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Chagos : près de Rs 25 millions versées à des avocats étrangers

22 avril 2026, 06:13

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Chagos : près de Rs 25 millions versées à des avocats étrangers

■ Joe Lesjongard a questionné Navin Ramgoolam sur l’avancement du dossier des Chagos.

À l’Assemblée nationale, hier, la Private Notice Question (PNQ) du leader de l’opposition, Joe Lesjongard, adressée au Premier ministre (PM), Navin Ramgoolam, a largement mis en lumière non seulement l’état d’avancement du dossier des Chagos, mais surtout les coûts engagés par l’État, notamment en matière de conseils juridiques internationaux.

Dès l’entame de sa réponse, le chef du gouvernement a réaffirmé que la souveraineté de Maurice sur l’archipel des Chagos est «incontestable» au regard du droit international, s’appuyant sur les avis de la Cour internationale de justice et des instances onusiennes. Toutefois, au-delà des considérations juridiques, c’est la question des dépenses engagées qui a retenu l’attention.

Navin Ramgoolam a indiqué que le cabinet londonien Withers LLP a été mandaté depuis novembre 2024 pour accompagner le gouvernement dans ce dossier. Plusieurs avocats internationaux ont été mobilisés, dont Hussein Haeri, KC, et d’autres juristes spécialisés. Le montant des honoraires versés à ce cabinet s’élève à GBP 408 028,40, soit environ Rs 25 millions.

À cela s’ajoutent des frais annexes non négligeables. Les billets d’avion pour ces conseillers étrangers ont coûté Rs 631 285, sans qu’aucun per diem ne leur soit accordé. Du côté local, les membres de l’Attorney General’s Office, incluant l’Attorney General*, le *Solicitor General et d’autres cadres, n’ont perçu aucun honoraire supplémentaire, mais leurs déplacements ont généré des coûts de Rs 1,33 million en billets d’avion, ainsi que des per diem selon les barèmes en vigueur.

Sur le fond du dossier, le PM a expliqué que l’accord signé le 22 mai 2025 entre Maurice et le Royaume-Uni reconnaît la souveraineté mauricienne sur l’archipel, y compris Diego Garcia. Toutefois, cet accord reste suspendu à sa ratification par Londres, un processus aujourd’hui bloqué en raison de désaccords entre le Royaume-Uni et les États- Unis concernant les modalités liées à la base militaire.

C’est précisément sur cette incertitude que Joe Lesjongard a insisté lors des questions supplémentaires, cherchant à obtenir une indication claire sur un calendrier. La réponse de Navin Ramgoolam a été sans équivoque : «Il n’y a pas de timeline.» Il a attribué cette absence d’échéance au différend entre le président américain et le gouvernement britannique, précisant que les discussions se font selon «leurs termes, pas les nôtres».

Interrogé sur une éventuelle suspension ou un retrait du traité par Londres, le PM a affirmé qu’aucune communication en ce sens n’a été reçue, tout en reconnaissant que des échanges sont en cours. Il a également révélé avoir écrit au président américain, sans toutefois avoir eu de contact direct.

Les échanges ont également porté sur la pertinence des choix du gouvernement actuel par rapport à l’accord négocié sous l’ancienne administration. Navin Ramgoolam a défendu la position de son gouvernement, affirmant avoir «amélioré» un accord qu’il jugeait initialement défavorable, rejetanttoute idée de perte de temps.

La question des prévisions budgétaires a aussi été soulevée, notamment l’inscription des Rs 10 milliards de revenus liés à cet accord dans le prochain Budget, en l’absence de traité ratifié. Le PM a maintenu que la signature du traité justifiait cette projection, tout en reconnaissant que les retards actuels sont liés à des facteurs géopolitiques échappant au contrôle de Maurice.

Enfin, sur le plan stratégique, Navin Ramgoolam a indiqué que le gouvernement a déjà sollicité des avis juridiques et poursuit des discussions diplomatiques, tout en laissant entendre que d’autres options pourraient être envisagées si la situation reste bloquée. Il a également précisé qu’une délégation du Foreign, Commonwealth and Development Office du Royaume-Uni est attendue à Port-Louis aujourd’hui afin de poursuivre les discussions.

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