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Budget 2026-2027

Les concessionnaires déplorent l’absence d’incitations pour les véhicules verts

22 juin 2026, 17:00

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Les concessionnaires déplorent l’absence d’incitations pour les véhicules verts

La «Motor Vehicle Dealers Association» regrette que ses propositions visant à réduire le coût des véhicules hybrides et électriques n’aient pas été retenues dans le Budget 2026-2027.

L’attente était grande autour du Budget 2026-2027. De nombreux Mauriciens espéraient des mesures visant à réduire les droits de douane sur les véhicules hybrides et électriques, afin de les rendre plus accessibles. Mais les annonces budgétaires n’ont pas répondu à ces attentes, suscitant incompréhension et mécontentement dans le secteur automobile.

Les professionnels de l’industrie estiment que les mesures introduites dans le Budget 2025-2026 continuent de freiner le renouvellement du parc automobile national. Depuis le 6 juin 2025, les droits d’accise sur les véhicules hybrides et électriques ont été réintroduits. Dans le même temps, ceux appliqués aux véhicules thermiques ont été revus à la hausse, avec des taux variant entre 45 % et 100 %.

Le gouvernement justifie cette politique par la nécessité de répondre à plusieurs défis, notamment l’augmentation constante du nombre de véhicules sur les routes. Cette croissance dépasse la capacité d’expansion du réseau routier et contribue à une congestion de plus en plus importante, avec ses conséquences économiques et environnementales.

Pour Mrinal Teelock, secrétaire général de la Motor Vehicle Dealers Association (MVDA), les véhicules verts ne figurent clairement pas parmi les priorités du gouvernement. Pourtant, rappelle-t-il, Maurice importe chaque année près de Rs 90 milliards de carburant. «Les moteurs thermiques ont une efficacité d’environ 30 % seulement. Cela signifie que près de 70 % de l’énergie est perdue, soit l’équivalent de Rs 63 milliards», souligne-t-il.

Selon lui, l’arrivée sur le marché de véhicules hybrides et électriques plus abordables aurait dû s’accompagner de mesures d’encouragement. «Aujourd’hui, des solutions existent et sont accessibles à un plus grand nombre de Mauriciens. Il aurait été logique de favoriser leur adoption», estime-t-il.

Le secrétaire général de la MVDA attire également l’attention sur le vieillissement du parc automobile mauricien. Plus de 38 % des véhicules en circulation ont plus de 15 ans. L’association avait ainsi proposé un programme de renouvellement de la flotte, incluant une compensation financière pour les propriétaires de véhicules anciens, afin de faciliter l’accès à des modèles plus récents et moins polluants.

«Sans incitations de la part des autorités, la transition énergétique restera marginale», prévient-il. Il rappelle par ailleurs que plus de 60 000 véhicules hybrides et électriques circulent déjà sur les routes mauriciennes, signe d’une adoption déjà amorcée par les consommateurs.

Lors des consultations pré-budgétaires en vue du Budget 2026-2027, la MVDA avait soumis plusieurs propositions visant à soutenir à la fois les consommateurs et les finances publiques. Parmi elles figuraient une réduction des droits de douane sur les véhicules verts, ainsi que la mise en place d’un mécanisme de subvention destiné aux propriétaires de véhicules de plus de 20 ans pour encourager le renouvellement du parc.

Dans l’édition de l’express publiée le 7 juin, Andrew Liu Man Hin, président de la MVDA, avait déjà tiré la sonnette d’alarme sur la situation du marché. Selon lui, entre novembre 2025 et mars 2026, les ventes de voitures particulières neuves ont chuté de 46 % par rapport à la même période de l’année précédente. Les ventes de véhicules hybrides neufs ont, quant à elles, enregistré une baisse encore plus marquée de 59 %.

Pour le président de la MVDA, ces chiffres montrent l’impact des mesures fiscales introduites l’an dernier sur la transition énergétique du parc automobile local. Maurice était considérée comme un modèle en Afrique et dans l’océan Indien en matière d’adoption des véhicules hybrides et électriques. Les mesures mises en place en 2025 ont affaibli cette position et réduit la crédibilité du pays auprès des constructeurs automobiles.

Il estime également que la fiscalité automobile actuelle figure parmi les plus élevées du continent africain, limitant ainsi l’accès des Mauriciens aux nouvelles technologies automobiles.

«Si aucune mesure concrète n’est prise rapidement, le parc automobile mauricien continuera de vieillir. Cela aura des conséquences non seulement sur l’environnement, mais également sur la sécurité des usagers de la route», conclut-il.

Zaid Ameer Zaid Ameer, président de la «Dealers in Imported Vehicles Association».

De son côté, Zaid Ameer, président de la Dealers in Imported Vehicles Association (DIVA), explique que le marché est actuellement pris en étau entre deux forces. D’une part, la hausse des coûts et des droits d’importation a freiné la demande, notamment pour les véhicules hybrides et électriques, autrefois soutenus par des avantages fiscaux. D’autre part, l’incertitude persistante concernant l’approvisionne- ment en carburant, alimentée par les tensions en Iran et dans le détroit d’Ormuz, rend les coûts d’exploitation moins prévisibles.

«Le gouvernement ne semble pas comprendre qu’un véhicule est aussi un outil de production. On prévoyait une baisse de la taxation sur les véhicules hybrides jusqu’à 1 790 cc, mais nos recommandations n’ont pas été prises en compte. Les hybrides sont 50 à 60 % plus économes en carburant que les véhicules 100 % essence, tandis que les électriques exercent une pression supplémentaire sur le réseau électrique du pays.»

Il déplore également les récentes hausses de taxes et d’enregistrement sur les véhicules importés, ainsi que l’introduction de nouveaux frais sur les plaques personnalisées.

Selon lui, les réalités économiques et sociales ont évolué. «Aujourd’hui, les jeunes travaillent dans les secteurs financiers, les services ou les technologies. Beaucoup dépendent d’un véhicule pour se déplacer, notamment vers les zones d’activités comme Ébène, où les transports publics sont limités en soirée.»

Il avertit que le maintien de prix élevés pourrait pousser certains jeunes à s’endetter fortement pour acheter une voiture, tandis que d’autres pourraient envisager de quitter le pays faute d’opportunités.

Shaan Surnam Shaan Surnam, directeur d’Express Auto.

Par ailleurs, Shaan Surnam, directeur d’Express Auto à Phoenix, décrit les effets en chaîne des politiques fiscales sur le marché. «Les concessionnaires ont réduit leurs commandes de véhicules hybrides et électriques après la suppression des incitations fiscales. Nous espérions un soulagement dans ce budget, car notre chiffre d’af- faires a déjà chuté d’au moins 50 % depuis l’année dernière», explique-t-il.

Il ajoute que les clients s’attendaient à une baisse des taxes sur les hybrides de 1 600 cc, actuellement taxés à 35 %. «En juin, les ventes ont quasiment stagné, car les consommateurs attendaient une baisse des prix.»

Selon lui, les cinq dernières années avaient montré un essor important des véhicules hybrides et électriques grâce aux incitations fiscales. «Les hybrides permettent de réduire la consommation de carburant d’environ 50 %. Cela avait contribué à alléger la facture énergétique des ménages et à moderniser le parc automobile.»

Il conclut que le rétablissement d’incitations aurait permis de soutenir la transition énergétique et de réduire la dépendance du pays aux carburants importés.


Mesures fiscales sur l’automobile entrées en vigueur le 6 juin 2025

⚫ Réintroduction des droits d’accise sur les véhicules hybrides et électriques, mettant fin aux exemptions précédentes.

⚫ Augmentation des droits d’accise et de douane sur les véhicules conventionnels, désormais compris entre 45 % et 100 %.

⚫ Augmentation de 30 % des droits d’immatriculation lors de la première immatriculation de tous les véhicules à Maurice.

L’objectif était de freiner la forte hausse des importations de véhicules, qui exerce une pression considérable sur le réseau routier et les réserves de change.

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