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Transition numérique
La Special Economic Zone de Côte-d’Or, ce terrain fertile
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La Special Economic Zone de Côte-d’Or, ce terrain fertile
Le projet de Special Economic Zone (SEZ) à Côte-d’Or marque une nouvelle étape dans la stratégie de transformation économique du pays. Portée par le gouvernement et mise en œuvre par Landscope (Mauritius) Ltd, cette SEZ se veut un levier structurant, comme l’explique Rajen Seetohul (en médaillon), CEO de Landscope : «Il s’agit d’attirer des investissements directs étrangers plus importants et plus productifs, en créant des emplois, en stimulant les exportations et en favorisant la croissance».
Contrairement aux dispositifs existants, cette SEZ sera explicitement orientée vers l’économie numérique, l’intelligence artificielle et, potentiellement, la fabrication de pointe. L’annonce faite par le Premier ministre lors du récent AI Impact Summit en Inde a donné le ton : Maurice veut s’imposer comme une plateforme technologique crédible, capable d’attirer des entreprises innovantes opérant sur les marchés africains et internationaux. Concrètement, le gouvernement mettra à disposition, à travers Landscope (Mauritius) Ltd, une vingtaine de parcelles de différentes superficies, entièrement aménagées et dotées des infrastructures nécessaires. L’idée est de créer un environnement «de classe mondiale» favorisant l’implantation, l’innovation et la croissance.
Cette approche vise à dépasser le simple modèle d’attraction d’investissements immobiliers ou financiers pour s’orienter vers des activités à forte intensité technologique, susceptibles de générer un effet d’entraînement sur l’économie locale.
Le projet en est actuellement à sa phase de structuration. «Nous collaborons actuellement avec les différentes parties prenantes afin d’établir un calendrier de développement détaillé», explique Rajen Seetohul. Il ajoute que les travaux d’infrastructure, placés sous la responsabilité directe de Landscope, devraient être achevés d’ici la fin de l’année.
Structuration
Toutefois, le démarrage effectif des activités économiques prendra davantage de temps. «Un délai de deux à trois ans est jugé raisonnable compte tenu de la nature du projet.» Raison avancée : la complexité des investissements ciblés, qui impliquent des installations technologiques avancées, des partenariats de recherche et des structures opérationnelles sophistiquées.
La gouvernance du projet reposera sur un Steering Committee actuellement en cours de constitution par le Bureau du Premier ministre, en collaboration avec le ministère des Finances. Plusieurs institutions stratégiques devraient en faire partie, notamment l’Economic Development Board et Landscope (Mauritius) Ltd. Ce comité sera chargé de définir les principes directeurs, les secteurs prioritaires, les politiques d’accompagnement et les écosystèmes d’innovation nécessaires au succès de la SEZ. Et il supervisera les procédures de sélection des promoteurs, coordonnera l’action des différents ministères et formulera des recommandations juridiques et réglementaires.
Parmi ses responsabilités figurera la proposition d’incitations fiscales et de simplifications administratives adaptées à la nature spécifique des activités ciblées. La possibilité de soumettre des rapports réguliers au Conseil des ministres est envisagée, dans un souci de transparence et de redevabilité.
Exclusivité et synergie
La SEZ sera ouverte exclusivement aux entreprises étrangères, un choix assumé qui vise à maximiser l’apport en capital, en technologie et en expertise internationale. «Nous ciblerons les entreprises étrangères disposant des capacités technologiques, financières et matérielles nécessaires au développement des projets envisagés», souligne Rajen Seetohul.
L’objectif n’est pas seulement d’attirer des capitaux, mais aussi de favoriser le transfert de technologies, la collaboration en matière de recherche et le développement de compétences locales. Les entreprises implantées seront encouragées à créer des synergies avec les institutions et entreprises mauriciennes afin de générer des emplois qualifiés dans des secteurs émergents.
Au-delà des incitations fiscales et réglementaires en préparation, l’un des arguments majeurs repose sur le positionnement géostratégique de Maurice. L’île bénéficie d’accords commerciaux préférentiels tels que le Common Market for Eastern and Southern Africa, la Southern African Development Community et le Comprehensive Economic Cooperation and Partnership Agreement, qui facilitent l’accès aux marchés africains et à l’Inde. Dans cette perspective, la SEZ de Côte-d’Or pourrait devenir une plateforme régionale pour des entreprises souhaitant utiliser Maurice comme base opérationnelle pour rayonner en l’Afrique. Ce positionnement s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer l’intégration du pays dans les chaînes de valeur mondiales.
Un ensemble d’incitations attractives et compétitives est actuellement à l’étude. «Une équipe a déjà commencé à travailler sur un ensemble d’incitations attractif et compétitif, conçu pour garantir la réussite de ces entreprises», indique le CEO. Et d’ajouter que le cadre juridique et réglementaire spécifique à la SEZ, incluant les avantages fiscaux et la simplification des procédures administratives, sera soumis au Steering Committee pour validation. L’enjeu est de proposer un dispositif suffisamment compétitif pour rivaliser avec d’autres hubs technologiques régionaux, tout en préservant les intérêts nationaux.
«New economic model»
Si des investisseurs indiens pourraient être parmi les premiers à s’implanter, la SEZ ne sera pas réservée à un seul pays mais ouverte également aux entreprises étrangères. Et Rajen Seetohul d’ajouter qu’à ce stade, il est encore difficile d’estimer le montant total des investissements potentiels, le succès du projet dépendra en grande partie, dit-il, de la capacité des autorités à structurer un cadre attractif et stable.
La SEZ de Côte-d’Or s’inscrit dans une logique de transition vers un «New Economic Model», visant à repositionner Maurice sur des secteurs à forte valeur ajoutée et à réduire sa dépendance aux activités traditionnelles. À cet effet, la principale rupture de ce projet avec les dispositifs existants réside dans sa spécialisation sectorielle – numérique et IA – ainsi que dans son cadre juridique et fiscal propre. «En concentrant les efforts sur des industries d’avenir et en misant sur l’expertise étrangère pour accélérer la montée en compétences locales, le gouvernement entend poser les bases d’une nouvelle phase de développement», insiste Rajen Seetohul.
Reste désormais à transformer l’ambition stratégique en réalité opérationnelle. Le pari est clair : faire de Côte-d’Or un catalyseur de la mutation technologique mauricienne et un signal fort envoyé aux investisseurs internationaux.
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