Publicité
Environnement
La violente tempête glaciale aux États-Unis trouve son origine dans la déformation du vortex polaire
Par
Partager cet article
Environnement
La violente tempête glaciale aux États-Unis trouve son origine dans la déformation du vortex polaire
Alors que les Américains sont frigorifiés, Donald Trump ironise sur le changement climatique et il a tort de le faire.
« QU’EST CE QUI EST ARRIVÉ AU RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE ? ». Avec cette question rhétorique adressée aux « insurgés environnementaux », Donald Trump a pris pour prétexte la tempête glaciale qui sévit aux États-Unis pour exprimer de nouveau son climato-dénialisme , ce lundi 26 janvier. Mais le président milliardaire a tort : le dérèglement climatique fait bien des dégâts et les scientifiques interrogent déjà sa part de responsabilité dans cette tempête, qui a causé la mort d’au moins onze personnes et créé le chaos.
Considérée par certains météorologues comme l’un des pires épisodes hivernaux de ces dernières décennies aux États-Unis, avec des températures glaciales - jusqu’à -45 degrés dans les Grandes Plaines du Nord - et des accumulations de neige impressionnantes, cette tempête est liée à une déformation du vortex polaire.
Pour bien comprendre le phénomène en cours outre-Atlantique, les scientifiques invitent à regarder à plus de 30 km au-dessus de la surface de la Terre, où se trouve ce fameux « vortex polaire stratosphérique de l’hémisphère nord ». Il s’agit d’une poche d’air très froide qui tourne en cercle au-dessus du pôle Nord, vulgarise l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA). En temps normal, ce grand tourbillon glacé reste stable, mais il peut se déformer en raison de perturbations dans l’atmosphère. C’est ce qui s’est passé cet hiver.
Une vague d’air polaire vers le sud
Ces perturbations ont eu des répercussions vers les couches plus basses de l’atmosphère, influençant à son tour le courant-jet, comme vous pouvez le voir sur le schéma ci-dessous. Le courant-jet (ou jet-stream en anglais) est une frontière de vents violents qui joue un rôle clé dans le confinement de l’air froid autour du pôle. Lorsque le courant-jet est fort et droit, il permet de bloquer l’air froid au pôle. Mais quand il s’affaiblit, il commence à onduler. Lorsqu’il a perdu en puissance cet hiver, le courant-jet a donc commencé à faire des grandes ondulations, appelées méandres, vers le sud. L’une de ces vagues a fait plonger de l’air polaire tout droit vers les États-Unis.
En descendant vers le continent américain, cet air froid est entré en contact avec un air chaud et humide provenant du golfe du Mexique. Ce choc a entraîné les conditions météorologiques explosives que les Américains connaissent aujourd’hui : chute de neige, vent violent, verglas, températures potentiellement mortelles…
Ces perturbations du vortex polaire sont de plus en plus nombreuses, et cela pourrait être lié au réchauffement rapide de l’Arctique, expliquent deux climatologues dans le journal The Conversation. À cet égard, Judah Cohen, chercheur spécialiste du climat au Massachusetts Institute of Technology, a coécrit en 2025 une étude publiée dans la prestigieuse revue Science démontrant que la fonte de la glace arctique libère davantage de chaleur et d’humidité vers l’atmosphère, ce qui perturbe la circulation des vents et favorise des ondulations du courant-jet.
Des océans chauds qui alimentent les tempêtes
Avec le réchauffement climatique, « la fréquence des vortex polaires faibles augmente, tandis que les vortex polaires forts ou circulaires sont de moins en moins fréquents », résume Judah Cohen, cité par le New York Times. Tous les chercheurs ne sont cependant pas d’accord sur les raisons de la déformation des vortex, beaucoup avancent que la variabilité naturelle joue un rôle prépondérant dans leurs perturbations.
Par ailleurs, une autre conséquence du changement climatique a pu entrer en en jeu dans la survenue de cette tempête majeure aux États-Unis : le réchauffement des océans. En captant la chaleur excédentaire due au réchauffement climatique, « l’océan emmagasine un excès de l’énergie, ce qui vient “accélérer” le cycle de l’eau », expliquait l’océanographe Carole Saout-Grit dans une interview au HuffPost en 2024. Conséquences en cascade : le processus d’évaporation est amplifié, l’atmosphère se réchauffant stocke plus d’humidité, et cela favorise l’apparition de phénomènes météorologiques extrêmes, comme des tempêtes plus violentes.
De ce raisonnement, on peut déduire que l’Atlantique et le golfe du Mexique, particulièrement chauds cette année, ont très probablement alimenté la masse d’air chaude et renforcé la tempête actuelle.
Le rôle du changement climatique dans la survenue d’évènements climatiques extrêmes est encore source de multiples questionnements. Le problème est que Donald Trump a largement sucré les financements de nombreuses institutions scientifiques américaines et a annoncé le démantèlement du pilier de la recherche mondiale sur le climat qu’est le National Center for Atmospheric Research. Les « insurgés environnementaux » peuvent donc répondre au président américain que « le réchauffement climatique est bien là », mais qu’il fait tout pour refuser de le voir et de le combattre.
Publicité
Publicité
Les plus récents