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Conseil des ministres
Paul Bérenger était présent, à une réunion très attendue mais «tranquille»
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Conseil des ministres
Paul Bérenger était présent, à une réunion très attendue mais «tranquille»
■ Le ministre de la Culture, Mahen Goondea (à g.), et celui des Transports terrestres, Osman Mahomed parmi les rares à avoir quitté le conseil des ministres au PMO par la grande porte.
Le conseil des ministres tenu hier au Prime Minister’s Office (PMO) aura été l’un des plus attendus de ces dernières semaines. Non pas en raison de décisions majeures annoncées àl’issue de la réunion, mais pour ce qui se murmurait en amont: l’éventuelle absence de Paul Bérenger. Depuis plusieurs jours, le climat politique était alourdi par des rumeurs persistantes faisant état de profondes tensions au sein de l’alliance gouvernementale, à la suite du refus du Premier ministre, Navin Ramgoolam, d’accorder à Paul Bérenger le portefeuille stratégique des Finances. Pendant près d’une semaine, le leader du MMM aurait même laissé planer la menace d’un retrait pur et simple de l’alliance.
Dès les premières heures de la journée, l’attentisme régnait aux abords du PMO. Les journalistes, nombreux, s’étaient massés devant l’entrée principale, dans l’attente d’un signe, d’une image, d’un détail susceptible de confirmer ou d’infirmer la rumeur qui agitait les cercles politiques. Une question revenait inlassablement sur toutes les lèvres: Paul Bérenger serait-il présent à ce Conseil des ministres ?
L’ambiance, pourtant, était feutrée. Aucun mouvement notable n’a été observé en matinée. Il a fallu attendre 13h30 pour que la situation se décante. Les voitures officielles ont alors commencé à défiler, mais, à la surprise générale, elles ne s’arrêtent pas devant l’entrée principale du PMO. Une à une, elles prennent la direction de la porte arrière, évitant soigneusement l’objectif des caméras et des photographes. Un choix qui n’a fait qu’alimenter davantage les spéculations.
Le Premier ministre est le premier à quitter les lieux. Il a été suivi des autres véhicules transportant les membres du gouvernement. Une chorégraphie discrète, presque calculée, semblant viser à réduire au minimum toute interaction avec la presse. Seules exceptions notables: les voitures de Gavin Glover et d’Osman Mahomed, qui, elles, se sont garées devant le PMO.
Gavin Glover est d’ailleurs le premier à apparaître. Costume sombre, démarche assurée, il se contente d’un simple «bonjour» courtois à l’adresse des journalistes, sans s’attarder. Quelques instants plus tard, le ministre des Arts et de la culture, Mahen Goondea, fait à son tour son apparition. Lui aussi se limite à un salut poli, esquivant toute question sur l’ambiance du Conseil ou sur la situation politique interne.
Au tour du ministre Osman Mahomed de quitter les lieux. Interpellé par les journalistes sur la conjoncture politique et les rumeurs de dissensions au sommet de l’État, il dit être pressé car en retard pour la prière, et s’éclipse aussitôt, sans autre commentaire. Arvin Boolell quittera également le PMO dans la foulée, filant droit, le regard fermé. Aucun mot, aucune déclaration. Un silence quasi total, en contraste avec l’effervescence médiatique de l’avant-Conseil.
Selon des sources concordantes, le Conseil des ministres se serait déroulé dans un climat qualifié de «tranquille». Tous les ministres étaient présents, y compris Paul Bérenger. Mieux encore, ce dernier aurait pris la parole et posé plusieurs questions au cours de la réunion, signe apparent d’une participation active et d’un apaisement – au moins provisoire – des tensions. Aucune scène de confrontation n’aurait été rapportée, et les échanges seraient restés strictement professionnels.
Ce constat n’empêche toutefois pas les observateurs de rester prudents. Si la présence de Paul Bérenger au Conseil des ministres est interprétée par certains comme un signal de stabilité retrouvée, d’autres y voient plutôt une trêve tactique. Tous les regards sont désormais tournés vers le comité central du MMM prévu aujourd’hui, une instance qui pourrait s’avérer décisive pour l’avenir de l’alliance gouvernementale. C’est là que les lignes pourraient bouger, dans un sens comme dans l’autre.
En marge de cette journée déjà chargée en symboles, un moment insolite est venu rompre la solennité ambiante devant le PMO. Un motocycliste, passant à proximité, n’a pas hésité à narguer les ministres en lançant à haute voix : «Salmi kanar tanto la».
Au final, ce Conseil des ministres n’aura livré aucune annonce spectaculaire, mais il aura confirmé une chose : dans le contexte politique actuel, chaque geste, chaque présence ou absence, chaque silence, est scruté et interprété. Le feuilleton est loin d’être terminé, et le prochain épisode pourrait bien s’écrire aujourd’hui.
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