Publicité
Patrimoine mondial
Stone Town : vestiges d’un passé négrier
Par
Partager cet article
Patrimoine mondial
Stone Town : vestiges d’un passé négrier
Ouvert sur l’océan Indien, Stone Town à Zanzibar a une histoire qui remonte au moins au VIIIᵉ siècle. Nous y étions la semaine dernière, à l’occasion d’un voyage à Zanzibar, à l’invitation du groupe Attitude. La vieille ville portuaire est classée au patrimoine mondial depuis l’an 2000. À titre indicatif, l’Aapravasi Ghat a été inscrit sur la liste de l’Unesco en 2006 et le paysage culturel du Morne a été classé sur la liste du patrimoine mondial en 2008.
Les Portugais - dont Vasco de Gama-, les Omanais, le protectorat britannique, ont façonné le dédale de petites rues de Stone Town. On y faisait commerce des épices, de l’ivoire, mais aussi des esclaves, qui ont notamment été envoyés à Maurice. Les vestiges de l’ancien marché aux esclaves, fermé en 1873, témoignent de la connexion historique entre nos îles.
? La visite du site de l’ancien marché aux esclaves à Stone Town est payante. Pour US$ 4 (environ Rs 190) vous faites le tour du jardin avec son jujubier où des esclaves étaient fouettés, vous entrez dans la cathédrale, vous descendez au sous-sol et finissez par une exposition.
? Dans le sous-sol de la cathédrale anglicane, il reste deux – des 15 cellules d’origine - où les esclavés étaient enfermés avant d’être vendus. L’une était pour les femmes et les enfants, l’autre pour les hommes. Dans ces lieux bas de plafond, à peine éclairés et ventilés par des lucarnes, on est fortement touché à l’évocation du désarroi des êtres maltraités, jetés là, dans une touffeur suffocante. En attendant d’être vendus. De cette infâme prison, certains esclaves ont été envoyés dans des plantations à Maurice.
? Ce mémorial sculpté en mémoire des esclavés qui sont passés par le marché de Stone Town est dans la cour de la cathédrale anglicane Christ Church. Selon le guide, il s’agit de chaînes ayant réellement été utilisées pour entraver des esclavés. Le site propose aussi une exposition détaillant l’histoire de la traite et ses connexions avec le reste de l’océan Indien. Le nom de Maurice y figure.
? Après l’abolition de l’esclavage à Zanzibar en 1873, la cathédrale anglicane Christ Church a été érigée sur le site de l’ancien marché aux esclaves, l’un des plus grands en Afrique de l’Est. Edward Steere, l’évêque qui a posé la première pierre de la cathédrale a travaillé avec David Livingstone, le missionnaire britannique abolitionniste, qui a milité pour que cesse le commerce des esclaves. L’autel de la cathédrale est situé à l’emplacement où des esclaves étaient fouettés. Les plus résistants étaient vendus à un meilleur prix.
? Le vieux fort, qui date du 17ᵉ siècle est actuellement en rénovation. Il est associé à la traite, car des esclavés y ont été retenus avant d’être envoyés au marché.
? Ces portes sculptées (carrées pour le style arabe, arrondies pour le style indien) font partie des vestiges historiques de Stone Town. Un inventaire en a dénombré 277. Ces portes étaient, pour les propriétaires des maisons, des symboles de leur métier et de leur influence. Sur certaines portes, on peut voir des chaînes. Selon les interprétations, c’est un signe de protection ou celui qu’un marchand d’esclaves vivait là.
*****
Musée : Petite musique d’enfance de Freddie Mercury
De l’extérieur, c’est en grand que la star de Queen regarde les passants de Shangani, à Stone Town. À l’intérieur du musée Freddie Mercury, les dimensions rapetissent significativement.

Il est installé depuis 2019 «in the very same building on Shangani street that was Freddie Mercury’s final residence before leaving Zanzibar in 1963». À l’époque, il s’appelle Farrokh Bulsara, né à Zanzibar, envoyé en pension à Panchgani en Inde, avant de devenir une vedette en Angleterre.
Pour US$ 8 (environ Rs 380), le musée, qui a pour partenaire Queen Productions en Angleterre, propose une collection de photos de l’artiste, des manuscrits, avant que la visite ne s’achève auprès d’un piano. Selon que le visiteur prend la peine de lire les panneaux explicatifs et d’admirer les photos, le tour du musée Freddie Mercury ne dure pas très longtemps.
Publicité
Publicité
Les plus récents