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Vincent Chowrimootoo : «On n’est pas là pour se servir des artistes mais pour les servir»

28 mai 2026, 20:00

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Vincent Chowrimootoo : «On n’est pas là pour se servir des artistes  mais pour les servir»

Vincent Chowrimootoo, Head of customer experience, Quality Beverages Limited.

Cinq grands écrans sur scène et un déluge de lumières pour le concert de Blakkayo, qui a eu lieu le samedi 23 mai, au Swami Vivekananda International Convention Centre (SVICC). C’était dans le cadre de «PepCity», organisé par Quality Beverages Limited (QBL). Présenté comme «le plus grand concert jamais organisé pour un artiste mauricien», nous avons suivi la musique.

Samedi soir, vous nous en avez mis plein la vue avec le concert de Blakkayo au SVICC. Vous êtes monté sur scène pour affirmer que «c’est le plus grand concert jamais organisé pour un artiste mauricien». Vous le maintenez ?

Pour être plus exact, c’est le plus grand deployment jamais fait. C’est vrai qu’on a la force d’une marque derrière nous.

Combien ça a coûté ?

Je ne peux pas le dire.

Environ ?

C’est un projet qui dépasse les Rs 6 millions.

C’est le budget de toutes les activités «Pepcity» ou uniquement celui du concert avec Blakkayo comm e tête d’affiche ?

Juste pour le concert de samedi. On a fait salle comble et à travers l’investissement de Pepsi, nous avons break even, environ une semaine avant le concert. C’est un projet qui n’aurait jamais pu être fait sans un gros sponsoring. C’est le plus gros parrainage jamais accordé à un artiste local à Maurice.

Pourquoi Pepsi s’engage autant auprès des artistes ?

La marque s’associe aux passion points. C’est un peu le foot mais le foot de rue, plus que le foot des stades (NdlR : le 30 mai, PepCity diffusera la finale de l’UEFA Champions League, sur le parking de Bagatelle Mall). Et il y a la musique. En 2024, quand on a démarré PepCity, c’était une fête foraine 2.0 qui rassemblait toutes les passions. Les gens venaient pour les concerts, l’affluence était beaucoup plus soutenue le soir. La première édition s’étalait sur six soirs. C’est du brand building.

Avant de choisir Blakkayo comme tête d’affiche, comment avezvous mesuré la popularité des artistes ?

Comme pour les marques, on a plein d’outils de marketing pour mesurer l’audience. On n’étudie pas juste la popularité à l’instant T de X, Y, Z, mais aussi la popularité auprès de divers groupes d’âge. En investissant dans Blakkayo, je ne touche pas seulement mon fils de 11 ans. C’est un artiste multigénérationnel. En termes de catégories socioprofessionnelles, il a un rayonnement dans tous les milieux. Nous sommes à Maurice. Niveau interculturalité, Blakkayo touche tout le monde. C’est un artiste qui dure. Il a un parcours au sein d’un groupe qui était déjà leader parce qu’OSB a façonné la culture urbaine pendant des années. Il fallait aussi un artiste avec suffisamment de chansons – et des chansons connues – pour tenir pendant trois heures.

On avait déjà une petite idée, mais il fallait la valider parce qu’on allait poser des sous substantiels sur la table. Il y a eu 11 caméras pour filmer ce concert.

Entre les musiciens classiques, la section des cuivres, les danseurs, les choristes, combien de monde en tout sur scène ?

Nous allons organiser une soirée pour tous les participants, ils sont environ 200.

Un écosystème des industries créatives, appelé à durer ?

Il y a eu cinq ingénieurs du son pour le concert au SVICC. Pas cinq techniciens, mais cinq ingénieurs du son. Nous avons éliminé les intermédiaires. Nous avons construit des relations depuis la première édition, un cercle de confiance. Des gens à qui on a dit : let us blow people’s minds, mais en tenant compte de la réalité technique et financière. Nous avons engagé les ingénieurs du son en leur demandant de choisir du matériel en location. Nous voulions le meilleur. Ce que vous avez vu samedi, ce n’est pas tout ce que nous voulions faire.

Le reste, c’est pour l’année prochaine ?

On verra. Une semaine avant le concert de Blakkayo, nous avons travaillé sur la qawwali nite(NdlR: The biggest tribute qawwali nite, tribute to Ustad Nusrat Fateh Ali Khan by Ustad Kabul Bukhari au SVICC le 15 mai dernier). Le secret, c’est de ne pas se contenter de parrainer un concert sans vraiment comprendre le nitty gritty.

Pour le projet Blakkayo, j’ai discuté avec l’artiste bien sûr, mais aussi avec Elvis Heroseau, parce que faire des concerts gratuits dans un mall, on l’a déjà fait (NdlR : prestation de Désiré François à Riche-Terre Mall, pour PepCity le 3 mai dernier). On a fait plein de choses très bien.

L’an dernier, nous étions partenaires du concert d’Atif Aslam (NdlR : le samedi 5 avril 2025 à Côte-d’Or). Un gros morceau. On s’est demandé pourquoi un artiste mauricien ne pourrait pas avoir un set up comme ça ? La réflexion stratégique, c’est de voir jusqu’où nous pouvons aller. On n’est pas là pour se servir des artistes mais pour les servir. Pour ça, il faut trouver le bon producteur, qui prend à sa charge la moitié des frais. Gagnant ou perdant, il paie la moitié. Voilà pourquoi il faut des gens de confiance (NdlR: dans le cas présent, c’était Paradize Burning). Quand je mets la marque en scène, je dois m’assurer que ce soit avec les bons artistes, qui véhiculent les bons messages, avec les bons producteurs. S’il y a des individus qui investissent pour que les artistes avancent, qui sommes-nous pour trouver à en redire ? Maintenant, ce qu’ils représentent, ça, c’est autre chose. Je ne veux pas rentrer dans ce débat-là parce que nous sommes là pour les artistes. Nous ne sommes pas contre qui que ce soit. Pour nous, l’investissement se doit d’être utile.

C’est quoi un investissement utile, dans ce secteur ?

Blakkayo chante toutes les semaines…

Demain, vendredi 29 mai, il est annoncé à la soirée Dreamers… J’ai expliqué à Blakkayo qu’à un moment donné, il faut se faire rare. Si ce projet n’avait pas été hyper soutenu, il n’aurait pas vu le jour. Quand je parle d’investissement utile, c’est celui qui élève non seulement un événement, un écosystème, mais aussi l’artiste lui-même par rapport au niveau où il est arrivé. Le concert de samedi est un landmark.

Quel est le signal qu’on envoie ? On dit : «coucou les gars, voilà ce que l’on sait faire à Maurice». Ce sont des fiches techniques utilisées à l’international que l’on pourrait exporter.

C’est la prochaine étape ?

On termine notre saison. Dans l’idéal, j’aimerais que d’autres marketeurs s’adressent à nous pour savoir comment nous avons fait. Les marques sont les seules capables de le faire parce qu’elles ont des budgets.

Je me pose aussi des questions sur la fête de la musique. Le tout est d’aller chercher l’émotion.

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