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Ligue 1

Olympique de Marseille : l’incroyable discours de Mehdi Benatia contre ses joueurs

20 avril 2026, 15:00

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Olympique de Marseille : l’incroyable discours de Mehdi Benatia contre ses joueurs

■ Marseille s’est noyé à Lorient.

Furieux de la prestation de l’OM à Lorient (défaite 2-0), le directeur sportif Medhi Benatia, s’est présenté en zone mixte pour faire passer un message à son équipe. Le dirigeant marseillais n’a pas du tout apprécié la prestation des siens...

Journaliste: «Pour que vous veniez parler, c’est que c’est suffisamment grave ce qu’on a vu aujourd’hui sur le terrain. Comment expliquez-vous ce qui s’est encore passé de la part des joueurs?»

Medhi Benatia: «Je ne comptais plus prendre la parole jusqu’à la fin de la saison car on a beaucoup trop parlé les six premiers mois. Aujourd’hui, quoique tu dises, tu as tort. Après des matchs comme ça, tu ne peux qu’avoir tort.

Par contre, comme je l’ai expliqué aux joueurs, quand tu es ici, tu as toujours un sens de responsabilité. Moi, je n’ai pas de problème qu’on me dise que j’ai ramené un entraîneur sur un projet qui devait durer plus longtemps mais qui est malheureusement parti, pas de problème. Qu’on me dise que les joueurs qu’on a ramenés et qui étaient très bons en septembre et qui aujourd’hui sont très mauvais, pas de problème. Que j’ai ramené un nouveau coach qui n’est pas bon non plus, je l’accepte... Mais quand je vois les matchs qu’on fait aujourd’hui, même si je n’ai pas envie de parler, je suis obligé de venir devant la presse.

Parce que c’est un scandale, tu as une équipe qui est pratiquement en vacances (très belle équipe de football), tu as normalement cinq finales. On fait des stages, ça nous coûte des sous mais tu veux bosser, te retrouver et recréer du liant avec les mecs parce que c’est ce qu’il a manqué. Combien de joueurs sont rentrés dans le vestiaire et ont retourné la table? Zéro. Personne. Tout est nickel, les bouteilles sont bien en place. Tu joues à l’Olympique de Marseille, tu fais un match comme ça et tu l’acceptes. Et certains peuvent penser que nous on accepte. Mais j’imagine que le coach, et je le connais, comme tous les coachs (c’est la mode), va prendre ses responsabilités et puis on va passer à autre chose et il n’y a pas de problème. C’est une façon de faire.

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■ Medhi Benatia a fait un discours franc et direct, sans langue de bois : fait rarissime dans le monde du foot.

Moi, il ne faut pas m’enfumer. Quand tu joues Lorient à 17h, qui n’a rien à jouer, et que tu ne gagnes pas un duel et que tu ne fais pas une course vers l’avant et que tu n’es pas entreprenant, tu ne tentes rien, que tu les regardes et que dans le stade ils font la «ola» parce qu’ils te font petit pont, crochet… Eh oui, c’est ça la vérité.

C’est facile, «le logo il est pas beau», ce n’est pas mes histoires, moi je parle football. Et quand tu rentres ici, que tu as cinq finales à jouer pour atteindre ton objectif de Ligue des champions, ça doit se voir. Sauf que ça ne se voit pas. Tous les mêmes coachs tournent et passent et c’est les mêmes choses: on parle de «couilles», d’amour propre, du respect du maillot qu’on porte, du respect des gens. Et à l’arrivée, on fait quoi? Sur un ballon droit de 40m, c’est moi qui y vais? Sur un deuxième ballon, c’est moi qui y vais? Quand tu perds un ballon en transition, en stage on n’a fait que ça. On arrête la balle avec une faute et on se replace, comme font toutes les grandes équipes de Ligue des champions. Aujourd’hui, tu fais quoi? Tu les regardes. Quand tu ne cours pas, que tu ne fais pas ce qu’il faut… Et pourtant, la semaine, on le fait. Depuis un bon moment, la semaine ça bosse.

Et tu verras, il y en a certains qui partiront, il y en a qui te disent la Coupe du monde, «moi j’ai déjà un club»... Pas de problème. Et le plus grave dans ça, c’est que dans deux mois on dira: «P...n, il est bon lui en fait!» Mais ici par contre tu n’as pas fait les efforts. C’est ça qui est plus grave.

Donc je ne peux pas expliquer le pourquoi. Celui qui t’explique aujourd’hui ce genre de prestation, comme celle de Bruges, comme celle au Paris Saint-Germain, comme celle de Nantes à domicile. Cette année, il y en a six ou sept qui sont inexplicables. En tout cas, moi je n’ai pas fait assez de football pour l’expliquer.»

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