. Alors que Gajudhur se serait montré impatient de savoir si un colis était arrivé à bon port, il aurait sollicité le sergent pour obtenir cette information. Gungadin n’aurait alors pas hésité à contacter un douanier afin de vérifier si certains passagers étaient bien arrivés, un geste qui, selon les enquêteurs, pourrait constituer la preuve d’une grave entorse à son devoir de réserve et aux exigences d’intégrité de sa fonction.
Trois policiers interrogés
Reste une question centrale : qu’aurait eu à y gagner l’officier ? Selon nos informations, Gajudhur aurait été sur le point d’empocher une somme avoisinant les Rs 80 millions et aurait promis au sergent une part de ce bénéfice. Une hypothèse qui, si elle se confirme, ferait basculer cette affaire d’une simple proximité douteuse vers une véritable complicité active.
L’enquête n’a toutefois pas épargné d’autres membres de son équipe. Trois policiers affectés à la DCIU Harbour ont également été interrogés par l’ADSU de Grand-Baie dans le cadre de cette affaire. Aucun élément incriminant n’a toutefois été retenu contre eux à ce stade, laissant le sergent Gungadin seul face aux soupçons qui pèsent sur lui.
Cette affaire contraste avec l’image que le policier s’était forgée au fil de sa carrière. Pendant de longues années, notamment lors de son passage à la Northern Division, Gungadin s’était imposé comme un homme de terrain redouté, capable de repérer et d’intercepter plusieurs cargaisons majeures de drogue en pleine mer. Son expertise en matière de renseignement maritime lui avait valu une solide réputation, y compris à une époque où son travail au sein d’unités spécialisées n’était pas toujours bien perçu par sa hiérarchie, malgré des résultats probants. Pendant 26 ans, ce fin limier de la lutte antidrogue en milieu maritime semblait insubmersible.
C’est peut-être là toute l’ironie de cette affaire : un policier réputé infaillible en mer, capable de déjouer des réseaux de trafiquants aguerris, aurait fini par trébucher non pas sur un cargo transportant plusieurs tonnes de drogue, mais sur une relation avec un simple indicateur. Une relation qui, si les soupçons se confirment, aura suffi à faire vaciller 26 années d’une carrière jusque-là sans tache.
L’enquête se poursuit. Les autorités cherchent désormais à déterminer avec précision la nature exacte des liens entre le sergent et le réseau de Gajudhur, ainsi que l’étendue de son implication présumée dans ce trafic.
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