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Kwami Edem Senanu : «Maurice est en avance en recouvrement des avoirs et en lutte contre les flux financiers illicites»

28 avril 2026, 14:30

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Kwami Edem Senanu : «Maurice est en avance en recouvrement des avoirs et en lutte contre les flux financiers illicites»

Kwami Edem Senanu, président de l’«African Union Advisory Board Against Corruption».

Le président de l’«African Union Advisory Board Against Corruption», Kwami Edem Senanu, a animé une semaine de formation à la Financial Crimes Commission (FCC) consacrée au recouvrement des avoirs et aux flux financiers illicites. Il a mis l’accent sur le renforcement des mécanismes anticorruption, la transparence et l’implication des jeunes, notamment en tant que lanceurs d’alerte. À l’issue de cette formation régionale, le Ghanéen, réélu le 16 juin 2025 pour un second mandat, a répondu à nos questions sur les capacités de Maurice, et les priorités pour améliorer les enquêtes et la récupération des avoirs illicites.

? Comment évaluez-vous la capacité actuelle de Maurice en matière de recouvrement des avoirs et de lutte contre les flux financiers illicites par rapport aux autres pays africains ?

Maurice se distingue favorablement. Le pays dispose d’un cadre légal solide et les autorités ne se limitent pas aux textes, mais passent également à l’action. Vous êtes en train de faire le travail et vous servez même de référence pour d’autres pays africains. Sur une échelle de dix, je vous donnerais environ sept. Les initiatives déjà mises en œuvre permettent à Maurice d’être en avance sur plusieurs juridictions du continent, notamment dans les approches modernes de récupération des avoirs.

? Quelles mesures concrètes les autorités mauriciennes devraientelles prendre après cette formation régionale ?

L’accent doit désormais être mis sur l’application concrète cas par cas. Il ne suffit pas d’avoir des lois sur papier. Les autorités doivent renforcer la gestion des dossiers, notamment face aux obstacles juridiques ou aux recours intentés par des personnes visées par des procédures de confiscation. Je salue l’utilisation à Maurice de l’approche dite non conviction based pour le recouvrement des avoirs, que je considère comme un outil efficace. Je recommande toutefois d’améliorer davantage la gestion des biens saisis et de mobiliser plus de ressources dans ce domaine. Une des principales recommandations est de clarifier la transition de nom de la FCC dans la Constitution. Cela offrirait une protection institutionnelle durable et garantirait la stabilité du dispositif, même en cas de changement de structure ou de dénomination.

? Comment l’«African Union Advisory Board Against Corruption» peut-il soutenir Maurice dans la mise en œuvre de la position commune africaine sur le recouvrement des avoirs ?

Je propose d’identifier les États disposant d’une expérience solide dans la gestion des avoirs saisis afin qu’ils puissent partager leurs pratiques. Maurice pourrait à la fois apprendre de certains pays et servir de modèle à d’autres. Le partage d’expertise, les échanges techniques et la mise en commun des stratégies constituent des leviers importants pour améliorer l’efficacité du recouvrement d’actifs sur le continent.

? Les flux financiers illicites impliquent souvent des réseaux transfrontaliers. Quels mécanismes faut-il privilégier ?

Le réseautage et la coopération bilatérale et régionale sont importants. Sinon, on n’avance pas. J’encourage les pays africains à renforcer les accords de coopération, notamment au sein des blocs régionaux en Afrique de l’Est, de l’Ouest et du Sud. Les programmes de formation et les actions de sensibilisation doivent se poursuivre. Maurice fait partie d’un bloc régional actif et avance dans la bonne direction. Ce type de coopération renforcée permettra de mener une lutte plus efficace contre les flux financiers illicites à l’échelle africaine.

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