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Culture

Abolition de l’esclavage: Trois jours pour commémorer 191 ans de libération

29 janvier 2026, 09:00

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Abolition de l’esclavage: Trois jours pour commémorer 191 ans de libération

■ Des activités culturelles et commémoratives sont prévues ce dimanche.

La diversité culturelle de Maurice sera pleinement vécue ce dimanche 1ᵉʳ février. Si la matinée sera consacrée à la cérémonie officielle marquant le Cavadee, dans l’après-midi, l’heure sera aux commémorations du 191ᵉ anniversaire de l’abolition de l’esclavage. C’est à 17 heures qu’aura lieu le dépôt de gerbes au monument de la Route de l’esclave, situé sur la plage publique du Morne. Après la partie protocolaire, avec la présence attendue du Premier ministre et du Premier ministre adjoint, un hommage musical est aussi prévu de 18 à 20 heures. Une pléiade d’artistes est annoncée sur scène : Désiré Francois et Cassiya, Sayaa et Emlyn Marimootoo. Le ministère des Arts et de la Culture a aussi privilégié des artistes de la région comme Natir Samarel et Frico Labelle.

En amont du programme officiel, l’Association socio-culturelle Rastafari (ASCR) sera en mode doublement commémoratif. D’abord, pour rendre hommage à l’ancien qui vient de disparaître, José Rose, qui a longtemps présidé l’association. Ensuite, pour se reconnecter aux ancêtres. Dimanche, l’ASCR tiendra son pèlerinage annuel à Trou Chenille, au pied de la montagne du Morne. Le départ des bus mis à disposition par le ministère des Arts et de la Culture aura lieu à 8 h 30 de Grand-Gaube, Port-Louis, Curepipe et Phoenix. L’arrivée est programmée à 10 heures, devant le village hall du Morne. Le départ de la procession vers Trou-Chenille se fera à 11 heures, avec une cérémonie protocolaire ainsi qu’un hommage à José Rose à 13 heures, suivis de prières Nyabinghi. En cette occasion commémorative, alors que la communauté rasta vient de passer par le «choc» de la disparition de José Rose, Nicolas Bastien-Sylva, secrétaire de l’ASCR, propose : «Anou les nou inspire par Sankofa. Liansegn nou ki pou konstrir nou nasion, nou bizin avan tou reapropriye nou listwar, bann non ek bann visaz bann dimounn ki finn presed nou. Nou bizin tir bann leson depi nou pase. Nou bizin onor memwar nou bann anset pou ki enn zour, enn pa apre lot, nou resi mont ansam enn lavenir baze lor lazistis ek laverite.» Plus tard dans l’après-midi, l’ASCR participera à l’hommage musical officiel.

Les commémorations officielles du 1er-Février vont en réalité commencer depuis la veille, le samedi 31 janvier. Tout l’après-midi sera consacré à des dépôts de gerbes: à 14 heures au Bassin des esclaves, à Pamplemousses, à 16h30 au fort Frederick Hendrik, à Vieux Grand-Port, en mémoire d’Anna de Bengale, et à 17 heures au Monument des esclaves, à Pointe-Canon, Mahébourg.

Le surlendemain, le lundi 2 février, direction le Musée de l’esclavage intercontinental pour poursuivre les commémorations du 191ᵉ anniversaire de l’abolition de l’esclavage. Le thème retenu est «Reclaiming the narrative: a journey towards emancipation», une initiative pour «ouvrir des espaces de réflexion collective et de participation populaire autour de la mémoire de l’esclavage». Le temps fort de cette programmation sera le lancement de l’ouvrage Le regard de l’ancêtre esclave de Nicolas Couronne. Le lauréat 2025 du Prix Jean Fanchette y retrace l’histoire de son ancêtre, Constance Couronne, figure emblématique de la résistance et de la résilience dans l’océan Indien.

Le lancement du livre coïncidera avec l’ouverture de l’exposition «Reclaiming the narrative: a journey towards emancipation» par le président de la république, Dharam Gokhool, en présence de Kate Chamley, haute-commissaire d’Australie à Maurice, de Mahen Gondeea, ministre des Arts et de la Culture, et de Gabriella Batour, mairesse de Beau-Bassin-Rose-Hill. Gloria Provest, descendante directe de Constance Couronne, fera le déplacement depuis l’Australie pour l’événement. L’exposition, visible du 2 au 13 février, mettra en lumière les parcours croisés de Constance Couronne et de Furcy Madeleine, deux figures majeures de l’histoire de l’esclavage dans l’océan Indien. Conçue pour circuler dans différents lieux à travers l’île, elle sera présentée sur supports modulables.

Née en esclavage à Mahébourg en 1824, Constance Couronne fut déportée en Australie à l’âge de dix ans, devenant la plus jeune condamnée de l’histoire pénale australienne. Malgré un destin marqué par la violence du système esclavagiste et carcéral, elle parvint à se reconstruire et devint sage-femme, mère de 11 enfants. Si son histoire est aujourd’hui reconnue en Australie, elle demeure peu connue à Maurice. La partie de l’exposition consacrée à Furcy Madeleine revient, quant à elle, sur un combat judiciaire hors norme. En 1817, cet esclave engagea une action en justice à l’île Bourbon (La Réunion) pour faire reconnaître sa liberté de naissance. Après 27 années de procédures, la Cour royale de Paris trancha en sa faveur en 1843.

Cette exposition, fruit de recherches approfondies menées notamment par l’historien Gilles Gérard, est présentée en collaboration avec le Musée historique de Villèle. À travers ces récits individuels, le Musée de l’esclavage intercontinental propose de dépasser une lecture simplifiée de l’histoire de l’esclavage, en explorant ses zones grises, et en redonnant voix à celles et ceux qui ont lutté pour leur dignité et leur liberté.

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