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Scandale dans la filière letchi
Des cadres du groupe Sodiat en détention, Mamy Ravatomanga visé par un mandat d’arrêt international
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Scandale dans la filière letchi
Des cadres du groupe Sodiat en détention, Mamy Ravatomanga visé par un mandat d’arrêt international
L’homme d’affaires malgache Mamy Ravatomanga.
L’onde de choc est considérable dans le secteur économique malgache. L’affaire des exportations de letchis, produit phare de Madagascar sur le marché européen, franchit un cap judiciaire majeur. Quatre responsables du groupe Sodiat ont été placés en détention provisoire à la prison d'Antanimora le vendredi 20 février, après leur comparution devant le Pôle Anti-Corruption (PAC).
Il s’agit de trois femmes – la directrice de coordination, la directrice juridique et des ressources humaines, et la directrice administrative et financière – et d’un homme, le directeur administratif et financier de la société Amarante. Quant à José Andrianasolo, vice-président du groupe, et Éric Razanamparany, directeur général, ils sont placés sous contrôle judiciaire. Ils sont poursuivis pour des faits présumés de corruption, de blanchiment d’argent, d’atteinte à la concurrence et d’abus de fonction dans le cadre des campagnes d’exportation de letchis de 2019 à 2026.
Système «opaque»
Au total, huit personnes et 12 sociétés sont mises en cause. Deux autres responsables sont sous contrôle judiciaire, un septième suspect devrait être entendu prochainement, tandis que le huitième protagoniste, le président-directeur général Mamy Ravatomanga, fait l’objet d’un mandat d’arrêt international émis par le PAC. Cette décision marque une étape majeure dans une enquête aux ramifications économiques importantes, touchant l’un des conglomérats les plus influents du pays.
Au cœur des investigations figure le Groupement des exportateurs de litchis (GEL), structure clé chargée d’organiser les campagnes d’exportation vers l’Europe. Les enquêteurs suspectent une rupture d’égalité entre opérateurs économiques, notamment dans la répartition des quotas et les conditions d’accès au groupement.
Certaines sociétés liées au groupe Sodiat auraient bénéficié de conditions avantageuses dans un système jugé opaque. Les investigations portent également sur des flux financiers suspects entre Madagascar et l’île Maurice. Plusieurs entreprises du groupe auraient exporté des cargaisons vers Maurice, où une société appartenant à Mamy Ravatomanga aurait ensuite revendu les produits sur le marché européen, générant d’importantes marges. Les autorités cherchent à déterminer si ces opérations ont servi à dissimuler des fonds, susceptibles de constituer des faits de blanchiment de capitaux.
L’affaire n’est pas nouvelle. En 2022, Transparency International Initiative Madagascar avait dénoncé une concentration excessive des profits du commerce du letchi entre les mains de quelques acteurs influents, au détriment des petits producteurs et collecteurs. L’organisation avait alors saisi les autorités compétentes pour ouvrir une enquête.
Aujourd’hui, avec des incarcérations, des sociétés dans la tourmente et un mandat d’arrêt international visant le président-directeur général du groupe, l’affaire pourrait marquer un tournant dans la gouvernance du secteur. L’exportation de letchis représentant un enjeu économique majeur pour Madagascar, les développements judiciaires à venir seront scrutés de près, tant par les opérateurs économiques que par l’opinion publique.
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