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Kronik Kc Ranzé
Ça rime à quoi ?
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Kronik Kc Ranzé
Ça rime à quoi ?
À quoi cela rime-t-il pour Bérenger d’annoncer à nouveau, publiquement, ses insatisfactions et ses exigences au sein de l’Alliance du changement ? Pense-t-il vraiment qu’une alliance peut fonctionner de cette manière, mettant constamment le linge sale sur la place publique ?
Bérenger a, sans aucun doute, raison d’estimer que le ministère des Finances ne peut pas fonctionner efficacement quand cette responsabilité est l’une des CINQ assumées quotidiennement par Navin Ramgoolam !(*) On ne peut pas être Premier ministre (PM), chef de parti, ministre de l’Intérieur, ministre de Rodrigues et des îles et ministre des Finances concurremment. Ramgoolam n’est pas un surhomme que l’on sache et l’aide d’un Junior Minister «only goes so far…» La suggestion de Bérenger de prendre en main le ministère des Finances aurait surgi quand il lui fut rappelé que l’on ne peut pas avoir plus de 25 ministres au cabinet. Cette explication paraît plausible, mais comme il le dit lui-même, le PM est celui qui décide de son cabinet et des allocations de portefeuille et on peut sûrement rebattre les cartes et remanier le cabinet pour installer quelqu’un aux Finances ? Bérenger dit avoir un bon candidat travailliste et une option mauve en Uteem. C’est son opinion… Ce n’est pas évident ! Ramgoolam va devoir assumer ses responsabilités en conservant les Finances. Bérenger aura à assumer les siennes et les membres du comité central du MMM, les leurs…
Ce qui est clair c’est qu’il y a encore un boulot énorme à abattre pour faire avancer le pays et que l’insatisfaction chronique et les menaces renouvelées de départ de l’alliance, affichées publiquement, illustrent une très haute opinion de soi-même, un blâme même indirect «aux autres» et rappellent combien il est plus facile de critiquer à partir des bancs de l’opposition, plutôt que de gouverner ce pays, de manière réussie, même si toujours imparfaite, surtout en alliance.
Si le but ultime de Bérenger est de servir la nation, la seule question qui se pose, au-delà de ses insatisfactions, est de savoir s’il ajoute plus de valeur en restant et en travaillant à l’intérieur de l’alliance, plutôt que d’être le chef incontesté d’un parti et d’une opposition, mais isolé dans une critique potentiellement stérile.
Le choix me paraît limpide ! Le pays a intérêt à ce qu’il reste. Le pays a aussi intérêt à ce qu’il travaille plus et qu’il nous distraie moins… Pour gouverner, il ne faut surtout pas, en regardant la mer, ne voir que le mal de mer!
Ça rime à quoi que le président Trump, dopé par son kidnapping réussi de Maduro, menace l’Iran en ce début de janvier : «You’d better not start shooting, because we’ll start shooting too !», et que, des milliers de citoyens iraniens morts depuis (3 400 ?), il n’ait rien fait à part étudier les options militaires qui lui sont disponibles… et appuyer sur la gâchette de… nouveaux tarifs! Par ailleurs, des dizaines de milliers de manifestants arrêtés (12 000 ?) sont maintenant menacés de procès comme des «ennemis de dieu», un acte d’accusation qui ne mène à rien de moins que la peine de mort! Même en l’absence du témoignage de la partie apparemment directement lésée !
Les Iraniens sont révoltés depuis la fin de décembre. En cause ? La dévaluation du rial iranien par 40% en un an, un taux d’inflation de 42%, l’alimentaire coûtant plus cher par 70% ! En amont de cette situation ? Les sanctions contre l’Iran et l’accaparement des revenus raréfiés du pétrole par une clique élitiste autour des ayatollahs… les «gardiens de la révolution» inclus (comme les chavistas ou les colectivos au Venezuela, d’ailleurs!). La révolte a pris feu au bazar chez la petite bourgeoisie commerçante, pourtant longtemps favorable au régime théocratique. Ils sont rejoints par la jeunesse, par les provinces, par les femmes… La répression est violente. L’élite ne veut évidemment rien lâcher. Les manifestants, bravant les feux de l’enfer et sans doute boostés par les promesses de Trump, n’ont pas cédé non plus et ont donc payé très cher. Mais pour rien, puisque le régime est toujours en place. Comme au Venezuela d’ailleurs…
Quant à Reza Pahlavi, fils du dernier shah d’Iran, réfugié aux États-Unis depuis cinquante ans et très peu présent pendant cette période où il vivait des restes de la fortune de son père, il a beau jeu à inviter les citoyens à «prendre les centres-villes» à partir du confort de ses appartements ! À quoi cela rime-t-il de s’offrir comme un pouvoir de «transition» en attendant un referendum sur une monarchie constitutionnelle ? À postuler pour un emploi apparemment châtré qu’il a déjà identifié pour lui-même ?
Où est la rime quand Maria Machado leader de l’opposition vénézuélienne, à qui l’on a fraîchement décerné le Nobel de la paix, «offre» ce prix Nobel à Trump qui, bavant d’impatience, le pourchassait avidement depuis qu’il est revenu au pouvoir ? À illustrer l’esprit transactionnel, au moins moral, de Machado ? À confirmer l’éthique incorruptible du comité du Nobel qui répétait que ses prix ne sont pas transférables ? Ou à révéler le vrai Trump qui, ayant raté le Nobel, s’est maintenant lancé dans diverses menaces militaires et un kidnapping spectaculaire, tout en se disant tout à fait «honoré» par l’offre de Machado…
Qu’est-ce qui rime avec l’hypocrisie ? L’Infantino (ce qui veut littéralement dire «jeune enfant» en italien…) qui invente un trophée FIFA de la Paix pour «récompenser» Donald Trump ? Cette foutaise, cette fadaise, cette parfaite ineptie ne vient que confirmer deux choses: le narcissisme maladif et pervers de Trump qui… accepte cette niaiserie, ainsi que l’esprit corrompu de ceux qui gouvernent la FIFA.
M. Misley Mandarin, quant à lui, s’engouffre dans la même équation sordide en proposant à Trump qu’une des îles de SON pays, dont il est fraîchement «devenu» le Premier ministre du gouvernement en exil (comme Pahlavi, quoi, moins la fortune héritée…) soit renommée TRUMP ! Personne ne sait si Trump sera «honoré» par une telle générosité ; la plus grande des îles des Chagos faisant vraiment un peu étriquée pour l’empereur de Mar-a-Lago. M. Mandarin, a ainsi rejoint le camp de ceux qui, sans amour-propre et sans dignité aucune, comme Infantino, est prêt à se vendre pour générer du crédit.
À quoi cela rime-t-il que de nombreux citoyens mauriciens s’insurgent contre l’infraction numéro 7 prévue pour le nouveau permis à points, au motif que cette infraction surgit si on conduit sur la «voie centrale» ?Être pénalisé pour conduire sur la voie centrale paraîtrait en effet totalement illogique, voire démentiel ! Or, il ne s’agit nullement d’interdire aux voitures la voie centrale d’une autoroute à 3 voies ! La confusion résulte d’une grossière erreur de traduction…
En effet, dans le communiqué du ministère des Transports du 5 janvier dernier, l’interdiction de conduire ne concerne pas la «voie centrale», mais le «central reservation», qui est la langue de terre, gazonnée ou asphaltée, qui sépare le trafic allant dans les deux directions opposées ! Il s’agit donc de la «réserve centrale», ou du «terre-plein central» et certainement pas de la «VOIE centrale»… Je n’ai pas pu retracer la source de cette mauvaise traduction, mais ça rime à quoi de faire une traduction qui ne colle pas et de laisser enfler la confusion plutôt que de l’arrêter au départ, en mettant les points sur les «i» ?
Comme on pouvait le faire aussi, au départ même sur la question de la mixité à l’école, où il aura fallu attendre le 11 janvier dernier pour que le ministre vienne enfin expliquer que le problème est que les écoles primaires ainsi que le secondaire à partir du Grade 10 sont déjà mixtes et que l’aberration, c’est que les écoles séparent les garçons des filles entre les Grades 7 et 9 seulement… Ainsi une incohérence qu’il faut éliminer…
À quoi cela rime-t-il que l’on ne nous ait pas dit cela dès le départ ?
Finalement, M. Rudy Tannoo de nous dire son dépit (l’express 14/01/2026) que, selon son estimation, 90% des produits artisanaux «Made in Moris» sont en fait… importés ! Ce chiffre est effrayant! Et Tannoo accuse une destruction délibérée de l’artisanat local ces dernières années, les autorités ayant jusqu’ici plutôt favorisé l’importation de faux «artisanat local» fabriqué en Chine, en Inde, au Pakistan… protégeant ainsi nos commerçants plutôt que nos artisans!
À quoi ça rime, demande-t-il, d’installer des hologrammes d’authenticité sur nos produits locaux pour ensuite annuler cette initiative quelque temps plus tard ? Si Trump ou Xi peuvent protéger leurs marchés locaux face aux importations, sans rétorsion aucune de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce), pourquoi ne pourrions-nous pas interdire l’importation de produits artisanaux reproduisant le quadricolore, le dodo et tant d’autres symboles de notre pays, pour protéger l’activité locale ? Pourquoi pas ? En effet…
(*) À part pour les canards qui polluent l’eau à Grand-Bassin. À quand le tour des poissons qui chient aussi dans l’eau propre ?
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