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Affaire Yogeshwaree Bhunjun

Retrait de protection et spirale de violences

22 mars 2026, 05:30

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Retrait de protection et  spirale de violences

Yogeshwaree Bhunjun (photo), 37 ans, avait obtenu une Protection Order afin de se protéger. Un mois plus tard, elle décidait toutefois de la retirer. Une décision qui, malgré les risques évidents, l’a laissée exposée à un environnement familial tendu. En février 2026, selon des rapports de la Family Support Service (FSS) et des autorités, elle aurait été victime de violences domestiques, d’insultes et de pressions verbales de la part de son concubin, Arvind Parmanand Ramchurn, sans pour autant déposer plainte.

Mère de deux enfants — un garçon de deux ans et une fille de huit mois — Yogeshwaree Bhunjun vivait dans une situation précaire. Déjà en juin 2025, elle avait été victime de violences physiques, morales, verbales et psychologiques de la part de son concubin. Elle avait alors signalé les faits à la police et sollicité de l’aide. La FSS de Triolet avait effectué plusieurs visites à domicile afin d’évaluer sa situation et lui proposer un hébergement sécurisé. Elle avait cependant refusé de séjourner dans un refuge, privilégiant un accompagnement psychologique ainsi que des séances de médiation de couple, dans le but de préserver la stabilité familiale, notamment dans l’intérêt des enfants.

Pendant plusieurs mois, la médiation a constitué le principal cadre de gestion des tensions au sein du couple. En août 2025, une nouvelle plainte est enregistrée. Les séances ont notamment porté sur des conflits liés à une possible relation extraconjugale, ainsi que sur d’autres différends familiaux.Yogeshwaree Bhunjun finit par être accueillie dans un refuge avec ses deux enfants en bas âge. Les psychologues et officiers de la FSS ont alors observé que les enfants ne présentaient pas de signes immédiats de traumatisme et qu’ils étaient correctement encadrés.

Malgré ce suivi, elle retire sa Protection Order après un mois et refuse de déposer une troisième plainte pour violences domestiques entre août et septembre 2025. Ce choix réduit considérablement les protections légales dont elle pouvait bénéficier, la laissant dans une situation de grande vulnérabilité. Les services sociaux, bien que conscients des risques, se retrouvaient limités dans leurs interventions face au refus de la victime d’être protégée légalement.

En septembre 2025, Yogeshwaree Bhunjun sollicite de nouveau l’assistance de la FSS et est hébergée dans un refuge pendant 24 jours. À l’issue de cette période, elle retourne vivre chez sa famille à Lalmatie. Toutefois, en décembre 2025, elle serait revenue auprès de son concubin, malgré l’historique de violences et un environnement toujours à risque.

Le suivi des autorités s’intensifie en février 2026. Le 20 février, des officiers de la FSS tentent de la joindre par téléphone afin de vérifier son état et lui rappeler les mesures de sécurité. Le 23 février, une visite à domicile est effectuée par la FSS, accompagnée d’une policière. Lors de cette intervention, d’une dizaine de minutes, Yogeshwaree Bhunjun déclare avoir subi des violences verbales et des insultes. Elle indique également que son téléphone, endommagé, limite ses contacts avec sa famille et les services d’aide. Les officiers lui rappellent alors les démarches à suivre en cas de danger ainsi que les dispositifs disponibles pour assurer sa sécurité et celle de ses enfants.

Le drame atteint un point critique début mars 2026. Le 5 mars, son concubin signale sa disparition, suivi le 8 mars par une déclaration de son père, Prakash Bhunjun, auprès de la police de Plaine-des-Papayes. À ce stade, le corps de Yogeshwaree Bhunjun reste introuvable. Ses deux jeunes enfants sont confiés à un membre de la famille paternelle après l’arrestation du Dr Ramchurn. Le ministère de l’Égalité des genres et du bien-être de la famille a pris des mesures immédiates pour assurer leur protection, tandis que le père est maintenu en détention provisoire.

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