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Entretien

Vishal Nowbuth : «Nous avons une vision différente des courses»

15 février 2026, 14:00

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Vishal Nowbuth : «Nous avons une vision différente des courses»

Vishal Nowbuth, le «stable manager» de l’écurie Aqua Stallions. (Photos : RC7 Photography)

Après une mise en place d’une année, Vishal Nowbuth voit son objectif se concrétiser avec l’avènement de son écurie Aqua Stallions, qui ambitionne d’être un «big player» de la scène hippique dès sa première année.

? Vous êtes cette année à la tête de votre écurie Aqua Stallions, mais le public turfiste vous connaît très peu. D’où vous est venue cette passion pour les chevaux ?

J’ai tout le temps aimé les chevaux. C’est un animal assez symbolique pour moi car il a accompagné les humains au fil de l’histoire, que ce soit pendant les guerres ou pour le transport. Il incarne la royauté.

Concernant la création de mon écurie, je dois dire que l’idée a germé l’année dernière avec le retour du Mauritius Turf Club (MTC). Pour la petite histoire, j’ai déjà un centre équestre en Afrique du Sud. Avec le retour du MTC, j’ai voulu me lancer dans les chevaux de courses pour les acheminer à l’île Maurice. J’ai aussi des chevaux à Durban, à Greyville.

Mais les courses mauriciennes représentent une toute autre dimension, avec toute l’énergie et l’engouement qui les entourent. J’ai trouvé cela bien plus intéres- sant pour le côté branding particulièrement avec toutes les compagnies que nous possédons, comme Aqua Springs. C’est une plateforme extraordinaire pour nous.

? Posséder une écurie implique les contraintes financières qui ne peuvent être dissociées. À l’heure où pratiquement tous les entraîneurs roulent à découvert, dixit Ramapatee Gujadhur, pourquoi Vishal Nowbuth veut-il se lancer dans une aventure aussi «périlleuse»?

Nous avons une vision différente des courses par rapport aux autres entraî- neurs dans le sens où c’est plus un business qu’ils roulent pour subvenir à leurs besoins financiers ainsi que ceux de leurs employés. Pour nous, si l’écurie parvient à être autosuffisante, cela nous satisfait amplement. Comme je l’ai dit, c’est plus l’aspect du branding qui nous intéresse. Au lieu d’y investir des millions, je trouve que mettre cet argent dans une écurie est bien plus inté- ressante dans le sens où c’est une vitrine extraordinaire pour nos entreprises. Selon moi, le retour sur investissement est bien plus important.

? Vous aviez soumis une demande pour une écurie l’année dernière, mais cela ne s’était pas matérialisé. Quelles étaient les conditions que vous n’aviez pu remplir à l’époque pour obtenir votre licence ?

D’abord, je tiens à préciser que notre demande n’a jamais été rejetée. Nous étions en contact permanent avec les autorités dont la Gambling Regulatory Authority (GRA). Il y a eu beaucoup de spéculations, mais en vérité, nous n’avions pas suffisamment de temps devant nous pour être opérationnel, pour acquérir les chevaux et les entraîner. Obtenir des boxes au MTC était très difficile l’année dernière. C’était très compliqué à mettre en place et cela aurait représenter une perte de temps, d’où le fait que nous avons décidé de patienter. Sa finn port so fri. Nou finn aprann bann nouvo dinamik dan sa lindistri-la.

? Le nom de Soodesh Seesurrun circulait l’année dernière pour entraîner vos chevaux. Les rumeurs étaient-elles fondées et pourquoi avoir opter pour Shirish Narang au final ?

Nous étions effectivement en contact avec Soodesh Seesurrun pour le lancement de l’écurie. Son expérience dans le turf était impressionnante, mais il n’était pas le seul profil qui nous intéressait. Il nous a d’ailleurs donné un coup de main pour identifier des chevaux et nous lui en sommes reconnaissants. Cette année, il nous fallait un entraîneur avant de soumettre notre demande d’écurie. Nous avons été très méthodique dans notre approche et quand nous avons parcouru le Curriculum Vitae de Shirish Narang, tant sur le plan académique que de l’expérience, nous avons été convaincus qu’il représenterait un réel atout pour Aqua Stallions.

? Parlons de l’effectif d’Aqua Stallions. Combien de chevaux avezvous actuellement et combien de nouveaux ont été acquis pour la saison ?

Nous avons actuellement 14 chevaux in training. D’ici le début de la saison, ce chiffre devrait passer à une vingtaine. Nous en attendons pratiquement l’équivalent parmi les futurs contingents de nouvelles unités durant l’année. À terme, nous pensons boucler l’année avec environ 40 chevaux dans nos boxes. Cependant, je dois relever les difficultés que nous avons pour faire venir des coursiers d’Afrique du Sud. Il n’y a qu’un centre de quarantaine pour Maurice et les autres pays du monde, sans compter la disponibilité des vols. À titre d’exemple, Jaham, un coursier que nous voulions faire courir dans la Duchesse, est toujours en attente pour venir à Maurice depuis l’année dernière…

? Avec le niveau actuel des stakesmoney, avoir 40 chevaux ne représente-t-il pas un pari trop audacieux ?

Je ne le pense pas. Il nous faudra avoir un bon nombre de chevaux pour pouvoir être à la hauteur de la compétition. Mais, comme je vous l’ai dit, l’investissement ne pose pas vraiment de soucis puisque ce sont des fonds qui étaient destinés au branding de nos entreprises qui sont concernés.

? Et, les boxes dans tout ça ?

Nous avons actuellement 15 boxes à notre disposition au Champ-de-Mars. Je dois dire un grand merci au MTC pour cela. La réouverture du centre Guy Desmarais à Floréal nous offre une option supplémentaire. Mais, nous avons un projet à long terme pour disposer de notre propre centre privé, possiblement dans la région de Montagne-Longue.

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? Qui dit gros effectif dit forcément jockey étranger. Avez-vous déjà déniché l’oiseau rare ?

Nous aurons effectivement une cravache étrangère. Nous en avons déjà shortlisté deux. Je ne vous dévoilerai pas leurs noms pour le moment car c’est quelque chose de vraiment sensible, mais ce que je peux vous dire en revanche, ce n’est qu’aucun des deux n’a monté à Maurice (rires).

? Quel est l’organigramme de l’écurie et quel est l’état de forme de vos chevaux ?

Je suis le stable manager avec Shirish Narang comme entraîneur. Mon bon ami Rooben Narraidoo est le stable supervisor, tandis que Rajesh Seegoolam est notre chef palefrenier. Concernant les chevaux, il y a toujours un temps d’adaptation à observer, surtout avec un changement d’écurie comme c’est le cas actuellement. Nous n’allons pas brusquer leur préparation, mais l’écurie Aqua Stallions sera bien représentée dès le coup d’envoi de la saison, le 25 avril prochain.

? Quelles seront les ambitions d’Aqua Stallions pour sa première année en compétition ?

(Rires) Cela peut faire peur, mais nous aimerions remporter le titre dès cette saison. Je pense qu’avec l’effectif que nous envisageons d’avoir, cela reste possible, mais nous n’allons pas sousestimer la compétition avec les écuries Gujadhur, Foo Kune, Vincent Allet et les autres. Nous nous attendons à connaître une belle saison. Un grand merci à tous ceux qui nous ont soutenu l’année dernière même quand nous n’avions pas encore notre écurie. Nous avons passé un superbe moment durant le dernier weekend de courses et les retombées ont été très encourageantes. Faites-nous encore confiance : Aqua Stallions is the stable to follow!

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