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Atelier d'écriture journalistique
«Le sensationnalisme peut causer un préjudice réel aux victimes»
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Atelier d'écriture journalistique
«Le sensationnalisme peut causer un préjudice réel aux victimes»
■ Arianne Navarre-Marie à l’atelier consacré à une couverture plus responsable des VBG, jeudi.
Le Media Trust, en collaboration avec le ministère de l’Égalité des genres et du bien-être de la famille, a réuni des journalistes, le jeudi 5 mars, à Port-Louis, pour un atelier consacré à une couverture plus responsable des violences basées sur le genre (VBG). Organisée à quelques jours de la Journée internationale des droits des femmes, célébrée le 8 mars, sous le thème «Rights. Justice. Action. For ALL Women and Girls», cet atelier visait à encourager un traitement médiatique plus sensible et plus informatif des cas de violences domestiques et de VBG.
Éviter la revictimisation
Plusieurs erreurs fréquentes dans la couverture médiatique ont été évoquées, notamment le dévoilement de l’identité de la victime ou d’éléments permettant de l’identifier, l’utilisation d’images ou de vidéos susceptibles de compromettre sa sécurité, la mention de détails personnels inutiles, comme sa tenue vestimentaire ou sa vie privée, ou encore des formulations pouvant conduire à blâmer la victime. Les journalistes ont été appelés à éviter ce que l’on appelle le victim blaming, par exemple, lorsque l’accent est mis sur le comportement de la victime plutôt que sur les actes de l’agresseur. À l’inverse, un traitement responsable consiste à mettre en lumière la responsabilité de l’auteur des violences et les conséquences de ses actes.
Autre recommandation : faire preuve de prudence dans l’utilisation des images. Diffuser des photos de victimes ou de scènes de violence peut non seulement porter atteinte à leur dignité, mais aussi exposer leurs proches à un traumatisme supplémentaire. La ministre de l’Égalité des genres, Arianne Navarre-Marie, a évoqué des situations où des images de victimes circulent sur les réseaux sociaux, parfois au détriment des familles, citant notamment le cas d’Electra Cou- tequel à Mahébourg. «Nous vivons à une époque où chacun peut filmer et diffuser des images. Mais diffuser ces images uniquement pour le sensationnalisme peut causer un préjudice réel aux victimes et à leurs proches», a-t-elle souligné.
Pour la ministre, un journalisme éthique doit avant tout respecter la dignité des personnes concernées. «La déontologie n’est pas une contrainte, mais une boussole qui nous rappelle pourquoi nous faisons ce métier », a-t-elle déclaré, rappelant qu’elle-même avait été journaliste avant d’entrer en politique. Selon elle, un traitement médiatique responsable peut également devenir un outil de prévention. «Les journalistes peuvent aider à mettre en lumière les signes avant-coureurs de la violence et informer les victimes des services disponibles.»
Plusieurs formes de violence
Les discussions ont également permis de rappeler que les violences faites aux femmes ne se limitent pas aux agressions physiques. Elles peuvent prendre différentes formes : violences psychologique, économique, verbale ou sexuelle, mais aussi cyberharcèlement, intimidation au travail ou encore traite des êtres humains. La question des victimes masculines a également été évoquée. Si les femmes restent les principales victimes de violences domestiques, Arianne Navarre-Marie a souligné que certains hommes sont également concernés : «Il y a aussi des hommes victimes de violence domestique, mais beaucoup n’osent pas en parler ou demander de l’aide.» Selon elle, il est important d’impliquer également les hommes dans la prévention des violences, notamment à travers des initiatives comme le programme Men as Allies, qui vise à promouvoir une masculinité positive et à sensibiliser les jeunes aux relations respectueuses.
Informer aussi sur les solutions
Un autre message clé de l’atelier : les journalistes ont également été encouragés à mentionner les services d’accompagnement disponibles. Plusieurs services sont accessibles aux victimes de violences domestiques et de violences basées sur le genre. Le ministère de l’Égalité des genres dispose notamment de 12 centres (augmenté de huit centres aupa- ravant) de Family Support Services répartis à travers l’île, notamment à Port-Louis, Abercrombie, Rose-Hill, Phoenix, Souillac, Goodlands, Vacoas, Bambous, Flacq, Moka, Plaine-Magnien et Triolet. Ces centres, aussi appelés des one-stop shops, offrent plusieurs formes d’accompagnement, dont le soutien psychologique, des conseils juridiques, une assistance pour l’obtention d’ordonnances de protection sous la Protection from Domestic Violence Act et un accompagnement psychosocial.
Plusieurs lignes d’urgence sont également disponibles 24 heures sur 24 dont le 139, la hotline pour les cas de violence domestique, le 119, pour l’assistance pour les problèmes familiaux, et le 113, pour le signalement des cas d’abus envers les enfants. L’application mobile Lespwar, qui a enregistré à ce jour plus de 1 700 alertes, permet également aux victimes de signaler anonymement des situations de violence et d’accéder à des informations sur les services disponibles.
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