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Journée mondiale sans tabac

Arrêt du tabac : La psychologie en renfort

30 mai 2026, 21:00

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Arrêt du tabac : La psychologie en renfort

Il existe trois types de dépendance à la nicotine : physique, psychologique et comportementale. Pour arrêter de fumer, il convient donc d’attaquer l’addiction avec des solutions ciblées. La psychologie est l’un des piliers fondamentaux du sevrage tabagique. Le Dr Siddick Maudarbocus, addictologue et directeur du centre de traitement Les Mariannes Wellness Centre, nous en parle.

La dépendance à la nicotine est un phénomène physiologique, qui se développe progressivement en addiction. A cela, s’ajoute le comportement psychologique et les habitudes (cigarette-café, cigarette-tv, cigarette-relaxation), qui deviennent une manie, un véritable mode de vie. «Parce que le tabac est associé à différentes situations émotionnelles et comportementales, le matin au réveil jusqu’au coucher, le fumeur est accroché à sa dose de nicotine et aux habitudes qui vont avec,» précise le Dr Siddick Maudarbocus. Il convient donc d’aller à la source et de déconstruire les automatismes. D’où l’importance d’un accompagnement psychologique.

«Si quelqu’un a une addiction au tabac et qu’il se sent irritable, mal dans sa peau à chaque fois qu’il essaye de baisser les doses, il est important qu’il voit un psychologue ou un tabacologue, qui pourra lui expliquer la dépendance physiologique et psychologique,» souligne le Dr Maudarbocus. Et d’expliquer, que très souvent, il y a une charge émotionnelle liée à la cigarette qui concerne notamment les raisons de la toute première cigarette. Y avait-il un manque affectif à ce moment-là ? Un trauma émotionnel ? Un grand bouleversement ? «Avec la psychologie, on peut retourner en arrière pour neutraliser ou diluer cette charge émotionnelle. Cela marque le début du contrôle sur son addiction et surtout le début de la fin de son addiction,» précise l’addictologue.

Les Thérapies Cognitivo-Comportementales

C’est ce qu’on appelle TCC, une méthode validée scientifiquement et qui peut augmenter de plus de la moitié les chances d’arrêter de fumer. Les Thérapies Cognitivo-Comportementales sont basées sur l’identification des déclencheurs, ces situations (stress, ennui, relaxation…) qui font qu’une personne recherche la cigarette. En identifiant ces déclencheurs, les pensées peuvent être modifiées et de nouvelles habitudes peuvent remplacer le geste reflexe.

La restructuration cognitive est aussi l’une de techniques des TCC. Il s’agit de remplacer ce qu’on a bâti dans notre cerveau comme pensées automatiques ou fausses croyances, par des interprétations plus adaptées à la réalité. En TCC, il y a aussi des stratégies comportementales qui permettent de mieux gérer les réactions impulsives.

Pour le Dr Maudarbocus, ce qui est crucial dans la psychologie de l’addiction, c’est d’amener la personne concernée dans un état d’équilibre. «Il faut un certain équilibre dans l’hygiène de vie, c’est la base. A partir de là, on peut travailler sur les aspects psychologiques dominants.» Bien sûr, chaque personne est différente et il faut adapter l’accompagnement selon sa personnalité, ses habitudes et sa volonté. Certes, des rechutes, il peut y avoir. Le plus important est de veiller à ce qu’elles ne durent jamais longtemps.

Attention !

Certains se tournent vers les substituts nicotiniques lors du sevrage tabagique. Or, il ne s’agit pas d’oublier que ces derniers contiennent de la nicotine. «On est en train de remplacer l’addiction, la fumée, par une autre voie d’addiction, pour avoir le même effet sur les cellules du cerveau et qui va déclencher le même neurotransmetteur,» souligne le Dr Siddick Maudarbocus. Le plus important est de faire en sorte de diminuer les doses de façon à arriver à zéro dans le futur.


Le saviez-vous ?

Dans le cerveau, il y a une mémoire neuronale qui concerne toutes les addictions basées sur les substances. Techniquement, quelqu’un qui ne fume plus depuis des années, n’est pas un non-fumeur, mais un ex-fumeur. Aussitôt exposé à la nicotine, tous ses neurones, récepteurs nicotiniques, etc., peuvent être réactivés et il peut redevenir fumeur. D’où le risque de rechute même après des années d’abstinence.

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