Publicité

Questions à...

Diane Maigrot : «Un champ immense de possibilités s’ouvre aujourd’hui à nos entrepreneurs»

1 juillet 2026, 19:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Diane Maigrot : «Un champ immense de possibilités s’ouvre aujourd’hui à nos entrepreneurs»

Diane Maigrot, ex-DG de La Turbine.

Après huit années à la tête de La Turbine, incubateur et accélérateur de start-up, Diane Maigrot tourne une page importante de sa carrière. À compter du 1er juillet, elle quitte ses fonctions de directrice générale mais siègera au conseil d’administration, où elle poursuivra son engagement en faveur de l’innovation et de l’entrepreneuriat. Son avis, dans le sillage du Budget 2026-2027, qui place l’intelligence artificielle au rang des priorités nationales et annonce une future «Start-Up Act» destiné à mieux structurer l’accompagnement des jeunes entreprises, est d’autant plus intéressant.

Le Budget 2026-2027 accorde une place importante à l’innovation, à l’intelligence artificielle et annonce une future «Start-Up Act». Quel signal ces mesures envoient-elles à l’écosystème entrepreneurial mauricien ?

C’est un signal extrêmement encourageant pour l’ensemble de l’écosystème. Pour la première fois, nous observons une approche qui dépasse la seule question du financement et qui vise à structurer durablement l’environnement dans lequel évoluent les start-up. L’annonce d’une Start-Up Act, la mise en place d’un Start-Up Council, la création d’un hub dédié, l’adaptation du cadre réglementaire aux réalités des jeunes entreprises, les investissements dans l’intelligence artificielle ainsi que le congé fiscal de dix ans témoignent d’une volonté claire de faire de l’innovation un véritable levier de croissance économique. Naturellement, la réussite de ces mesures dépendra de leur mise en œuvre. L’écosystème a déjà connu des initiatives prometteuses dont la concrétisation a parfois pris du temps. Il sera donc essentiel que ces dispositifs soient déployés rapidement, avec des procédures simples, accessibles et réellement adaptées aux besoins des entrepreneurs.

L’intelligence artificielle transforme déjà les modèles économiques à travers le monde. Comment cette révolution peut-elle accélérer le développement des start-up mauriciennes et renforcer la compétitivité du pays ?

Les start-up doivent occuper une place centrale dans la transformation de notre économie, car aucune économie ne peut progresser durablement sans création d’entreprises. L’intelligence artificielle ouvre aujourd’hui un champ immense de possibilités. Une nouvelle génération d’entrepreneurs grandit avec ces technologies et développera des solutions auxquelles nous ne pensons pas encore. Maurice dispose déjà d’atouts solides : une stabilité institutionnelle reconnue, une position stratégique entre l’Afrique et l’Asie, une excellente connectivité internationale, un environnement des affaires favorable et une population de plus en plus réceptive à l’innovation.

Les investissements annoncés dans l’intelligence artificielle viennent renforcer ces avantages compétitifs et créent un contexte propice au développement de solutions capables de s’exporter bien au-delà du marché mauricien.

Au-delà des annonces budgétaires, quelles sont, selon vous, les conditions essentielles pour permettre aux start-up mauriciennes de grandir, d’innover et de rayonner à l’échelle régionale et internationale ?

Nous devons poursuivre les efforts pour ancrer une véritable culture entrepreneuriale, encourager davantage l’innovation, faciliter l’accès aux financements et renforcer notre capacité à attirer les talents ainsi que les investisseurs internationaux. L’enjeu n’est pas uniquement de créer davantage d’entreprises, mais surtout de faire émerger des start-up capables de franchir les frontières et de se développer à l’échelle régionale et mondiale. La Turbine continuera d’ailleurs à jouer un rôle déterminant dans cette dynamique. Au-delà de l’accompagnement des entrepreneurs, sa mission consiste également à créer des passerelles entre les entreprises, les investisseurs, les pouvoirs publics, les experts et l’ensemble des acteurs de l’écosystème. Depuis sa création, La Turbine a démontré que Maurice regorge d’entrepreneurs talentueux capables de développer des solutions innovantes répondant à des défis économiques, sociaux et environnementaux.

Vous quittez aujourd’hui la direction opérationnelle de La Turbine après huit années à sa tête, tout en restant engagée au sein de son conseil d’administration. Quel regard portezvous sur le chemin parcouru et quel est votre plus grand souhait pour l’avenir de l’écosystème de l’innovation et de l’entrepreneuriat à Maurice ?

Je quitte mes fonctions avec beaucoup de sérénité et de confiance, car je suis fière du chemin parcouru. Au cours de ces huit années, nous avons contribué à faire émerger une nouvelle génération d’entrepreneurs et à renforcer progressivement l’écosystème de l’innovation à Maurice. Les progrès accomplis montrent que le potentiel est bien réel. Mon plus grand souhait est que cette dynamique se poursuive. Le Budget 2026-2027 ouvre des perspectives particulièrement prometteuses pour les start-up et pour le développement de l’intelligence artificielle. Il nous appartient désormais de transformer ces annonces en réalisations concrètes afin de faire de Maurice un pays où les entrepreneurs trouvent les conditions, l’accompagnement et la confiance nécessaires pour bâtir des entreprises innovantes à fort potentiel et à vocation internationale.

Publicité