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Exposition
Rikke Lorenzen ode picturale aux couleurs de l’île
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Exposition
Rikke Lorenzen ode picturale aux couleurs de l’île
■ L’artiste (à g.) prenant la parole le jour du lancement de l’exposition.
Installée à Maurice depuis près de neuf ans, l’artiste danoise Rikke Lorenzen présente sa première exposition solo intitulée Layered History à l’École d’Art La Pointe Tamarin.
Une collection de 13 œuvres abstraites, qui plongent le spectateur dans un univers de textures, de couleurs et de mémoire, inspiré par l’histoire visible des bâtiments de l’île. Née au Danemark, Rikke Lorenzen a grandi au Mozambique. Elle puise dans ces deux cultures une sensibilité artistique marquée par la richesse des teintes et des contrastes. Après un parcours en Europe, notamment aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et en Belgique, elle choisit de s’installer à Maurice, séduite par l’intensité visuelle de ses paysages et de son architecture.
C’est justement cette diversité chromatique qui a donné naissance à Layered History. L’artiste s’inspire des couches de peinture visibles sur les murs des maisons et des commerces de l’île. Au fil des années, ces façades révèlent, à travers l’usure et les superpositions, une histoire silencieuse, faite de traditions, de renouveau et de mémoire collective.
Dans de nombreuses familles, repeindre sa maison à l’approche de la nouvelle année est un geste symbolique, associé à la chance et à la prospérité. Avec le temps, la peinture s’écaille, laissant apparaître des couches anciennes, chacune porteuse d’une époque et d’une émotion. C’est cette stratification, à la fois esthétique et symbolique, que l’artiste retranscrit dans ses œuvres.

Son processus créatif repose sur l’accumulation et la transformation. Chaque couche de peinture réagit à la précédente, dans un dialogue constant entre passé et présent. Certaines strates sont volontairement recouvertes mais restent perceptibles, apportant profondeur et complexité à l’ensemble. «Comme une danse ou un mariage entre différentes temporalités», décrit-elle.
Pour accentuer cet effet, Rikke Lorenzen utilise des matériaux variés tels que l’acrylique épais mais aussi des éléments inattendus comme le marc de café. Les surfaces deviennent alors presque palpables, évoquant des murs en train de se fissurer ou de se transformer, à l’image des bâtiments qui l’ont inspirée.
Les formats des œuvres varient, allant de petites toiles à des pièces de près de deux mètres, offrant une immersion visuelle forte. Ouverte depuis le 28 mars, l’exposition se tient jusqu’au 12 avril et marque une étape importante dans le parcours de l’artiste, qui avait jusqu’ici uniquement exposé en collectif à Bruxelles et à Maurice.
Ancrée dans la dynamique artistique de Tamarin, Rikke Lorenzen s’inscrit dans une communauté créative qu’elle affectionne particulièrement. Elle prévoit d’ailleurs d’y organiser prochainement des ateliers de peinture destinés aux enfants, prolongeant ainsi sa démarche de transmission et de partage.
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