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Les Dr Hemraz Boodhoo et Dr Keser Pillai, décorés de la République

Proposer l’éducation médicale continue est vitale pour eux

22 mars 2026, 16:00

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Proposer l’éducation médicale continue est vitale pour eux

Les Dr Hemraz Boodhoo et Dr Keser Pillai. (Photos : © Beekash Roopun)

En sus d’être des spécialistes respectés dans leurs domaines respectifs, Hemraz Boodhoo, neurochirurgien, et Keser Pillai, interniste et spécialiste en médecine respiratoire, ont en commun une volonté tenace de transmettre leurs connaissances et de proposer l’éducation médicale continue à leurs pairs. Ce qui explique pourquoi le Dr Pillai a mis en place le Medical Update Group, qui organise mensuellement une conférence sur les avancées médicales d’ici et d’ailleurs, et pourquoi il a été vite rejoint par le Dr Boodhoo. Pour cela et pour leur pratique exceptionnelle, ces deux récents décorés de la République, qui recevront bientôt l’insigne de «Grand Officer of the Order of the Star and Key of the Indian Ocean», méritaient un coup de chapeau !

? Dr Hemraz Boodhoo, neurochirurgien : Un artiste dans l’âme

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Pour pouvoir opérer les tumeurs au cerveau, les traumatismes crâniens, enlever des caillots sanguins résultant d’un accident vasculaire cérébral ou encore ressouder une rupture d’anévrisme, il faut des doigts d’artiste. Le neurochirurgien Hemraz Boodhoo les a et il s’en sert non seulement pour opérer les cas délicats susmentionnés mais aussi pour peindre. S’il se définit tout à la fois comme neurochirurgien, peintre, poète et musicien, c’est à la pratique de la neurochirurgie qu’il a consacrée la majeure partie de son temps. En 18 ans, le Dr Boodhoo a pratiqué des milliers d’interventions.

Dès son jeune âge, cet aîné de quatre enfants, nés d’une mère qui était femme au foyer et d’un père travaillant dans le département de tailoring de la police, sait qu’il veut être médecin. Il s’estime chanceux d’avoir eu des parents qui ne faisaient aucun compromis par rapport à l’éducation de leurs enfants. Pendant ses études secondaires, il est attiré par les sciences. Et lorsqu’en Form III, son enseignant fait des dissections d’animaux dans le laboratoire de l’école, il n’hésite pas à transformer sa chambre en mini-laboratoire pour y disséquer des grenouilles, de même que des rats, au grand dam de ses parents.

Le Dr Boodhoo dévore tous les livres de biologie qui lui tombent sous la main. Et en lisant une édition du Reader’s Digest, il est fasciné par le récit d’un neurochirurgien racontant son parcours et dont il n’a jamais oublié le titre, «First, do no harm». Dès lors, il sait qu’il sera médecin et qui plus est, neurochirurgien. Bien que n’ayant jamais été exposé à l’art à l’école, il se met à peindre des paysages à ses heures perdues.

Lorsqu’il obtient son Higher School Certificate, on lui propose une bourse pour faire des études d’ingénierie mais il la refuse car le plan de carrière qu’il s’est fixé est autre. Il part en Inde pour participer à un pre-medical examination qu’il réussit brillamment et obtient une bourse du Commonwealth pour étudier la médecine au Motilall Nehru Medical School dans l’État de l’Uttar Pradesh. Déterminé, il bûche et obtient son premier diplôme, le Bachelor of Medecine, Bachelor of surgery (MBBS) with merit.

Le Dr Boodhoo regagne Maurice dans les années 1990 et fait son internat à l’hôpital Victoria, avant de travailler à l’hôpital Jawaharlal Nehru, son but étant d’économiser pour pouvoir obtenir une admission universitaire et se spécialiser en chirurgie. Les places dans les universités pour cette spécialisation sont rares à l’époque. Il se renseigne sur les universités en Afrique du Sud et réussit à s’inscrire à l’examen d’entrée en la matière à l’université de Durban. Accepté, il s’y rend et étudie la chirurgie générale pendant trois ans. La réussite aux deux examens de Fellowship est au bout de ce parcours. Il sécurise alors une place de chirurgien résident en neurochirurgie. Spécialité qu’il étudie et pratique pendant cinq ans. «Les études étaient difficiles mais j’étais passionné par elles. Étudier c’est ma vie. You must love it more than your life itself».

Le Dr Boodhoo souligne que lui et les autres médecins étudiant et pratiquant la neurochirurgie vivaient au jour le jour. Il fallait non seulement posséder les compétences d’un chirurgien mais aussi supporter la charge de travail. «On opérait nuit et jour. Je voyais le changement de saisons à travers la fenêtre du bâtiment. On commençait à 7 heures et on ne terminait pas avant 19 heures, 20 heures et parfois plus tard.»

Les cas les plus courants d’interventions neurochirurgicales en Afrique du Sud étaient les traumatismes crâniens consécutifs à des accidents de la route et d’actes de violence. Le Dr Boodhoo a adoré l’Afrique du Sud et lorsqu’il a obtenu son diplôme de neurochirurgien, il est devenu le premier mauricien à avoir le Fellow of the College of Neurosurgeon of South Africa. Il a eu la chance d’avoir un emploi comme consultant en neurochirurgie au Nelson Mandela School of Medecine. Au total, il a passé 12 ans en Afrique du Sud. En comptant ses études en Inde et dans le pays de Nelson Mandela, sa formation aura duré 16 ans, ce qui est le propre pour tout neurochirurgien.

Des emplois au Canada et en Australie lui ont été proposés, de même qu’à ses collègues amis mais lui a choisi de venir exercer à Maurice non seulement pour des raisons familiales mais aussi parce que ses connaissances n’arrêtaient pas de lui dire qu’il n’y avait pas de neurochirurgien dans l’île. C’est ainsi qu’en 2006, il a plié bagages, quittant le poste d’Acting head of departement en neurochirurgie au Nelson Mandela School of Medecine, où il avait pourtant toutes les facilités de pointe pour sa pratique, pour regagner Maurice et se mettre au service de ses compatriotes. Il a rejoint le secteur public, étant affecté à l’hôpital Victoria d’abord puis au Jahawarlal Nehru Hospital. Il a également été sollicité pour opérer dans les cliniques privées.

À un moment, avec le Dr Ashwamed Dinassing, chirurgien oto-rhino-laryngologiste, actuel directeur général des services de santé au ministère de tutelle, ils décident d’aller à l’étranger pour se spécialiser en endoscopie. C’est en Turquie que le Dr Boodhoo a suivi ce cours alors le Dr Dinassing l’a fait en Inde. Appelé à évoquer l’intervention la plus délicate qu’il lui a été donnée de réaliser, il fait état de l’enlèvement, par le nez, d’une tumeur logée dans l’hypophyse d’une Comorienne, qui était sur le point de perdre la vue. «Le Dr Dinassing et moi l’avons opérée par endoscopie et lui avons enlevé la tumeur par le nez alors qu’auparavant, on le faisait par la bouche. Peu après l’intervention, la patiente a recouvré totalement la vue.»

Le Dr Boodhoo serait encore dans le secteur public si on ne lui avait indiqué la porte de sortie en 2023. Il ne veut en dire davantage car il n’aime pas s’attarder sur les mesquineries politiques. Il préfère retenir que le département de neurochirurgie, qu’il a mis en place à l’hôpital Victoria et qui a connu de grands développements sous sa direction, a obtenu le grand prix du Public Service Excellence Award, de même qu’un prix dans une sous-catégorie. «Ce département a obtenu tellement de trophées et de cartes de remerciements provenant de patients soignés qu’on ne savait plus où les ranger», raconte-t-il en riant.

Dans sa pratique privée, précise-t-il, il opère de nombreux cas de traumatismes crâniens résultant d’accidents routiers et de travail, de violences interpersonnelles et d’accident vasculaire cérébral. Il n’a jamais les yeux rivés sur sa montre quand il opère. Si en Afrique du Sud, il lui est fréquemment arrivé de passer 14 heures au bloc, à Maurice et dépendant des cas, cela varie entre quatre et six heures. «Presque toutes les interventions aujourd’hui relèvent de la microchirurgie et sont pratiquées sous microscope, excepté pour les traumatismes crâniens.»

Sensible, il vit mal les cas où lui et son équipe ont fait tous les efforts pour sauver une vie et que malgré cela, la personne ne survit pas. «On se sent alors impuissant et c’est déprimant.» Pour se ressourcer, il recourt alors à la peinture à l’huile sur canevas qu’il a toujours pratiquée après avoir photographié des paysages qu’il aime. Une de ses peintures, réalisées en Afrique du Sud, a d’ailleurs figuré comme First cover du magazine médical spécialisé «Continuation of Medical Education» pendant 12 mois consécutifs.

À Maurice, il a exposé 50 de ses tableaux, d’abord à la SSR Art Gallery, de même qu’à La Citadelle. Tout comme il a participé en 2024 et 2025 au Salon de Mai. «J’ai d’ailleurs une centaine de tableaux à la maison que je pense exposer à la fin de cette année.» Il compose aussi des poèmes dont la plupart sont inédits. Deux d’entre eux ont été retenus à l’international, l’un figurant dans l’édition de The best poems and poets of 2001 de Poetry.com et l’autre dans le livre A grasp of eternity, publié par The International Library of Poetry en 2004.

Le Dr Boodhoo, qui a la main verte, jardine aussi et chante, tout en s’accompagnant au piano et à la guitare. Où trouve-t-il le temps pour ces activités ? «Quand vous êtes passionné par quelque chose, cette passion va générer suffisamment d’énergie pour que vous l’exerciez. Il y a toujours un tableau sur mon chevalet et lorsque je rentre à la maison après une longue journée d’interventions, je dîne et après le dîner, j’apporte quelques retouches ou je commence un autre tableau. Dès que j’ai un moment de libre, je m’adonne à l’une de mes passions.» Il encourage d’ailleurs ses patients à planter et à faire de la musique car pour lui, ces disciplines artistiques sont thérapeutiques. «We do not heal only with a scalpel but also with words and emotions. Il faut initier les jeunes à découvrir la beauté et la simplicité de la nature.»

Le Dr Boodhoo a consacré énormément de temps à l’éducation continue de ses pairs, que ce soit dans les secteurs public que privé. Il encourage les jeunes médecins spécialistes mauriciens qui sont à l’étranger à regagner le pays pour faire avancer le niveau de la médecine dans l’île. C’est avec cette idée en tête qu’il a rejoint le Dr Keser Pillai et d’autres spécialistes quand le Medical Update Group a été créé. «Je réponds présent à chaque occasion de formation médicale continue pour mes pairs, de même que pour moi. Plus j’apprends des choses, plus je réalise que j’ai encore beaucoup à apprendre et cela rend humble.» Sa recette pour réussir est le travail. «Il faut travailler dur. Don’t work for rewards but for results.»

Il se dit très honoré par la décoration reçue le 12 mars. «C’est un grand honneur que le Premier ministre m’a fait. C’est signe que mes efforts ont été reconnus. Je n’ai jamais regretté d’être rentré au pays et les best years of my life se sont déroulées à l’hôpital. Cette décoration est un encouragement à travailler davantage pour faire progresser la neurochirurgie dans l’île et permettre aux patients mauriciens d’être opérés sur place…»

? Dr Keser Pillai, interniste et spécialiste en médecine respiratoire : The making of a doctor

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Tout dans l’approche et le ton du Dr Keser Pillai indique son désir de rassurer ses patients quand il livre son diagnostic. Car pour lui, un bon médecin doit non seulement être compétent et faire preuve d’empathie. Mais il doit aussi être toujours prêt à suivre les évolutions de la médecine afin de relever son niveau de pratique. Ce qui explique qu’il a mis en place, peu après son retour à Maurice, au début des années 1990, le Medical Update Group avec l’anesthésiste Madho Jingree.

Le Dr Pillai a au compteur 48 ans de carrière après avoir obtenu un Bachelor of Medecine, Bachelor of Surgery Degree (MBChB) auprès de l’université de Glasgow en Écosse, un Membership of the Royal College of Physicians (MRCP) auprès de cette même université et qu’il a fait suivre par une double spécialisation en médecine interne et médecine respiratoire auprès du centre régional cardio-thoracique de Leicester en Grande-Bretagne. Sans compter ses sept ans de pratique en Arabie Saoudite.

La médecine chez lui n’est pas une affaire de famille mais vient d’une fascination pour la biologie. Son père, Damodaran, diplômé en économie, était originaire du Kerala en Inde. C’est en venant à Maurice dans les années 1940 pour mettre en place une compagnie d’assurance que celui-ci a rencontré sa mère Maud et qu’ils sont tombés amoureux et l’histoire d’amour s’est soldée par un mariage. Le Dr Pillai est l’aîné de deux enfants. Sa sœur cadette, Leela, lauréate de la bourse d’Angleterre, est économiste. Il a fait ses études primaires au collège BPS, qui était à l’époque mixte, où il a décroché la petite bourse en fin de cycle. Ce qui lui a ouvert les portes du Collège Royal de Port-Louis. Doué pour les sciences et passionné de biologie, il excellait aussi en football et surtout en athlétisme, s’entraînant tous les après-midis après les horaires de classe avec Cyril Esther. Son meilleur souvenir sportif est d’avoir remporté le 800 mètres aux Jeux Inter-collèges de 1973.

Devenu orphelin de père à 15 ans, c’est sa mère qui a tenu la famille d’une main de fer. «Je lui dois beaucoup. Elle a su me donner une liberté contrôlée», dit-il. Alors qu’il est en Form VI, il approche ses enseignants de sciences – M. Bhunjun pour la chimie, M. Domah pour la biologie et M. Allken pour la physique – pour savoir s’il doit, comme ses amis, prendre des leçons particulières. Ils sourcillent et avec un regard sévère, ils lui demandent si leurs cours en classe lui paraissent insuffisants. Le jeune Keser Pillai, qui a alors 16 ans, ne demande pas son reste. À 17 ans et demi, il obtient ses résultats de Higher School Certificate qui sont excellents. Comme à l’époque les sciences débouchent sur l’enseignement ou la médecine, sa mère lui fait valoir que la médecine comprend une bonne dose de biologie, et qu’en étant médecin, il pourra soigner un grand nombre de personnes.

Glasgow et pas Glaxo

Il suit son conseil. C’est par accident qu’en postulant pour son choix universitaire, il met comme premier choix l’université de Glasgow en Écosse. «À l’époque, bon nombre de médicaments étaient fabriqués par Glaxo et pensant que tous les postulants allaient mettre comme premier choix Londres ou Édimbourg, j’ai mis Glasgow. Un choix accidentel qui s’est avéré payant car la faculté de médecine de Glasgow est une des meilleures au monde.» Comme il s’exprime aussi bien en anglais qu’en français, l’interview subséquente qu’il passe lui permet d’obtenir une bourse d’études de premier cycle. Il quitte Maurice en septembre 1973 pour l’Écosse et malgré l’hiver rigoureux, il s’adapte facilement car il est passionné par les cinq années d’études qui mènent au Bachelor of Medecine, Bachelor of Surgery (MBChB) qu’il obtient sans peine. Diplôme qu’il fait suivre par des études menant au Membership of the Royal Colleges of Physicians (MRCP) qu’il obtient aussi en travaillant dur. «Les études pour l’obtention du diplôme de médecine de base sont relativement faciles en comparaison avec celles du MRCP. Il fallait travailler dur et le taux de réussite au MRCP parmi les étudiants ne dépassait pas les 25 %.»

Et bien qu’il ait obtenu une médaille en anatomie, discipline qui aurait logiquement dû l’orienter vers la chirurgie, il est davantage impressionné par ses professeurs de médecine interne, surtout le Dr John Dagg, qui a été en quelque sorte son gourou, et il suit son instinct, déclinant un poste en cardiologie pour continuer sa spécialisation en médecine interne et respiratoire au centre régional cardio-thoracique à Leicester au Royaume-Uni. Il aspire à regagner Maurice comme il l’avait écrit dans son journal intime avant de quitter l’île. «J’avais écrit que partir étudier pour moi était comme aller faire un long camping et qu’après je rentrerai au pays.»

Mais avant de rentrer, le Dr Pillai fait un crochet par Riyad, capitale de l’Arabie Saoudite, où il est recruté comme Senior registrar en médecine interne et respiratoire au King Khaled University Hospital. Il encadre quatre jeunes médecins saoudiens qu’il forme. Il y côtoie aussi les plus grosses pointures médicales retraitées d’Europe et des États-Unis venues mettre leur expertise au service des Saoudiens et il apprend beaucoup à leur contact. «Tous les jours, il y avait des discussions entre nous, de même qu’avec les collègues et on confrontait nos idées. J’ai beaucoup appris là en trois ans.»

Pour améliorer son expérience et passer à un niveau supérieur, soit être consultant, il appelle plusieurs hôpitaux à Riyad et la secrétaire du Security Forces Specialist Hospital lui apprend qu’un poste de consultant en médecine interne et respiratoire vient juste de se libérer. Il est invité à passer l’entretien. Il s’agit de l’hôpital de référence pour les fonctionnaires du ministère de l’Intérieur saoudien. Il passe l’entretien et est recruté comme consultant. Le directeur de l’hôpital, sir John Donald, est un Écossais et le chef du département de médecine interne et respiratoire, le Dr Steven Smith, un Américain «très rigoureux.»

Une fois sur place, en association avec le professeur Abdul Karim Al Aska, nouveau chairman du département, il aide à mettre en place le programme de l’Arab Board of Internal Medecine et anime des cours de formations pour les internistes saoudiens. Il passe quatre ans dans cet hôpital. Ayant économisé suffisamment d’argent pour se mettre à son compte une fois à Maurice, il décide de rentrer. Il ouvre son cabinet de consultation à Beau-Bassin. Trois médecins lui donnent un sacré coup de pouce afin qu’il constitue sa patientèle : le Dr Raymond Avrillon, directeur de la Clinique Mauricienne, le chirurgien Ibrahim Rawat et le Dr Serge Maurice, oto-rhino-laryngologiste. Le frottement qu’il a eu avec tous ses mentors l’incite à se renseigner sur les possibilités d’éducation médicale continue. Il réalise que la Mauritius Medical Association, qui s’en chargeait autrefois, est nettement moins active. Il veut y remédier malgré certains avis pessimistes.

Heureusement pour lui qu’il persiste et tombe sur l’anesthésiste Madho Jingree, qui lui aussi croit en la transmission aux pairs. Ils constituent alors le Medical Update Group en 1992 et depuis, chaque mois, ils invitent des médecins locaux et étrangers à animer des conférences sur les avancées médicales dans le monde. «La transmission est essentielle. La médecine est une science et un art. Si l’on est que scientifique, on n’a pas d’empathie, et si on n’a que l’empathie et pas de bagage scientifique, ça ne va pas marcher. Je crois que le côté clinique de la médecine, soit comment parler à un patient, comment examiner quelqu’un, on l’apprend de nos mentors. Si on n’a pas de bons role models, c’est difficile d’être un bon médecin.»

Et une fois qu’on est spécialiste, ajoute-t-il, il ne faut pas se dire que l’on connaît tout. «La médecine évolue si vite qu’on peut être vite dépassé. Il faut sans cesse apprendre et se perfectionner pour rehausser le niveau du service.» Il loue le travail du Dr Meera Manraj et d’Annick Hebe, membres du Medical Update Group. Cette dernière a notamment créé le site internet du groupe et abat un gros travail pour cette entité.

En 1999, le Dr Pillai a été fait Fellow of the Royal College of Physicians of Glasgow, qui a reconnu sa contribution au développement de sa spécialité dans son pays. Ce père de deux enfants, Louise Guyomar, enseignante de langues au Portugal et de Marc, expert-comptable au Luxembourg, épouse totalement l’idée d’un collègue, qui a trouvé que la connaissance en médecine est comme un tapis roulant et qu’il faut continuer à avancer sous peine de retourner en arrière et régresser.

Le Dr Pillai, qui a entretemps fait installer à l’étage de sa consultation une unité sophistiquée dédiée au dépistage des allergies et à la médecine du sommeil, n’a pas vu le temps passer. Sa décoration lui fait énormément plaisir. «Je suis vraiment honoré par cette distinction recommandée par le Premier ministre. Cela me motive à essayer, à ma façon, d’améliorer la façon dont on pratique la médecine, en me concentrant surtout sur les jeunes médecins, qui seront les seniors de demain. Il est important de leur donner une formation médicale continue de haut niveau car cela garantit un service de qualité…»

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