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Conférence de presse
Paul Bérenger : «Navin Ramgoolam pena okenn kredibilite dan li mem»
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Conférence de presse
Paul Bérenger : «Navin Ramgoolam pena okenn kredibilite dan li mem»
Chetan Baboolall, Paul Bérenger et Joanna Bérenger se sont exprimés sur le «flou total» autour des réformes gouvernementales, hier à Ébène.
Le Fron Militan Progresis (FMP) a tenu une conférence de presse, hier, au Hennessy Park Hotel à Ébène, où les députés Paul Bérenger, Chetan Baboolall et Joanna Bérenger ont passé au crible le Budget 2026-2027, dénonçant un «flou total» autour des réformes économiques et sociales, en particulier celle des pensions.
Devant la presse, Paul Bérenger n’a pas mâché ses mots. Il a ouvertement mis en cause la crédibilité du gouvernement, affirmant : «Navin Ramgoolam pena okenn kredibilite dan li mem», une déclaration qui a immédiatement donné le ton d’une conférence de presse particulièrement offensive. Le leader du FMP a estimé que le pays traverse une période de confusion généralisée, notamment sur les mesures budgétaires et la réforme des pensions, avec un report de l’âge de 60 à 65 ans sans explications claires à la population.
Selon Paul Bérenger, la réforme des pensions illustre un manque de cohérence dans la gouvernance actuelle. Il a dénoncé une absence de communication claire entre les institutions, évoquant des décisions prises sans coordination suffisante entre le Conseil des ministres et les comités interministériels. «Il y a un flou total sur la réforme des pensions», a-t-il insisté, ajoutant que personne ne sait réellement ce qui attend les citoyens à partir de 60 ans.
Le député a également évoqué la gestion économique globale du pays, estimant que le Budget 2026- 2027 représente «une double occasion manquée» : celle de maîtriser l’inflation et celle de relancer la croissance. Selon les estimations évoquées lors des échanges, l’inflation reste proche de 5,8 % en rythme annuel, tandis que la croissance projetée ne dépasserait pas 3,2 %, des chiffres jugés insuffisants face aux défis sociaux.
Critiques et inquiétudes
Le leader du FMP a également ciblé le fonctionnement des institutions, notamment les comités d’experts et la gestion des rapports techniques. Il a dénoncé l’absence de rap- port final, voire intermédiaire, dans certains dossiers sensibles, estimant que cela fragilise la prise de décision. «Comment peut-on prendre des décisions sans rapport final des experts ?», a-t-il interrogé, qualifiant cette situation de «marque d’incompétence administrative».
Il a aussi critiqué la communication gouvernemen- tale, affirmant que les réponses du Premier ministre seraient «marquées par l’arrogance», notamment lorsqu’il rejette toute idée de confusion autour de la réforme des pensions.
Paul Bérenger a aussi élargi son intervention au secteur de l’électricité, estimant que l’absence de stratégie claire pourrait créer des risques à long terme. Il a mis en garde contre une gestion «sans vision», dans un contexte international instable marqué par les fluctuations des prix de l’énergie et les tensions économiques mondiales.
De son côté, Joanna Bérenger a axé son intervention sur la nécessité de transparence dans les dépenses publiques. Elle a critiqué certaines dépenses de l’État, notamment des coûts estimés à environ Rs 27 millions pour la location de véhicules lors d’un sommet international, ainsi que des dépenses additionnelles liées à la climatisation du bureau du Premier ministre, évaluées à près de Rs 20 millions.
«On ne peut pas demander des sacrifices à la population sans montrer l’exemple», a-t-elle déclaré, appelant les dirigeants à davantage de sobriété dans la gestion des fonds publics. Elle a également indiqué avoir renoncé à certains privilèges liés à sa fonction, estimant que la solidarité nationale doit d’abord être incarnée par les responsables politiques.
La conférence de presse s’est conclue sur une tonalité particulièrement combative. Paul Bérenger a réaffirmé que le parti poursuivra une série de conférences thématiques sur les travailleurs, l’économie et les décisions du Conseil des ministres. Il a également annoncé une prochaine offensive politique visant à présenter ce qu’il qualifie d’«alternative nationale crédible».
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