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Meurtre à Calodyne
Zéro drogue dans le corps de Gino Bodha
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Meurtre à Calodyne
Zéro drogue dans le corps de Gino Bodha
Le résultat était attendu. Il est tombé et change tout – ou presque. Le rapport du Forensic Science Laboratory (FSL) concernant Gino Bodha (photo), habitant de Calodyne retrouvé mort le 15 mai et dont le corps avait été jeté au fond d’un ravin à La Nicolière, est sans ambiguïté : aucune substance illicite n’a été détectée, ni dans le sang ni dans les urines de la victime. En revanche, des blessures à la tête ont été relevées.
Ce résultat vient contredire directement la version initialement avancée par l’un des deux suspects, Maël Rose, 21 ans, domicilié à Grand-Gaube. Lors de son interrogatoire mené par la Criminal Investigation Division de Grand-Gaube, ce plombier avait affirmé que Gino Bodha consommait quotidiennement du brown sugar et qu’il lui en fournissait une dose chaque jour en échange d’argent. Une dette, selon lui, serait à l’origine du différend.
Le rapport du FSL, en écartant toute présence de drogue dans l’organisme de Gino Bodha, semble lui donner raison sur un point essentiel : la mise en scène d’une affaire de stupéfiants, si elle a bien existé dans les aveux initiaux, ne tient plus.
Devanand Chingayanee, l’oncle de la victime, avait d’ailleurs exprimé sa conviction dès les premières heures de l’enquête : «Mon neveu a été tué dans sa maison. Les suspects ont transporté son cadavre dans leur voiture. Puis, ils ont pris la voiture de mon neveu.» Pour lui, le mobile est clair : il s’agit d’un vol qui a mal tourné.
Les deux suspects ont également été examinés par le médecin légiste en chef, le Dr Sudesh Gungadin, dans le cadre d’un volet psychologique de l’enquête. Cette procédure – distincte de l’examen médical de routine pratiqué en garde à vue – devra déterminer s’ils étaient en pleine possession de leurs facultés mentales au moment des faits. Les conclusions de cet examen seront transmises au dossier d’instruction et pourraient influencer la qualification finale des charges retenues contre Maël Rose et Louis Ismaël Larhubarbe.
Deux lacets
Selon les aveux de Maël Rose, il s’était rendu ce jour-là au domicile de Gino Bodha, non pas pour lui remettre une dose habituelle, mais pour en réclamer deux. Une exigence qui aurait provoqué une altercation. Une version que le rapport toxicologique rend désormais peu crédible.
La suite du récit, en revanche, n’est pas remise en cause par les analyses. Maël Rose a déclaré avoir utilisé un lacet provenant de sa veste pour tenter d’étrangler la victime. Constatant qu’il était trop court, il serait remonté au domicile du défunt pour en prendre un second. La victime a ensuite été étranglée, puis son corps enveloppé dans du plastique, un drap et une couette.
C’est à ce stade que le second suspect entre en scène. Louis Ismaël Larhubarbe, également âgé de 21 ans et domicilié à Grand-Gaube, a livré une version différente de son implication. Il affirme ne pas consommer de drogue et s’être rendu au domicile de Gino Bodha ce jour-là dans l’espoir de trouver du travail. Après avoir attendu à l’extérieur, il serait entré dans la maison – avec l’accord de Maël Rose, dit-il – et y aurait découvert la victime déjà décédée. Selon ses dires, il a quitté les lieux avant de recevoir, une trentaine de minutes plus tard, un appel téléphonique lui demandant de revenir pour aider à se débarrasser du corps.
Avant de transporter le cadavre, Maël Rose aurait pressé les doigts de Gino Bodha sur son propre téléphone afin d’activer le paiement sans contact et d’effectuer un retrait d’argent à un distributeur automatique. Les suspects se seraient ensuite arrêtés dans une stationservice avant de se rendre à La Nicolière, où le corps a été jeté dans un ravin. Sur le chemin du retour, ils auraient fait un détour par Pointe-aux-Sables et Grand-Baie avant d’abandonner le véhicule de la victime.
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