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Impact du conflit au Moyen-Orient
«MCB Research» révise la croissance à 2,9 % en 2026
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Impact du conflit au Moyen-Orient
«MCB Research» révise la croissance à 2,9 % en 2026
À une semaine de la présentation du Budget 2026-2027, l’étude de MCB Research sur les perspectives macroéconomiques de Maurice pour 2026 revêt toute son importance. Publiée le 10 juin, l’Indian Ocean Economic Outlook, nouvelle publication du groupe bancaire, dresse aussi le profil économique de Madagascar, des Seychelles et des Maldives, souligne qu’après une croissance de 3,2 % en 2025, l’économie mauricienne a été révisée à la baisse à environ 2,9 %, en raison de chocs externes liés principalement au conflit au Moyen-Orient.
Selon cette publication, ces chocs se transmettent à travers trois canaux principaux : la hausse des prix du pétrole et des coûts logistiques, la perturbation du commerce international et du trafic aérien, ainsi que l’affaiblissement de la demande extérieure. Le ralentissement est particulièrement visible dans les secteurs exposés à l’international. Le tourisme, après une année record en 2025, continue de faire preuve de résilience mais connaît une normalisation. La hausse des prix des billets d’avion, les incertitudes sanitaires et les perturbations de la connectivité limitent la dynamique, malgré de nouvelles liaisons aériennes qui atténuent partiellement le choc.
Le commerce de gros et de détail subit la pression de l’inflation importée et du ralentissement de la consommation discrétionnaire. Le secteur manufacturier, notamment le secteur textile, reste sous pression en raison de la faiblesse de la demande mondiale et de la perte de compétitivité due à la hausse des coûts.
Services financiers : moteur de croissance
À l’inverse, le secteur des services financiers demeure le principal moteur de croissance, soutenu par la solidité du système bancaire, la diversification internationale et la position de Maurice en tant que centre financier régional. La construction reste dynamique grâce aux projets d’infrastructures, de logements et d’énergies renouvelables, bien que freinée par la hausse des coûts et par une prudence accrue des investisseurs. Du côté de la demande, le taux d’investissement reste stable autour de 19,7 % du Produit intérieur brut (PIB), mais demeure insuffisant pour transformer le potentiel de croissance à long terme. L’épargne domestique demeure limitée (environ 17 % du PIB), ce qui maintient une dépendance aux financements externes. La consommation ralentit sous l’effet de la perte de pouvoir d’achat, tandis que les exportations nettes continuent de peser sur la croissance. Sur le plan macroéconomique, l’inflation s’oriente à la hausse, atteignant 4,2 % en mai 2026 et étant projetée autour de 5,7 % fin 2026, principalement sous l’effet des prix importés (énergie, transport, matières premières). La Banque de Maurice a réagi en relevant son taux directeur à 4,75 % afin de contenir les anticipations inflationnistes.
Par ailleurs, l’équipe de MCB Research note que, malgré des efforts de consolidation, le déficit reste élevé à environ 6,3 % du PIB, tandis que la dette publique dépasse 80 % du PIB. Les déséquilibres externes persistent également, avec un déficit du compte courant estimé à 6,9 % du PIB et une pression continue sur le marché des changes, malgré des réserves internationales jugées confortables.
Économies de l’océan Indien
L’étude constate, d’autre part, que les économies de l’océan Indien cherchent à renforcer leur résilience et à soutenir une croissance durable. Cela passe notamment par la diversification économique, l’accélération de la transition énergétique, ainsi que par une meilleure connectivité maritime, aérienne et digitale. L’essor des investissements internationaux offre également des opportunités d’attirer des capitaux.
Ainsi, selon l’Indian Ocean Economic Outlook, Madagascar fait face à des pressions combinées liées aux chocs climatiques, aux coûts d’importation et aux tensions externes, avec une croissance attendue autour de 3,5% en 2026, en deçà des attentes pré-conflit. Le rapport met toutefois en avant le potentiel du secteur minier, notamment grâce à l’évolution du cadre réglementaire et à l’intérêt croissant pour les minerais stratégiques.
Après une performance solide en 2025, la croissance aux Seychelles devrait, de son côté, ralentir à environ 1,3% en 2026, sous l’effet de la baisse des arrivées touristiques et des perturbations du transport aérien. Des efforts sont engagés pour renforcer la résilience économique,notamment par la digitalisation et la transition énergétique. Quant aux Maldives, la croissance devrait également fortement ralentir, autour de 2,5 % en 2026, dans un contexte de performances mitigées des flux touristiques et de hausse des coûts d’importation. L’étude souligne des fragilités macroéconomiques persistantes, notamment en matière de finances publiques et de balance extérieure.
Le rapport consacre une attention particulière aux risques climatiques, qui constituent une contrainte structurelle majeure pour les économies insulaires et entraînent des coûts d’adaptation élevés. Parallèlement, cette transition ouvre des opportunités significatives en matière d’investissements durables et de financement de la résilience.
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