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Les métiers extraordinaires

Rouben Mootoocurpen : Une vie dédiée aux reptiles

1 mai 2026, 07:45

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Rouben Mootoocurpen : Une vie dédiée aux reptiles

Depuis 25 ans, Rouben Mootoocurpen vit au rythme des reptiles mauriciens. Ce biologiste passe plusieurs semaines sur des îlots isolés pour protéger les boas endémiques de l’île Ronde, un métier rare et hors du commun.

Rouben Mootoocurpen travaille depuis 25 ans à la Mauritian Wildlife Foundation comme biologiste spécialisé dans les reptiles. Son poste de Senior Reptile Conservationist est unique à Maurice. Une grande partie de son travail consiste à protéger les boas endémiques de l’île Ronde, un îlot volcanique situé au nord de Maurice et interdit au public. Pourtant, rien ne le destinait à travailler avec des serpents.

«J'avais la phobie des serpents,» raconte-t-il. C’est au contact d’autres biologistes qu’il a progressivement réussi à dépasser sa peur et à observer ces reptiles de plus près. Aujourd’hui, il suit leur comportement, collecte des données scientifiques et participe à la restauration de leur habitat naturel.

Deux à quatre fois par an, Rouben part pendant un mois sur l’île Ronde avec d’autres scientifiques. Sur place, les équipes vivent dans des campements fonctionnant grâce à des panneaux solaires et à la récupération d’eau de pluie. Les biologistes disposent néanmoins d’internet et du matériel nécessaire pour vivre dans de bonnes conditions. Les déplacements vers l’îlot se font en bateau lorsque la mer est calme ou par hélicoptère en cas d’urgence ou de travaux importants. Peu de personnes peuvent dire qu’elles arrivent au travail en hélicoptère au milieu de l’océan Indien. Sur l’île, les scientifiques suivent les boas grâce à des puces électroniques. Les reptiles sont capturés, mesurés puis relâchés afin de surveiller l’évolution de leur population. «Je ne suis pas souvent chez moi», reconnaît Rouben, dont le quotidien est bien différent d’un travail classique de bureau.

Sauvegarder à tout prix les espèces endémiques

Après des études de biologie à Maurice puis à Jersey, en Angleterre, Rouben a surtout appris son métier sur le terrain. Au fil des années, il a participé à des missions sur plusieurs îlots mauriciens comme l’île Plate, l’île aux cerfs, l’île aux Serpents, l’îlot Gabriel, l’île aux Aigrettes, l’îlot Marianne ou encore Saint-Brandon. Il connaît particulièrement bien les reptiles et les oiseaux marins présents dans ces réserves naturelles. L’une de ses plus grandes fiertés reste la sauvegarde du orange-tailed skink au Coin de Mire, un lézard endémique très difficile à capturer et à protéger. Avec ses collègues et des experts étrangers, il participe aussi à des projets de restauration écologique pour préserver les espèces menacées de Maurice.

L’éradication des chèvres et des lapins introduits sur l’îlot a également permis à la végétation de se régénérer et aux oiseaux marins de revenir nicher sur place. Malgré ces succès, Rouben reste inquiet pour l’avenir. «Peu de jeunes souhaitent exercer ce métier exigeant, marqué par l’éloignement, les longues missions et les conditions parfois difficiles,» précise-t-il. Pourtant, il continue son combat avec passion. «Sauver la nature est une mission noble et tellement satisfaisante», affirme-t-il. Grâce au travail des scientifiques mauriciens et internationaux, les boas de l’île Ronde ont aujourd’hui une chance de survivre durablement.

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Le boa de l’île Ronde

Le boa de l’île Ronde est un reptile endémique de Maurice présent uniquement sur cet îlot volcanique situé au nord de l’île. Nocturne, il peut mesurer jusqu’à 1,40 mètre et se nourrit principalement de geckos, de scinques et parfois de poussins d’oiseaux marins. Les jeunes boas sont orangés avant de devenir gris foncé à l’âge adulte. La femelle peut pondre jusqu’à 12 œufs. Il vit dans la terre ou dans les lataniers bleus. Grâce aux programmes de conservation et à la restauration de la végétation, leur population est passée de seulement 75 individus en 1978 à près de 10 000 aujourd’hui.

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