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Accident mortel à Notre-Dame

Shanawaz Oozeerkhan reconnu coupable, neuf ans après le drame

2 juin 2026, 17:30

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Shanawaz Oozeerkhan reconnu coupable, neuf ans après le drame

Deux touristes britanniques avaient perdu la vie lors de ce drame survenu sur l’autoroute M3 en 2017.

Près de neuf ans après le tragique accident qui avait coûté la vie à deux touristes britanniques sur l’autoroute M3, à hauteur de Notre-Dame, la justice a finalement rendu son verdict. Dans un jugement prononcé le 28 mai dernier, la Cour intermédiaire a reconnu Shanawaz Oozeerkhan coupable d’homicide involontaire par imprudence, estimant que le chauffeur de taxi n’avait pas adopté le comportement qu’aurait eu un conducteur raisonnable et prudent dans les mêmes circonstances.

Les faits remontent au 1er mai 2017. George Hugh Vaughan et son épouse, Elizabeth Marie Vaughan, deux ressortissants britanniques venus passer des vacances à Maurice, se trouvaient à bord du taxi conduit par Shanawaz Oozeerkhan lorsque l’accident s’est produit à Notre-Dame. Peu avant 14 heures, alors que de fortes pluies s’abattaient sur la région, le véhicule a quitté sa trajectoire avant de percuter les glissières de sécurité du terre-plein central. Le vehicule a ensuite terminé sa course sur le toit. Malgré l’intervention rapide des secours et de plusieurs volontaires, les deux touristes ont succombé à leurs multiples blessures.

Tout au long de l’enquête et du procès, Shanawaz Oozeerkhan a soutenu n’avoir commis aucune faute. Selon sa version des faits, il circulait à une vitesse comprise entre 60 et 70 km/h lorsqu’il a perdu le contrôle de son véhicule en raison d’un phénomène d’aquaplaning provoqué par l’importante quantité d’eau présente sur la chaussée. Il a expliqué que son véhicule ne répondait plus à ses manœuvres avant de déraper vers la voie rapide puis de heurter les barrières de sécurité.

La poursuite a toutefois présenté une tout autre lecture des événements. Les témoignages entendus en cour ont confirmé que les conditions météorologiques étaient particulièrement difficiles ce jour-là. Un représentant de la station météorologique de Maurice a indiqué que plus de 100 millimètres de pluie avaient été enregistrés dans la région de Notre-Dame au cours de la journée, soit un niveau de précipitations proche de celui d’une pluie torrentielle et susceptible de réduire considérablement la visibilité des automobilistes.

Le principal enquêteur de police ainsi qu’un ancien examinateur de véhicules ont estimé que l’ampleur des dégâts observés ne correspondait pas à celle d’un véhicule circulant à la vitesse avancée par l’accusé. Selon eux, les éléments matériels démontraient que le taxi roulait beaucoup plus vite au moment de l’accident.

Le tribunal a également entendu un ingénieur de la Road Development Authority, qui a expliqué que la configuration de la route était conçue pour favoriser l’évacuation des eaux de pluie et limiter les accumulations d’eau. S’il a reconnu que l’aquaplaning pouvait survenir dans certaines conditions, il a précisé que la vitesse du véhicule constituait un facteur déterminant dans l’apparition de ce phénomène.

Dans son jugement, le magistrat Prithiviraj Balluck relève plusieurs incohérences dans les déclarations de Shanawaz Oozeerkhan. Certaines affirmations faites durant son témoignage, notamment concernant l’importante accumulation d’eau sur la chaussée, n’avaient pas été mentionnées dans ses premières déclarations à la police, peu après le drame. Le tribunal note également des contradictions concernant la vitesse du véhicule, la localisation exacte de l’eau sur la route et les circonstances précises de la perte de contrôle.

Le magistrat s’est aussi appuyé sur les preuves matérielles recueillies au cours de l’enquête. Le véhicule a subi des dommages considérables, plus de 34 mètres de glissières de sécurité ont été arrachés sous la violence de l’impact et le taxi a terminé sa course complètement retourné. Pour la cour, ces éléments démontrent que l’accident s’est produit à une vitesse largement supérieure à celle avancée par l’accusé.

Tout en reconnaissant que les conditions météorologiques étaient particulièrement mauvaises, le tribunal a estimé qu’un conducteur prudent aurait adapté sa conduite à la situation. Selon le jugement, la pluie torrentielle, la visibilité réduite, la chaussée mouillée ainsi que la présence d’une pente descendante exigeaient une vigilance accrue et une vitesse nettement plus modérée. Le magistrat considère que Shanawaz Oozeerkhan roulait à une vitesse excessive compte tenu des circonstances et qu’il a ainsi perdu le contrôle de son véhicule, provoquant l’accident qui a coûté la vie aux deux touristes britanniques.

Au terme de son analyse, la cour conclut que la poursuite a établi sa cause au-delà de tout doute raisonnable et que l’imprudence du chauffeur constitue la cause directe du décès de George Hugh Vaughan et d’Elizabeth Marie Vaughan. Shanawaz Oozeerkhan a donc été déclaré coupable de l’accusation portée contre lui.

La procédure judiciaire n’est toutefois pas encore terminée. Si le verdict de culpabilité a désormais été rendu, la peine qui sera infligée à Shanawaz Oozeerkhan n’a pas encore été déterminée. L’affaire reviendra devant la cour à une date ultérieure pour les plaidoiries sur la sentence, avant que le tribunal ne statue sur la sanction qui sera imposée au chauffeur de taxi.

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