Publicité
États-Unis
Après un nouveau drame à Minneapolis, les démocrates menacent de bloquer le budget fédéral finançant l’ICE
Par
Partager cet article
États-Unis
Après un nouveau drame à Minneapolis, les démocrates menacent de bloquer le budget fédéral finançant l’ICE
STEPHEN MATUREN / Getty Images via AFP
La mort d’un civil tué par des agents fédéraux relance la contestation contre la politique migratoire et fragilise l’adoption du budget à Washington.
Alors que l’émotion restait vive aux États-Unis après la mort d’Alex Pretti, tué par des agents fédéraux à Minneapolis, plusieurs sénateurs démocrates ont annoncé dimanche 25 janvier qu’ils refuseraient de soutenir le prochain texte budgétaire fédéral. En ligne de mire : le financement du ministère de la Sécurité intérieure, qui supervise notamment la politique migratoire et la police de l’immigration, l’ICE. Si cette enveloppe est maintenue, préviennent-ils, le budget pourrait être bloqué.
Ce décès, survenu la veille, concerne un Américain de 37 ans, abattu lors d’une opération de l’ICE dans cette ville du nord des États-Unis, où la présence des agents fédéraux suscite depuis plusieurs semaines des manifestations, restées pacifiques. Il s’agit du deuxième drame de ce type à Minneapolis en moins d’un mois, après la mort de Renee Good, elle aussi âgée de 37 ans, début janvier.
Ces événements ont fait voler en éclats le fragile compromis budgétaire négocié à Washington. Le financement de l’État fédéral arrive à expiration le 31 janvier prochain. Un texte déjà adopté par la Chambre des représentants devait être examiné au Sénat la semaine prochaine afin d’éviter une paralysie des administrations fédérales.
Mais ce texte comprend le budget du ministère de la Sécurité intérieure (DHS), qui supervise l’ICE. Une ligne rouge, désormais, pour une grande partie de démocrates. « Les démocrates du Sénat n’apporteront pas leur vote si le financement du DHS est inclus », a averti leur chef de file Chuck Schumer.
Financer « des prises de pouvoir violentes » des villes
La sénatrice du Nevada, Catherine Cortez Masto, a dénoncé l’envoi « d’agents fédéraux insuffisamment formés et agressifs dans les rues », agissant selon elle sans mécanismes de responsabilité clairs. Pour elle, la politique menée par l’administration Trump « n’a rien à voir avec la sécurité » et conduit à des violences contre des civils.
Même ligne chez le sénateur de Virginie, Mark Warner, qui estime que « la répression brutale doit cesser ». « Je ne peux pas voter pour financer le DHS tant que cette administration poursuit ces prises de pouvoir violentes dans nos villes », a-t-il écrit. Amy Klobuchar, la sénatrice du Minnesota, affirme ne pas voter pour financer ICE : « ils rendent notre État moins sûr », explique-t-elle.
Or, au Sénat, l’adoption d’un texte budgétaire nécessite 60 voix sur 100. Seuls, les républicains ne disposent pas de cette majorité, donc le refus affiché de plusieurs démocrates rend de plus en plus probable une impasse budgétaire.
Aux États-Unis, l’absence de budget voté entraîne un « shutdown », une paralysie partielle de l’État fédéral. Des centaines de milliers de fonctionnaires sont alors placés au chômage technique, tandis que les services jugés essentiels continuent de fonctionner sans que leurs agents soient immédiatement payés. Le pays a déjà connu plusieurs épisodes de ce type, dont le plus long a duré 43 jours, à l’automne dernier.
Face à la fronde démocrate, certains élus républicains envisagent de retirer temporairement le budget du ministère de la Sécurité intérieure du texte global afin de sauver le reste du financement de l’État. Une option politiquement délicate, qui nécessiterait un accord unanime au Sénat et un nouveau vote à la Chambre, actuellement en congé parlementaire.
Publicité
Publicité
Les plus récents