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Trafic de drogues de synthèse
Les colis suspects de Kovilen Murday, ex-inspecteur de l’ADSU, et Steven Moothoocurpen
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Trafic de drogues de synthèse
Les colis suspects de Kovilen Murday, ex-inspecteur de l’ADSU, et Steven Moothoocurpen
■ Kovilen Murday devant le tribunal de Moka, hier.
L’enquête de la Financial Crimes Commission (FCC) sur un trafic de drogues de synthèse présumé prend une tournure particulièrement embarrassante pour des officiers de police. L’examen des téléphones portables saisis chez Steven Moothoocurpen aurait permis aux enquêteurs de découvrir des échanges indiquant un mécanisme bien rodé entre ce dernier et l’ex-membre de l’Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU) Kovilen Sangaran Pillay Murday pour sécuriser l’arrivée de colis suspects dans l’île.
Mardi, Kovilen Murday, auparavant affecté à l’ADSU de Saint-Pierre et aujourd’hui suspendu de la force policière, a été arrêté sous une accusation provisoire de complot. Après sa comparution au tribunal de Moka hier matin, il a été reconduit en cellule policière jusqu’à mercredi prochain, la FCC ayant objecté à sa demande de liberté conditionnelle.
Selon nos informations, Steven Moothoocurpen recevait les numéros de suivi des colis expédiés depuis l’étranger. Ces tracking numbers, essentiels pour localiser avec précision le parcours d’un envoi postal, auraient ensuite été transmis à Kovilen Murday, un ancien inspecteur de police, affecté autrefois à l’ADSU. Les enquêteurs soupçonnent Moothoocurpen d’avoir servi d’intermédiaire en communiquant ces renseignements.
L’objectif présumé était simple : permettre d’identifier les colis dès leur arrivée à Maurice et faciliter leur récupération, sans éveiller les soupçons. Les autorités estiment que ce dispositif aurait été utilisé dans un projet d’importation d’environ 11 kilos de drogues de synthèse dont la valeur marchande est évaluée à Rs 200 millions.
Ces révélations découlent principalement de l’analyse des données numériques saisies lors de l’arrestation de Steven Moothoocurpen dans une enquête distincte pour blanchiment d’argent. Les appareils électroniques examinés par les spécialistes de la FCC auraient livré des échanges détaillés, permettant aux enquêteurs de reconstituer les liens entre plusieurs protagonistes.
Déjà en août 2025, Kovilen Murday figurait parmi les suspects arrêtés lors d’une vaste opération contre le blanchiment d’argent. À son domicile de Saint-Julien-d’Hotman, les enquêteurs avaient découvert Rs 1,4 million en espèces ainsi qu’un véhicule de type Ford Raptor.
Aujourd’hui, la FCC cherche à déterminer si les échanges contenus dans les téléphones de Steven Moothoocurpen ne représentent qu’une partie d’un système plus vaste impliquant des complicités au sein même des structures chargées de lutter contre le trafic de stupéfiants.
Derrière la froide succession de numéros de suivi et d’instructions échangées, la FCC croit discerner les contours d’un mécanisme où des informations censées rester anodines auraient servi de passerelle entre les expéditeurs de colis suspects et ceux chargés de les intercepter. D’autres arrestations seraient à prévoir dans cette affaire.
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