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Interviews

Paroles de lauréats des cuvées 1985 et 2006

11 février 2026, 17:30

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Paroles de lauréats des cuvées 1985 et 2006

Les parcours académiques et professionnels de Krishnee Adnarain Appadoo et d’Olivier Lew inspirent. Respectivement lauréats en 2006 et 1985, ils sont revenus au pays après leurs brillantes études apporter leur contribution au rayonnement de la nation. Ils nous ont confié leur idées pour l’avenir des lauréats à la lumière de leurs expériences personnelles.

? Krishnee Adnarain Appadoo : «Le programme scolaire ne devrait pas rester centré sur des préoccupations trop locales ou isolées»

Lauréate du Queen Elizabeth College en Arts (Classical) side, cuvée 2006, Krishnee Adnarain Appadoo revient sur son parcours depuis. Elle est a fondé le Climate Justice Compact, dont elle est Chief Executive Officer (CEO) ; a cofondé Mind Matters Mauritius, dont elle est directrice ; est membre du conseil d’administration de l’Emotional Wellbeing Institute Mauritius ; et doctorante à l’Université de Western Australia.

? Comment étiez-vous en tant qu’élève au Queen Elizabeth College et pendant vos études supérieures ?

Je n’étais pas particulièrement studieuse. En revanche, j’étais très investie dans la vie extrascolaire, notamment dans le sport. Pour moi, les études n’étaient pas une finalité en soi. J’avais des facilités naturelles pour les langues et les sciences sociales, et j’ai eu la chance d’être encadrée par d’excellents enseignants, qui m’ont guidée et soutenue. En revanche, j’étais moins à l’aise dans les matières qui exigeaient de l’apprentissage par cœur. Les mathématiques n’étaient pas mon point fort, mais j’ai compris très tôt que je devais travailler et renforcer mes bases pour pouvoir réussir mes examens.

? Qu’est-ce qui vous a motivée à poursuivre des études dans plusieurs disciplines, allant du droit à l’environnement et la justice sociale ?

Je suis naturellement curieuse et j’ai toujours ressenti le besoin de mieux comprendre le monde. Je n’ai pas choisi d’étudier le droit par vocation, on m’a plutôt conseillé cette voie pour bénéficier de meilleures opportunités d’emploi à Maurice à mon retour. J’ai toutefois toujours eu une profonde sensibilité pour la justice sociale et environnementale. Cela m’a poussée à explorer plusieurs disciplines, y compris la diplomatie, car elle apprend à gérer les relations humaines avec calme, mais aussi avec fermeté. J’apprends encore, et je suis convaincue qu’avoir une compréhension transversale de plusieurs domaines permet de mieux naviguer dans le monde actuel, à une époque marquée par la désinformation et par une surabondance de contenus sélectionnés et orientés. Je crois également que tout est lié : l’environnement, la société, l’économie, les humanités, l’art, la géopolitique, les sciences, l’intelligence artificielle, et bien d’autres enjeux.

? Pourquoi avez-vous choisi de faire vos études à l’étranger et qu’est-ce qui vous a poussé à revenir vivre et travailler à Maurice ?

Je viens d’une famille initialement issue de la classe ouvrière, qui est progressivement devenue de classe moyenne. L’obtention de la bourse d’État a été une chance inespérée – une véritable loterie – qui m’a permis d’accéder à une éducation de niveau international. Mais avant de partir, je m’étais fait une promesse : revenir et servir mon pays.

? Quel impact le fait d’être lauréate a-t-il eu sur votre parcours personnel et professionnel ?

Pour être honnête, le prestige, la notoriété et l’euphorie du départ s’estompent assez vite lorsqu’on se retrouve confrontée à la réalité de la vie étudiante dans l’une des meilleures universités du Royaume-Uni, et même du monde. La bourse m’a permis d’étudier à l’étranger sans contraintes financières durant la première année. Mais il faut reconnaître que la vie dans le centre de Londres était extrêmement coûteuse. À partir de là, j’ai dû cumuler plusieurs emplois pendant le reste de mes études de premier cycle pour pouvoir m’en sortir. Je me suis toujours sentie immensément privilégiée d’avoir obtenu une bourse d’État. Elle m’a ouvert une porte, mais j’ai compris très tôt que je devais ensuite trouver par moi-même les moyens d’en ouvrir d’autres. Il n’était pas question de rest on my laurels. Je devais continuer à viser plus loin, autant sur le plan académique que professionnel. Sur le plan personnel, même si je suis profondément reconnaissante de cette opportunité, cette bourse a aussi été, pour moi, un poids constant : celui de devoir sans cesse être à la hauteur des attentes de mon pays et de ses citoyens.

? Quels sont les moments clés ou défis que vous avez rencontrés durant votre parcours académique et professionnel ?

Il a été particulièrement difficile pour moi de suivre un cursus de premier cycle à l’UCL, au sein de sa Faculté de droit, à une époque où le programme était classé deuxième au Royaume-Uni, juste après Oxford, surtout venant d’un parcours en sciences humaines et sociales. Comme je préparais un diplôme de droit anglais et français sur quatre ans, le rythme était particulièrement éprouvant. À cela s’est ajoutée ma maladie : diagnostiquée bipolaire, j’ai traversé un épisode dépressif quelques mois avant mes examens de dernière année. À différents moments de mon parcours, en licence comme en master, j’ai dû apprendre à composer avec les périodes de dépression profonde, loin de mon pays, dans un environnement étranger. Je suis reconnaissante envers l’UCL, où la santé mentale était prise au sérieux.

J’ai notamment été inscrite au registre des étudiants en situation de handicap, ce qui m’a permis d’être accompagnée. Cependant, lors de ma formation au Bar Professional Training Course, qui devait me permettre de devenir barrister, j’avais validé 10 examens sur 12. Malheureusement, en raison d’un état de santé extrêmement fragile, je n’ai pas pu terminer le programme et je suis rentrée à Maurice, abattue. J’ai ensuite passé les examens du barreau mauricien, sans succès. J’ai fini par trouver ma vocation ailleurs. L’enseignement ne faisait pas partie de mes plans. Mais aujourd’hui, je suis convaincue que je suis née pour faire ce métier. Pour moi, ce n’est pas un simple travail, c’est une forme de prière. Sur le plan professionnel, les plus grands défis auxquels j’ai été confrontée ont été des environnements de travail toxiques, marqués par le harcèlement et l’intimidation. C’est la raison pour laquelle je suis désormais très attentive aux institutions et aux personnes avec lesquelles je choisis de travailler. Je collabore également avec l’Emotional Wellbeing Institute (Maurice) afin de développer un programme de formation destiné aux dirigeants et cadres supérieurs des institutions publiques et paraétatiques, sur les questions de harcèlement et de bullying en milieu professionnel.

? Selon vous, quels sont les points forts du système éducatif mauricien ?

Un de ses points forts est qu’il encourage chacun à donner le meilleur de lui-même. La gratuité de la scolarité constitue également un atout, mais il ne faut pas oublier que scolarité gratuite ne rime pas forcément avec éducation de qualité.

? Quels aspects pourraient être améliorés pour mieux préparer les élèves à des carrières internationales ou interdisciplinaires ?

Selon moi, les élèves devraient bénéficier, dès le plus jeune âge, d’un accompagnement renforcé et personnalisé en matière d’orientation professionnelle. Les matières scolaires ne devraient pas être perçues uniquement comme un moyen de réussir des examens, mais comme un outil pour éveiller la curiosité et susciter l’envie d’apprendre. Non pas pour accumuler des informations, mais pour développer des connaissances et des compétences durables.

Il est également crucial de donner aux élèves l’occasion de s’intéresser à des métiers vocationnels : chef, électricien, menuisier, plombier, maçon, hygiéniste dentaire, assistant en ergothérapie, soudeur, mécanicien d’outillage, installateur de panneaux solaires, mécanicien aéronautique… Ces filières méritent le même respect et la même considération que les matières académiques. L’orientation professionnelle doit aussi inclure des conseils sur les perspectives internationales, afin que chaque élève puisse envisager des opportunités au-delà des frontières de son pays. Pour favoriser la multidisciplinarité, il est essentiel de montrer comment différentes disciplines se complètent et permettent de mieux appréhender un domaine spécialisé. Enfin, le programme scolaire devrait davantage s’ouvrir vers l’extérieur, et ne pas rester centré sur des préoccupations trop locales ou isolées.

? Comment pensez-vous que l’éducation pourrait mieux intégrer des thématiques comme l’environnement, le genre et la justice sociale dès le secondaire ?

Ces domaines d’enseignement ne devraient pas seulement être introduits au niveau secondaire, mais dès le jardin d’enfants. Aux Seychelles, par exemple, les élèves commencent à apprendre dès le plus jeune âge les enjeux de durabilité environnementale et climatique. L’égalité des genres et l’égalité en général devraient être intégrées de manière transversale dans toutes les disciplines. L’éducation au genre devrait être intersectionnelle par nature. Chaque discipline devrait inclure un volet lié à la justice sociale dans son programme. Ces notions ne devraient pas être traitées comme un supplément optionnel, mais comme une composante essentielle et structurante de l’enseignement de toutes les matières.

? Vous avez travaillé dans des institutions nationales et internationales : comment voyez-vous le rôle de la jeunesse mauricienne dans le développement économique de l’île ?

La jeunesse a un immense potentiel pour contribuer au développement économique, social et environnemental de l’île. Toutefois, elle ne doit pas être instrumentalisée ni infantilisée. Il ne s’agit pas de la cantonner à des étiquettes comme Millennials, Génération X ou Génération Z. Chaque génération a apporté sa part de créativité et d’originalité pour contribuer positivement à son pays et au monde. Les jeunes doivent être entendus et avoir leur place lorsqu’il s’agit de prendre des décisions qui concernent l’intérêt national. Ils ne doivent pas se contenter de figurer sur des photos ou d’être utilisés comme simples accessoires par nos politiciens et autres parties prenantes.

? Selon vous, pourquoi certains jeunes diplômés choisissent de ne pas revenir à Maurice après leurs études à l’étranger ?

Cela s’explique par un manque de méritocratie, en particulier dans les secteurs public et paraétatique à Maurice. Cette tendance commence également à se faire sentir dans le secteur privé. De nombreux anciens élèves me contactent pour des conseils de carrière après avoir intégré des entreprises privées, où ils se plaignent de milieux de travail toxiques et d’une pression extrême pour performer dans des conditions particulièrement difficiles. Beaucoup d’entre eux ne connaissent même pas bien le droit du travail et de l’emploi. À Maurice, le monde de l’entrepreneuriat et des start-up est très difficile d’accès, car de nombreux secteurs sont dominés par des conglomérats. Se faire un nom dans n’importe quel domaine, sans bénéficier du bon écosystème ou de l’aide de politiciens, est extrêmement compliqué, voire impossible.

? Quels moyens, selon vous, pourraient encourager les jeunes talents à rester ou à revenir travailler à Maurice ?

Si les individus ne cherchaient pas systématiquement l’appui de politiciens ou n’utilisaient pas des méthodes contraires à l’éthique pour réussir professionnellement, les jeunes seraient davantage inspirés à revenir à Maurice ou à y rester après leurs études, voire après avoir trouvé un emploi. J’ai de nombreux amis brillants, passionnés, travailleurs et éthiques dans ma promotion et de ma génération, qui contribuent aujourd’hui à l’économie d’autres pays, faute d’avoir été intégrés dans un écosystème capable de leur permettre de participer pleinement au développement économique de notre nation.

? Comment voyez-vous l’implication des jeunes dans les actions environnementales et climatiques à Maurice ?

Les jeunes ont un rôle clé à jouer en tant que gardiens de l’environnement et des océans. Comme je l’ai mentionné précédemment, ils devraient avoir une place à la table et une voix chaque fois que sont prises des décisions cruciales concernant l’environnement, les océans ou le climat. Il est essentiel de leur fournir des financements, ainsi qu’un écosystème favorable, afin qu’ils puissent concrétiser leurs idées et projets. Depuis 2013, nous militons pour qu’au moins un jeune intègre la délégation officielle mauricienne lors des conférences régionales et internationales sur l’environnement, les océans et le climat.

? Quelles solutions concrètes ou politiques pourraient aider à renforcer la résilience de Maurice face aux changements climatiques ?

Il est essentiel de faire respecter et d’appliquer réellement nos différentes législations environnementales, et de ne pas se limiter à des déclarations de principe. Il faut également renforcer l’accès au Tribunal d’appel pour l’environnement et l’aménagement du territoire. Il est urgent d’inscrire les droits de la nature dans notre Constitution, de légiférer rapidement sur le projet de loi sur les zones sensibles à l’environnement, ainsi que sur le projet de loi sur les zones humides, et de rendre le contentieux d’intérêt public véritablement effectif.

? Vous êtes très engagée dans la santé mentale et l’inclusion : comment ces thématiques devraient-elles être intégrées dans l’éducation ?

La santé mentale doit continuer à être déstigmatisée. Il est important d’encourager les jeunes à en parler et en discuter plus librement. Il est urgent de légiférer une loi sur le handicap et la santé mentale pour protéger et soutenir ceux qui en ont besoin.

? Quels conseils pourriez-vous donner aux jeunes confrontés à des défis personnels ou liés à la santé mentale pendant leurs études ?

Ne craignez pas de parler de vos problèmes de santé mentale. Ils sont réels, et votre douleur ainsi que votre anxiété méritent d’être entendues et prises en compte. Parlez-en à vos pairs ou à vos parents, et obtenez l’aide à laquelle vous avez droit. Mind Matters Mauritius est là pour vous soutenir et vous accompagner, surtout si vous ne trouvez pas d’aide ailleurs.


? Oliver Lew : «Les meilleures opportunités pour l’avenir du pays sont l’intelligence artificielle et l’économie bleue»

Lauréat du Collège Royal de Port-Louis, cuvée 1985 de la filière Sciences, Oliver Lew est aujourd’hui «Managing Director» d’Eruption, agence de communication et de marketing spécialisée dans le branding, le digital et le développement d’applications web. De retour à Maurice après ses études, il a choisi de mettre son expertise au service du pays. Du haut de son parcours alliant excellence académique, technologie et entrepreneuriat, il nous livre son regard sur l’économie, l’éducation et la valorisation des talents.

? Comment votre parcours a-t-il évolué de 1985, quand vous avez été lauréat, jusqu’à aujourd’hui ?

Après mes études en Engineering and Computing Science à l’Université d’Oxford, je suis rentré à Maurice. J’ai travaillé en tant qu’ingénieur informatique pour quelques mois avant d’être recruté à la direction d’une société française qui créait un centre de production compo-gravure à Maurice. Quelques années plus tard, j’ai rejoint un grand groupe d’imprimerie français pour fonder et diriger leur filiale à Maurice qui opérait comme un centre de production délocalisé. En 2010, j’ai rejoint un conglomérat mauricien pour prendre la direction de leurs sociétés de services. En 2014, j’ai décidé de me lancer à mon propre compte en rejoignant Eruption, initialement en tant qu’associé en charge du Digital, avant d’en prendre la direction générale.

? Avec le recul, que représente pour vous votre parcours académique et professionnel ?

J’ai eu un parcours académique intense à Maurice à cause de la compétition pour devenir lauréat. En rétrospective, je ne regrette pas les sacrifices auxquels j’ai consenti car mes résultats m’ont permis d’obtenir une bourse d’études de l’Université d’Oxford. Les quatre années passées là-bas m’ont permis de découvrir d’autres mondes, de vivre de nouvelles expériences et de me préparer pour le monde du travail. Basé à Maurice, mais travaillant essentiellement pour de grands comptes européens, j’ai pu progresser professionnellement et développer des compétences qui me permettent aujourd’hui d’évoluer avec confiance dans un secteur très concurrentiel qui change à vitesse grand V.

? Comment vos expériences ont-elles influencé vos choix d’études et votre carrière ?

J’ai connu les débuts de la micro-informatique et cela m’a incité à faire carrière dans les TIC. Même si j’ai exercé des responsabilités managériales très jeune, j’ai toujours suivi de près les évolutions des technologies informatiques et je demeure passionné par la mise en application desdites technologies dans l’industrie.

? Qu’est-ce qui a motivé votre choix de revenir à Maurice ?

Avant de quitter Oxford, j’avais postulé pour des jobs et j’avais eu une offre d’une boîte informatique. Malheureusement, ils n’ont pas pu obtenir un visa de travail pour moi et j’ai dû rentrer au pays, un peu contre mon gré, car je voulais gagner un peu d’expérience professionnelle en Europe avant de rentrer. Cependant, une fois revenu àMaurice, travaillant pour des groupes français, avec de fréquentes missions à l’international, j’ai vite compris que l’herbe n’est pas nécessairement plus verte ailleurs. J’ai déjà eu l’opportunité de prendre un job en Europe, mais j’ai préféré rester au pays.

? Pensez-vous que Maurice valorise et exploite suffisamment le potentiel de ses meilleurs talents pour renforcer sa compétitivité économique ?

Quand on voit le nombre de jeunes qui préfèrent migrer vers d’autres cieux faute d’emplois adéquats à Maurice, force est de constater que ce n’est pas vraiment le cas.

? Avec votre expérience, estimez-vous que le système éducatif mauricien prépare suffisamment les élèves aux réalités économiques ?

Il y a de sérieuses lacunes dans le système éducatif mauricien, que ce soit dans la préparation de l’étudiant qui va faire des études universitaires à l’étranger, ou qui s’apprête à intégrer le monde du travail. En général, on constate que les jeunes diplômés des universités publiques ont souvent du mal à accepter les contraintes d’un job.

? Si vous aviez une réforme prioritaire à proposer pour renforcer le lien entre excellence académique et développement économique, laquelle serait-elle ?

Le système éducatif doit inculquer à l’étudiant les compétences utiles dans le monde du travail: comment comprendre et résoudre une problématique, comment gérer un projet dans le respect des délais, ou encore comment gérer les situations conflictuelles.

? Comment transformer l’excellence académique et professionnelle en impact concret pour le pays ?

Il faut qu’il y ait plus de méritocratie dans la fonction publique et le secteur privé. Il est navrant de constater que les exercices de recrutement ou de promotion à Maurice ne sont pas toujours basés sur des critères avouables. L’État peut déjà commencer à garantir un emploi à tous les lauréats s’ils rentrent au pays, par exemple, au sein des nombreuses institutions d’État qui ont des Young Graduates Programmes. Pour les jeunes qui souhaitent se lancer dans l’entreprenariat, des mesures incitatives ou aides financières peuvent faire toute la différence. On devrait aussi réformer le système de nomination des ministres pour faire comme en France, où le Président peut confier des portefeuilles ministériels à des non-élus. On peut être un bon politicien, mais cela ne veut pas dire qu’on fera un bon ministre. En limitant les postes de ministres aux seuls élus, on fait du tort au pays.

? Quel est votre regard sur l’économie actuelle du pays et, selon vous, quels secteurs offrent les meilleures opportunités pour l’avenir ?

L’économie va mal, parce qu’elle n’a pas été bien gérée pendant de nombreuses années. Selon moi, les meilleures opportunités pour l’avenir du pays sont l’intelligence artificielle et l’économie bleue. Le tourisme mauricien conserve un fort potentiel, à condition de se réinventer.

? Aux jeunes brillants d’aujourd’hui, que leur conseilleriez-vous ?

N’abandonnez pas dès que vous rencontrez des obstacles. Il faut apprendre à discerner les situations où la persévérance est de mise. La République de Maurice a besoin de ses jeunes pour assurer l’avenir de la nation. Nous comptons sur vous.

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