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Blanchiment d’argent présumé dans le sud
Les barreaux n’arrêteraient pas Oumeshlall Ramsarran
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Blanchiment d’argent présumé dans le sud
Les barreaux n’arrêteraient pas Oumeshlall Ramsarran
■ Oumeshlall Ramsarran.
Serait-il possible qu’Oumeshlall Ramsarran, ancien gardien de prison, continue d’être téléguidé depuis sa cellule par le caïd Peroomal Veeren ? Pour l’heure, peu d’informations filtrent, alors que l’on pourrait s’attendre à d’autres arrestations et à l’implication de policiers dans cette affaire.
Tout commence avec les Rs 51 millions de cannabis et de haschich découverts dans une valise à l’aéroport, qui avait déjà conduit à trois arrestations le mardi 24 mars : les policiers Akash Hurruck, Neeraj Pagoo et la Française Lisa Lily Romain.
L’arrestation d’Oumeshlall Ramsarran, 45 ans, le 26 mars à La Rosa, constitue un tournant majeur dans l’enquête tentaculaire menée par l’Anti Drug and Smuggling Unit (ADSU) sur cette importante importation de stupéfiants. Hier, Ramsarran a comparu devant la cour de Mahébourg pour sa charge provisoire de trafic de drogue. La police a rejeté sa demande de remise en liberté, et il a été reconduit en cellule. Selon les enquêteurs, Ramsarran serait l’un des piliers – sinon le cerveau opérationnel – d’un réseau structuré, profondément enraciné dans le Sud de l’île.
Présenté comme le lieutenant direct du caïd Veeren, actuellement en détention, Ramsarran soulève une question troublante : Veeren était-il vraiment hors d’état de nuire ? Les enquêteurs pensent désormais avoir la réponse. Depuis sa cellule, Veeren aurait continué à diriger ses opérations, en s’appuyant sur des hommes de confiance comme Ramsarran. L’enquête est encore à ses débuts, et les pièces du puzzle restent à découvrir.
? Un réseau du Sud aux ramifications inquiétantes
Les premiers éléments révèlent un réseau solidement structuré, probablement orchestré par Ramsarran. Celui-ci s’appuierait sur de jeunes recrues, souvent vulnérables, pour réduire les risques et compartimenter les responsabilités – une stratégie typique des organisations criminelles.
Mais l’inquiétude majeure de l’ADSU réside dans la possible implication de policiers. Certains seraient encore en fonction et pourraient avoir permis au réseau d’opérer discrètement, voire de bénéficier d’une couverture via le «protection money».
■ Akash Hurruck.
Dans ce contexte, l’arrestation du constable Akash Hurruck est un élément clé. Ce dernier s’est constitué prisonnier avant d’être placé en détention. Un autre policier, Neeraj Pagoo, aurait été identifié grâce aux images de vidéosurveillance de l’aéroport, où il aurait facilité le passage d’une mule présumée.
■ Neeraj Pagoo
Lisa Lily Romain, une ressortissante française de 27 ans arrêtée à Grand-Baie, est également au cœur de l’enquête. Elle est suspectée d’avoir transporté plus de 10 kilos de cannabis et 6 kilos de haschich dans ses bagages. L’affaire a pris une tournure inattendue lorsque la suspecte a quitté l’aéroport avec la mauvaise valise, laissant derrière elle celle contenant la drogue. Ce détail a permis aux autorités de remonter toute la filière. Les images de vidéosurveillance montrent des interactions suspectes entre la mule et certains policiers, renforçant la thèse d’une complicité interne. Le mode opératoire – manipulation des bagages, intervention humaine et relais logistiques – démontre un haut degré de sophistication.
? Un passé judiciaire qui interpelle
Le parcours d’Oumeshlall Ramsarran n’est pas inconnu des autorités. Ancien gardien de prison, il avait déjà été impliqué dans plusieurs affaires de trafic de drogue et de blanchiment d’argent. Son nom avait été cité dans une enquête concernant Fabio Tony Riacca, qui affirmait lui avoir remis plus de Rs 2,3 millions. Ramsarran avait été inculpé par l’Independent Commission Against Corruption pour six charges de blanchiment d’argent, rayées en vertu des sections 3(1)(b) et 8 de la Financial Intelligence and Anti-Money Laundering Act (FIAMLA). Il avait catégoriquement nié les faits en 2016.
Bien que la justice lui ait accordé le bénéfice du doute, les enquêteurs avaient relevé plusieurs éléments inquiétants : transactions suspectes, déplacements fréquents à l’étranger et liens présumés avec des figures du narcotrafic. Il avait aussi été soupçonné d’être impliqué dans le réseau de Navind Kistnah, notamment lors de la saisie record d’héroïne en 2017.
? Une enquête loin d’être terminée
Aujourd’hui, les soupçons autour de Ramsarran sont d’une toute autre ampleur. Les autorités cherchent à établir l’étendue exacte de ses activités et son rôle précis dans l’importation récente de cannabis. Était-il un simple relais ou le véritable chef d’orchestre sur le terrain ? Les prochains développements permettront d’y voir plus clair.
Cette affaire met en lumière une réalité préoccupante : le trafic de drogue à Maurice continue de se réinventer, exploitant les failles du système. L’implication présumée de policiers, la mobilisation de jeunes recrues et l’usage de mules étrangères témoignent de la sophistication et de la résilience de ce réseau.
L’arrestation d’Oumeshlall Ramsarran n’est sans doute qu’une étape dans le démantèlement d’un réseau beaucoup plus vaste. Pour les enquêteurs, le défi est désormais de remonter jusqu’aux véritables donneurs d’ordre et de mettre fin à un système qui n’a jamais cessé de fonctionner.
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