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Président de We-Recycle

Antoine King : «Notre objectif est que notre mission continue encore au moins dix ans…»

10 février 2026, 16:00

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Antoine King : «Notre objectif est que notre mission continue encore au moins dix ans…»

Pour opérer sa micro-usine mobile, PlastiLoop, We-Recycle lance un appel urgent aux donateurs à travers Small Step Matters.org afin d’acquérir un générateur. Montant visé : Rs 385 000. Focus sur ce projet innovant avec Antoine King, président de l’association.

?Comment est né le projet de micro-usine nomade, PlastiLoop ?

En mars 2024, We-Recycle a inauguré ce projet conçu en collaboration avec Maurilait et Cœur de ville Tamarin. Une benne avait été installée pour récupérer les contenants des yaourts à boire, de Perette… et se posait la question de leur recyclage.

?Pourquoi cette difficulté à recycler ces contenants spécifiquement ?

En majorité, le plastique PET à Maurice est exporté ; la filière existe. Mais là, il s’agit de plastique HDPE (polyéthylène à haute densité) et de polystyrène. En plus, souvent, c’est récupéré sale, avec des restes alimentaires à l’intérieur. Maurilait a contacté We-Recycle et nous avons pu bénéficier du support technique donné dans le sillage du passage du bateau Plastic Odyssey à Maurice. Grâce à d’autres sponsors, sous forme technique ou d’aides financières, de la Fondation Taylor Smith, de B.E.M Recycling, de Hi-Technolab, le projet PlastiLoop a pu se concrétiser, avec cette micro-usine installée dans un conteneur.

Malheureusement, PlastiLoop n’est pas encore opérationnelle à 100 %, car il nous fallait identifier au préalable des endroits bénéficiant d’électricité triphasée. Finalement, We-Recycle souhaite opter pour l’achat d’un générateur pour assurer l’indépendance et la mobilité de la microusine. D’où notre campagne urgente lancée récemment sur la plateforme de financement participatif Small Step Matters.

?Pourquoi la mobilité de la microusine vous tient-elle à cœur ?

Dans le cadre de nos programmes de sensibilisation dans les classes des écoles publiques, nos éco-éducateurs ont beaucoup de questions des enfants et des professeurs sur l’aboutissement des déchets recyclés, la valorisation possible de ce qui est collecté… Grâce à cette microusine mobile, nous allons nous rapprocher du grand public et des enfants, qui pourront visiter le conteneur. L’association prévoit d’accueillir 1 500 bénéficiaires par an au sein de la microusine, en la déplaçant dans différents lieux.

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Stéphanie Jacquin à bord de “Plastic Odyssey”. Lors des deux passages du navire au Caudan en 2025, la manager de We-Recycle a bénéficié d’échanges d’expertise.

?Ces lieux ont-ils déjà été identifiés ?

Non, nous recherchons des espaces dans le Sud, le Centre et l’Est en priorité. Et si possible en zone industrielle, car le broyeur fait un peu de bruit. Je lance un appel d’ailleurs pour ceux qui seraient prêts à accueillir la microusine de We-Recycle.

?Après le broyage, le nettoyage et le séchage des contenants en plastique HDPE, quels sont les produits obtenus ?

Des carreaux, des portes… Nous allons débuter par de petites choses. Mais à la longue, il sera possible d’envisager une plus grande gamme. Sur le bateau Plastic Odyssey étaient exposés du mobilier de jardin, des tables, des chaises, réalisés à partir de plastique recyclé.

Bitmap (2).jpgLa micro-usine PlastiLoop deviendra mobile grâce à un générateur. Un appel aux dons pour le financer est lancé sur Smallstepmatters.org.

?Qui seront les employés de la microusine PlastiLoop ?

Pour commencer, les salariés de notre association affectés actuellement à la collecte (un chauffeur et un helper) ; puis, si nous parvenons à agrandir notre activité, nous pourrons recruter dans une seconde phase.

?Le problème rencontré en décembre concernant le financement de la collecte a-t-il pu se résoudre ?

Comme pour toutes les organisations non gouvernementales (ONG), les levées de fonds doivent se faire en continu de manière persévérante. Trouver des sponsors est un challenge. La collecte payante n’est qu’une petite partie de l’activité de notre association. La majorité est constituée d’une collecte gratuite, qui se déroule dans les districts de Rivière-Noire et Savanne. La problématique ne se limite pas qu’au financement de la collecte.

Se posent aussi des problématiques à l’étape suivante pour le stockage et l’exportation. Jusqu’à présent, deux compagnies privées opéraient dans ce secteur. L’une ayant fait faillite, il ne reste qu’une entreprise pour absorber l’ensemble des bouteilles en plastique collectées. We-Recycle travaille actuellement en bonne intelligence et de manière rapprochée avec le gouvernement pour trouver des options supplémentaires pour l’exportation.

Dans le passé, plusieurs compagnies ont voulu se lancer et ont échoué. Cela nécessite des capitaux pour rouler… Il faut examiner de près les problèmes de rentabilité, de subsides… Et nous avons un temps limité pour trouver des solutions compte tenu des espaces de stockage limités de notre association.

?C’est plus simple de valoriser les canettes collectées ?

Oui, car elles sont refondues à haute température à Maurice même, pour être transformées en films aluminium, exportables par la suite. C’est un processus industriel un peu polluant, mais au moins il y a un débouché à Maurice pour ces canettes collectées dans les bennes publiques (les points de collecte).

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Le plastique collecté pourrait permettre de fabriquer du mobilier de jardin, dans une phase 2.

?Quel est votre point de vue sur la possibilité de consigner les bouteilles en plastique pour qu’après la consommation de boisson, elles retournent au supermarché ?

C’est intéressant pour l’avenir, mais on retombe sur les mêmes problématiques : où les stocker ? Comment les exporter ?

?Reste, à Maurice, la possibilité de produire des filaments plastiques pour les imprimantes 3D…

Oui, effectivement, c’est le cœur de notre projet pilote communautaire à Bambous-La Valette, en partenariat avec l’ONG Quartier de Lumière (La Ruche). Mais les machines manuelles ne vont pas recycler de grosses quantités, comparé à toutes les bouteilles que nous collectons en couvrant avec nos deux camions une immense zone géographique entre Richelieu et Le Morne, en passant par Flic-en-Flac et Chamarel.

?Quel bilan tirez-vous depuis la création de We-Recycle en 2016 ?

Comme notre partenaire Small Step Matters, We-Recycle va fêter ses dix ans cette année, effectivement. Depuis 2018, notre activité de collecte a permis de collecter plus de 180 000 kg de déchets recyclables (toutes matières confondues). Autant de plastiques et de canettes de boissons qui ont trouvé une seconde vie, au lieu d’être mis au rebut à l’unique dépotoir national de Mare-Chicose. Nous travaillons de la manière la plus professionnelle possible, avec l’appui d’un comité compétent, tout en respectant les principes de bonne gouvernance pour bâtir des relations de confiance avec nos différents partenaires du secteur public, du privé, de la société civile. Notre objectif est que notre mission continue encore au moins dix ans…

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