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Énergie : Comment l’île veut transformer la crise en opportunité
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Junior
Énergie : Comment l’île veut transformer la crise en opportunité
Face aux tensions internationales actuelles, le gouvernement accélère sa transition énergétique. Objectif : rendre l’île plus autonome et impliquer même les jeunes. Nous t’expliquons tout cela dans les grandes lignes.
Derrière les informations sur la guerre entre Israël et les États-Unis contre l’Iran se cache une réalité très concrète pour l’île : l’énergie coûte plus cher et devient plus incertaine. Nous dépendons encore largement des hydrocarbures importés pour produire notre électricité. Résultat : dès que le prix du pétrole flambent ou que les routes commerciales sont perturbées, tout le pays est impacté.

Face à cette situation, le ministre de l’Énergie et des services publics, Patrick Assirvaden (photo), a décidé d’accélérer les choses. Lors d’une conférence de presse et d’un entretien accordé à l’express, il a dévoilé une stratégie ambitieuse pour modifier la manière dont Maurice produit et consomme son énergie.
? Le solaire au cœur de la solution
Pour le ministre Assirvaden, il n’y a pas de doute : le solaire est une des clés pour sortir de cette dépendance. Et pour cause, le pays bénéficie d’un ensoleillement exceptionnel, avec entre 1 600 et 2 200 kWh par mètre carré chaque année. Pourtant, le pays n’exploite pas encore pleinement ce potentiel. La part des énergies renouvelables a même reculé ces dernières années, passant de 21 % à 17 %. Un constat que le ministre de l’Énergie admet sans détour. Pour inverser la tendance, plus de 400 mégawatts (MW) de projets sont actuellement en préparation. Parmi eux :
• Dix projets de 10 MW chacun via un appel d’offres,
• Trois grands projets solaires de 40 MW chacun,
• et de nombreuses initiatives innovantes.
Mais il y a une nouveauté importante : désormais, tous les projets devront inclure des batteries. Pourquoi ? Parce que le vrai défi se situe le soir, entre 18 et 21 heures, quand la demande en électricité est la plus forte et, comme tu le sais, le soleil est déjà couché. Le stockage devient donc indispensable.
? Utiliser les espaces disponibles
L’une des idées fortes de cette transition, c’est d’utiliser tous les espaces disponibles. Des panneaux solaires pourraient ainsi être installés :
• sur les toits des maisons,
• sur les parkings des centres commerciaux,
• sur les terrains agricoles,
• et même, tiens-toi bien, sur l’eau !
C’est le cas du projet de Tamarind Falls, qui prévoit des installations solaires flottantes capables de produire jusqu’à 20 MW d’électricité d’ici 2027. Autre innovation : l’agrivoltaïsme. Le principe est simple mais futé : combiner agriculture et production d’énergie sur une même parcelle. Déjà, 39 projets ont été soumis, pour une capacité totale de 80 MW. Une manière de produire sans sacrifier les terres agricoles.
? L’éolien dans la course
Même si le solaire est en première ligne, le vent n’est pas oublié. Un projet éolien existant sera étendu, passant de 9 MW à près de 30 MW au total. Là encore, l’objectif est de diversifier les sources d’énergie pour rendre le système plus stable et plus résilient.
? Moins de bureaucratie, plus d’action
Si le solaire n’a pas encore décollé comme prévu dans l’île, ce n’est pas faute de soleil mais plutôt à cause de blocages administratifs. Le ministre Assirvaden pointe du doigt plusieurs problèmes :
• des délais trop longs pour obtenir les autorisations ;
• un manque de coordination entre ministères ;
• des difficultés d’accès aux terrains ;
• et des modèles financiers peu attractifs pour les investisseurs.
Aujourd’hui, une nouvelle approche est mise en place. L’État veut simplifier les procédures, mieux coordonner les acteurs et offrir plus de garanties financières pour rassurer les investisseurs.
? Et les familles dans tout cela ?
Bonne nouvelle : la transition énergétique ne concerne pas que les grandes entreprises ou les projets industriels. Le gouvernement veut aussi impliquer directement les citoyens. Avec le Home Solar Project, l’objectif est de rendre les panneaux solaires accessibles à un plus grand nombre de foyers. Mais le ministre veut aller encore plus loin : permettre à chaque famille de produire sa propre électricité, même en dehors du réseau traditionnel. En clair, chacun pourrait devenir acteur de l’énergie, et pas seulement consommateur.
? Un enjeu qui concerne aussi les jeunes
Pourquoi nous te parlons de tout cela ? Parce que les choix faits aujourd’hui vont façonner l’île de demain, en d’autres termes, ton avenir. Transition énergétique, autonomie, innovation : ce sont des sujets qui toucheront directement la jeune génération et les futures, que ce soit dans leur quotidien ou dans leurs métiers. La crise actuelle le rappelle : tant que le pays dépendra des énergies importées, il restera vulnérable.
Mais avec le solaire, Maurice possède une ressource locale, gratuite et inépuisable à l’échelle humaine. Comme le souligne le ministre de l’Énergie, l’objectif est clair : mettre le pays à l’abri des crises énergétiques futures. Et au fond, l’idée est simple : le pétrole s’achète, se vend et peut manquer. Le soleil, lui, sera encore là pour plusieurs milliards d’années. Reste à savoir si l’île saura en profiter pleinement.
*****
Le savais-tu? : La façon dont les pays s’adaptent...
La crise énergétique liée aux tensions au Moyen-Orient pousse de nombreux pays à agir rapidement pour éviter les pénuries et hausses des prix. Et les solutions sont parfois surprenantes. D’abord, certains gouvernements ont choisi de protéger directement les citoyens. En Espagne, en Inde ou encore en Grèce, des mesures ont été prises pour réduire le prix des carburants, notamment en baissant certaines taxes ou en accordant des aides financières.
D’autres pays cherchent à consommer moins d’énergie. Ainsi, le Pakistan impose la fermeture des commerces à 20 heures. En Europe, on encourage par exemple à limiter l’usage du chauffage ou de la climatisation ou encore à privilégier le télétravail pour réduire les déplacements. En cas de crise plus grave, des systèmes de rationnement pourraient même être envisagés. Pour éviter les pénuries, certains États utilisent aussi leurs réserves stratégiques de pétrole. Ces stocks, gardés en cas d’urgence, permettent de continuer à alimenter le pays pendant un certain temps.
Parallèlement, plusieurs pays tentent de sécuriser leur approvisionnement en trouvant de nouveaux partenaires. Par exemple, certains pays européens se tournent vers d’autres producteurs de gaz pour ne pas dépendre d’une seule région du monde. Mais toutes les solutions ne sont pas écologiques. Face à l’urgence, certains États envisagent même de relancer des centrales à charbon, une énergie pourtant très polluante, pour produire rapidement de l’électricité.
Enfin, cette crise pousse de nombreux pays à accélérer leur transition vers des énergies renouvelables comme le solaire ou l’éolien. L’objectif : devenir plus indépendants et moins vulnérables aux conflits internationaux. En résumé, entre solutions d’urgence et projets à long terme, le monde entier cherche à s’adapter. Une chose est sûre : cette crise pourrait bien changer durablement notre manière de produire et de consommer l’énergie.
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