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Privatisation des casinos
La CEU exige des réponses du Premier ministre et une consultation immédiate
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Privatisation des casinos
La CEU exige des réponses du Premier ministre et une consultation immédiate
Les membres de la CEU et leurs négociateurs ont déposé une nouvelle lettre au PMO ce mercredi afin de réclamer une rencontre urgente avec Navin Ramgoolam. (Photo : © Vashish Sookrah)
La Casino Employees Union (CEU) poursuit sa mobilisation contre le projet de privatisation des casinos. Ce mercredi 10 juin, le syndicat a déposé une nouvelle lettre au Prime Minister’s Office (PMO), adressée au Premier ministre et ministre des Finances, Navin Ramgoolam, afin d’exprimer son opposition à cette démarche et de réclamer une rencontre urgente avec le chef du gouvernement.
Dans sa correspondance, la CEU affirme que l’annonce faite au Parlement concernant l’engagement d’un processus de privatisation a été effectuée sans consultation préalable des représentants des travailleurs. Pour le syndicat, cette décision constitue une entorse aux pratiques établies en matière de relations industrielles, alors qu’elle pourrait avoir des conséquences importantes sur les conditions d’emploi des salariés du secteur.
Le syndicat estime également que certains aspects de la situation présentée au Parlement ne reflètent pas la réalité du terrain. Selon lui, l’avenir de l’industrie des casinos et de centaines d’employés ne peut être décidé sans un débat transparent ni sans la participation des principaux concernés. La CEU réitère surtout sa position exprimée lors de sa conférence de presse du 13 mai : la crise que traverse l’industrie n’est pas la conséquence du travail des employés, mais plutôt le résultat d’années de mauvaise gestion, de problèmes de gouvernance et d’ingérences ayant fragilisé le secteur.
«Les travailleurs ont continué à accomplir leur travail avec loyauté et professionnalisme malgré le manque d’investissements, des équipements vieillissants et des décisions qui ont affaibli l’industrie», souligne le syndicat. Aujourd’hui, ces mêmes employés se retrouvent confrontés à un avenir incertain alors qu’ils ne sont pas responsables de la situation actuelle.
Pour la CEU, la privatisation ne constitue pas la réponse à ce qu’elle qualifie de crise de gouvernance. Le syndicat réclame au préalable un examen approfondi de la gestion du secteur afin d’identifier les causes réelles de son déclin et les responsabilités éventuelles.
Le président de la CEU, Jayen Moorghen, déplore par ailleurs le manque de communication entre la State Investment Corporation et les représentants des travailleurs. Selon lui, lors de leur dernière rencontre avec le Managing Director, le syndicat a eu le sentiment d’être tenu à l’écart des discussions concernant l’avenir des casinos. Il s’interroge également sur certaines décisions prises alors que les établissements connaissent des difficultés financières. «On nous explique que les casinos sont en difficulté, mais dans le même temps, des promotions sont accordées alors que plusieurs travailleurs attendent toujours ce qui leur est dû», affirme-t-il. Il estime également que le Premier ministre aurait été induit en erreur sur certains aspects du dossier.
De son côté, le négociateur de la CEU, Sharvin Sunassee, rappelle qu’il s’agit de la deuxième lettre adressée au ministre des Finances depuis les déclarations faites au Parlement. «Nous ne sommes pas d’accord avec la privatisation. Avant de parler d’un changement de propriétaire, il faut comprendre ce qui a conduit les casinos dans cette situation et corriger les problèmes existants», soutient-il. Sharvin Sunassee regrette également l’absence de réponse des autorités malgré les propositions formulées par le syndicat pour redresser le secteur. Selon lui, cette situation démontre un manque de considération envers les travailleurs dont les conditions de service pourraient être affectées.
La CEU insiste également sur la nécessité d’un dialogue tripartite réunissant le gouvernement, les employeurs et les représentants syndicaux, conformément aux principes du Bureau international du travail. À ce jour, affirme le syndicat, aucune communication officielle n’a été engagée dans ce sens.
Pour le négociateur syndical Ashvin Gudday, il est inacceptable que les travailleurs paient le prix d’années de mauvaise gestion. La CEU rappelle que plus de 500 familles pourraient être touchées par les conséquences d’une éventuelle privatisation. Derrière ces chiffres se trouvent des emplois, des engagements financiers et l’avenir de nombreuses familles.
En attendant une réponse du gouvernement, le syndicat maintient sa demande de rencontre avec le Premier ministre. Il affirme rester déterminé à défendre les intérêts des employés tout en plaidant pour une réforme fondée sur une meilleure gouvernance et davantage de transparence plutôt que sur une simple privatisation du secteur.
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