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Réserves : La BoM mieux armée, mais à quel prix ?
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Réserves : La BoM mieux armée, mais à quel prix ?
■ Les réserves brutes officielles de la BoM ont atteint Rs 465,7 milliards à fin janvier 2026, soit l’équivalent de USD 10,21 milliards.
Les réserves brutes officielles de la Banque de Maurice (BoM) ont atteint Rs 465,7 milliards à fin janvier 2026, soit l’équivalent de USD 10,21 milliards, selon les chiffres publiés cette semaine par la banque centrale. Sur un an, la progression a connu une hausse de près de 20 %, les réserves s’élevant à USD 8,51 milliards en janvier 2025.
À première vue, le signal est rassurant. Les réserves couvrent désormais 13,9 mois d’importations de biens et services (hors Global Business Companies), contre 11,9 mois un an plus tôt. Ce niveau place Maurice bien au-dessus des seuils généralement considérés comme prudents par les institutions internationales, souvent situés autour de trois à six mois d’importations.
Mais au-delà du chiffre global, la composition des réserves mérite une lecture plus fine. Entre janvier 2025 et janvier 2026, la composante la plus dynamique reste celle des actifs extérieurs autres que l’or et les Droits de tirage spéciaux (DTS). Cette catégorie – qui comprend principalement des devises étrangères et des placements internationaux – est passée d’environ Rs 330,6 milliards à Rs 355,9 milliards. Elle demeure de loin le pilier central des réserves de change du pays.
Des réserves solides
L’or monétaire, souvent perçu comme un actif refuge, a quant à lui enregistré une hausse notable. Sa valeur est passée de Rs 52,3 milliards à Rs 93,6 milliards sur un an. Cette progression reflète à la fois l’évolution des cours internationaux de l’or et une stratégie de diversification visant à réduire l’exposition exclusive aux devises.
En revanche, les DTS, actifs de réserve émis par le Fonds monétaire international (FMI), sont restés relativement stables autour de Rs 13,9 milliards, tandis que la position de réserve au FMI a légèrement diminué, passant de Rs 2,35 milliards à Rs 2,33 milliards. Ces variations modestes indiquent que la consolidation des réserves ne provient pas d’un soutien exceptionnel du FMI, mais bien de dynamiques propres à la balance des paiements et à la gestion monétaire.
Si la trajectoire des réserves est positive, elle n’est pas exempte de questions. Le pic observé en décembre 2025 (USD 10,29 milliards), suivi d’un léger repli en janvier 2026, suggère une certaine volatilité, possiblement liée à des interventions sur le marché des changes ou à des flux ponctuels de capitaux.
Pour le grand public, l’enjeu est simple : des réserves élevées renforcent la capacité du pays à faire face aux chocs externes, à stabiliser la roupie et à sécuriser les importations essentielles. Mais leur accumulation a aussi un coût, notamment en termes de stérilisation monétaire et de gestion de la liquidité.
En somme, la BoM dispose aujourd’hui d’un filet de sécurité confortable. Le véritable défi sera de maintenir cet équilibre sans créer de distorsions économiques, dans un contexte international toujours incertain.
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